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09.11.2004

( Narcissismes, Morts Têtus Et Envies )

La jeune baluchon, sans doute perdue au hasard d'un Nouvel Obs esseulé, me signale dans un commentaire sur ( Le Mode d'Emploi Du Mode d'Emploi ) que mon blog y est cité. Rien de bien téméraire: seuls le nom et le titre y sont indiqués, dans une énumération de quelques blogs personnels (et représentatifs?).

Dans le Mad (Movies) d'octobre, une mise en lumière des vingt films d'horreur "les plus": flippants, gothiques, gore, marrants. Comme d'hab dans ce mag, de la découverte "en voilà en veux-tu oh bah oui alors" qui me laissa imaginer une fois de plus, combien de chefs-d'oeuvre restent encore à voir, inconnus du grand public. Parce qu'il n'y a pas qu'Evil Dead, Braindead, Cannibal Holocaust et La Nuit des Morts Vivants dans la vie. D'ailleurs, pour rester dans les entrailles du sujet, n'oubliez pas votre Home Video qui sent le moisi et sa porte qui ferme mal (ou qui s'ouvre en faisant se retourner tous les clients, même ceux derrière le petit rideau forestièrement bulcoolique), il y a souvent plus de choix que chez Vacio Y Alto Pasado.

Le dernier cinéma de quartier de ma ville fermera définitivement ses portes avant la fin du mois. J'aime ses fauteuils à la texture d'un autre âge et la géométrie parfois Lovecraftienne de ses salles, le sourire de la dame à la caisse quand j'arrive à 21h05 avec mes 5 euros tout prêt, les couloirs étroits et sinueux qui m'emportent "quelque part, mais plus ici", l'arrivée devant la double double-porte de la salle, d'où l'on entend le son touffé des premières bandes-annonces et les hauts murmures de la poignée de spectateurs, revenir lentement à la vie après une heure quarante d'abandon et savourer chaque photon du générique de fin, mater les toiles des cinq salles sur des moniteurs monochromes perchés à 2m50, le "au revoir, merci" adressé une seconde et demie avant de pousser la dernière porte entre la salle obscure et l'obscurité salle.. A la fin du mois..

°

Nos envies sont loin mmaintenant.
Nos cachotteries, nos égoïstes furies
et nos pas de côté au regard en biais
sont partis avec.
Plus besoin de faire semblant.
Plus besoin de faire avec.
Je suis un autre moi.
Nos répliques assassines
restent lettres mortes
envolées sous le blizzard
à la recherche d'autres esclaves
et d'autres trous où se planquer.
Nos langues resteront gelées,
nos doigts crisseront sous la poudreuse.
Onze hivers mourront
lorsque je renaîtrai
lorsque
l'oxygène sera recréé
et qu'il ne faudra plus faire silence
pour se faire entendre.

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05.11.2004

( Mode d'Emploi Du Mode d'Emploi )

De la compréhension des rapports humains, du modèle, du mode d'emploi. Avoir besoin de cela. Connaître les moeurs inter-humaines, les us et coutumes de sociabilisation des français. Mettre le doigt sur l'un des problèmes: se sentir comme un étranger dans son propre pays, en plus d'être déjà un original cinégénique (bien se voir comme personnage de film, faire l'acteur c'est autre chose). Parler très correctement cette langue, le français, mal sortir les phrases à la manière d'une traduction du langage maternel, langage entremêlant images fixes et en mouvement, sensations et gestes, émotions et sentiments, enrichi avec sons, réflexions et monologues. Considérer cela comme un film expérimental vécu de l'intérieur avec, pour communiquer, la nécessité d'utiliser un langage et des outils difficiles à manier. Inverser le naturel. Réfléchir beaucoup en laissant passer la torture de son omniprésence. Vivre de façon électrique. Posséder un univers électrique, tout comme les rêves et les cauchemars. Etre électrique.

09:30 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

03.11.2004

( Sorti De La Mer )

Sorti de la mer, je me suis étendu sur le sable mélangé aux coquillages brisés. Mes doigts se sont enfoncés dans le sol, suivis de mes mains, poignets, avants-bras, bras, épaules nuque crâne yeux nez bouche menton torse nombril sexe cuisses genoux joujoux poux choux cailloux bijoux hibouxl'abrégé de grammaire le tout dernier dictionnaire
mon cahier de textes mon cerveau **ambidextre**
mes petites voitures mes dernières rognures
ma housse de couette mon coq à collerette
mes envies mes passions ma soupe au potiron
la fin du monde soeur Sigismonde
une vieille Fiat pourrie un bouquet garni
un kamikaze résolu ma vie dissolue
Maître Corbeau sur son arbre perché
la tombe du non moins respectable M. Ferré
une poignée d'amis une prairie de soucis
mes nerfs en pelote une enclume qui tricote
un têton mal léché une dizaine de steaks hachés
de l'encre noire un observatoire
un pré une colline et une boite de pralines
des ombres de gens un sexe il était temps
mangez chinois votez adroit
mon Ernestine ma novocaïne
mes interstices mon crâne à malice
le cinéma belge mon porte-flouze trop lèdge
une scène un théâtre des décors
même le très vaste et fabuleux dehors
le capitaine Karpock toute la nation Shadok
mon t-shirts noir ton dernier espoir
toutes les majuscules et deux trois grosses bulles
mon tire-bouschtroumpf Mohammad Aschtroumpf
tes souhaits tes amours le Festival de Dour
des moins que rien des petits riens
mon sourire triste mon regard fixe
une civilisation mourante et même Robert Plant
des faces A des faces B passe-moi le sel s'il-te-plaît
mon Pays des Merveilles et mes grands orteils.

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02.11.2004

( Parfums De l'Autre Monde )

Il y a cinq jours, une odeur âcre de poussière et de moisissure planait à mon étage. La nuit suivante, vers 1h15, l'ascenseur s'y est arrêté, laissant murmurer voix, frotter vêtements, s'ouvrir une porte et pénétrer deux ou trois humains dans l'appartement d'en face. Mon voisin de palier, un vieil homme plus très en forme, y vit avec son Yorkshire peureux. Ces humains sont venus le chercher ou prendre quelques affaires. Pillage familial, décès naturel?

Il y a sept nuits, I had a dream. J'étais chez ma grand-mère maternelle, je portais quelquechose (ou un petit quelqu'un) dans les bras et j'ai ouvert la porte de la cave, celle de la maison de ma mère. Il y avait là un petit garçon d'une dizaine d'années, yeux et bouche grand ouverts, la peau gris-ôcre et comme enduite de glaise, les membres raides comme lorsqu'on est soudainement aspergé d'eau glacée. Il montait l'avant-dernière marche, je l'amenai à entrer dans la cuisine, il monta la dernière marche. Je revenai vers ce que je faisais puis me tournai vers lui à nouveau. Sa peau était devenue plus solide et luisante, sa couleur d'un bleu-gris sombre et ses iris noirs, le cou encore plus raide. Il fit deux pas vers moi et ses bras se levèrent à peine, mais je sus ce qu'il était: un zombie.

Depuis deux semaines, une amie a récupéré sa télé couleur, en prêt chez moi depuis presqu'un an. Depuis deux semaines, un ami me prête sa télé noir & blanc sans péritel. A part l'atroce souffrance de rater courts-métrages, Die Nacht/La Nuit, curiosités télévisuelles, films sur dvd ainsi que de me priver de ma séance défouloir chère à tout consoleux, les programmes sont systématiquement parasités par le fantôme en inverse vidéo de la Cinquième/arte. De l'humour le plus burlesque au cynisme le plus acide, ce vieil objet électrique est un délicieux petit démon, un concept artistique très divertissant.

°

Des regards perfides par-dessus mon épaule observent mes oreilles avec des petites jumelles dorées. C'est toujours orgasmique pour l'ego, maus au niveau de la sympathie on a souvent fait mieux.
Ils observent mes oreilles et parlent ente eux, c'est légèrement effrayant. Optiques vissés aux yeux, bouche bée, doigts affairés, mots muets, deux par-dessus chacun de mes lobes.
Ils me convoitent, désirent me manipuler comme un patinencore attaché à ses fils.
Ils m'observent et sourient bouche bée.

13:55 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

( Trois Heures Vingt-Cinq )

Trois heures vingt-cinq du matin, premier novembre. Ma Carafe Mignone préférée étant fermée, j'ai choisi de revenir chez à travers la sèche obscurité nocturne. Tableau édifiant d'un mythe suicidaire: boxer et t-shirt ramené du Brésil par un ami, le live de Death In Vegas featuring glouglou du frigo qui décongèle dans mes tympans prudes (prévoir neuf heures et deux-treois récipients avant de passer aux choses sérieuses), plus Bergerac moelleux et Pall Mall surpayé en accompagnement sgustatifs cancérigènes (désordrement parlant) et un panoramique sur la petite ville où je vis du haut d'un faux cinquième étage, on a de quoi remplir facilement une phrase balzacienne dans les règles de l'art (minuscule). Car quantité seule fait rarement émotion. Quoique, ça pourrait devenir conceptuel d'exagérer jusqu'à pu souaff de.. Ah ouai OK, Warhol. Même TF6 est un délicieux concept de vase débordé par des gouttes d'eau croupie de quatorze mètres cubes, je ne suis pas crédible pour un drachme. Dramatique..

Let's get antirimed! Bref, trèfle, retrouvailles de l'empoisonnant et délicieux Virgin Suicides, suivi d'un beau et passionnant docu de Stan Neumann, Paris, Roman d'une Ville, hanté d'un quinquagénaire de noir vêtu et d'un motobylette pourvu arpentant, dollies et cadrages à la perspective fuyante, la capitale et disséquant les évolutions architecturales urbaines. Pas chiant pour un rouble, et il sent bon le Tati, le bougre. Ensuite advint le court-métrage de Elbert Van Strien, Verboden Ogen, entre amours lycéennes et épilepsie. Trop court, j'aimerais visionner ce qu'il a tourné. Pour finir, début de la redif de Karambolage, avorté une minute après le début par le décrochage d'antenne en faveur de la Cinquième pour un docu sur.. l'épilepsie. La descente est jouissive.

Rekkit sur le live de DIV, donc. Minj & Bib ont planté une graine de sévère doutage en me lançant que "pourtant t'as leur premier album", mais c'est que je ne me rappelle pas l'avoir déjà entendu, ce beau morceau gorgé de breaks, moi! Note pour plus tard: entretenir ma culture musicale de fond. Ca ne sert à rien d'écouter trois-quatre fois un album si on est incapable de retrouver un titre un peu ancien d'un groupe aimé. L'amour de l'adoucissement des moeurs s'entretient à la manière d'une expédition archéologique au royaume béni de la stéréophonie de salon.

Arrivent bientôt sur le petit télécran (remember+++) Roger & Me de Moore, Johnny Got His Gun de Donald Trumbo, et Farenheit 451 de Truffaut, lequel fut récemment porté disparu après le suicide impromptu (joli titre, ça, Le Suicide Impromptu) de la VHS qui l'hébergeait depuis quelques années.. Jouissive résurrection en perspective.

Neuvième titre du live, Dirge. Le clip enchaîne des photos en noir et blanc de personnes anglaises ou américaines mortes violemment par armes blanches et à feu, sous-titrées de courts commentaires décrivant les circonstances de leur décès, en général domestiques. Comme disait l'autre E romarinisée, la vie ne s'embarrasse pas de regrets et se renouvèlent à chaque microseconde qui expire. Je n'ai pas le temps de rester sur les regrets. Dans une quarantaine d'années viendra la fin, et il y a tant d'aurores boréales à découvrir!

Dernier verre de vin. J'ai l'impression que mon frigobox refroidit lentement mon quarante mètres carrés et que Noel Gallagher aura la même voix à soixante-et-onze ans. Certaines choses durent trop longtemps. Et les silhouettes d'autres sont à peine distinguées qu'à jamais elles s'effacent. Certaines antennes de télévision ressemblent aux croix que l'on croise au sommet de crêtes pyrénnéennes ou alpines.

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29.10.2004

( Which OS Am I ? )

You are Apple Dos. Simple and primitive with a good understanding of the common man.  You're still a work in progress, but a good start.
Which OS are You?

13:20 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

27.10.2004

( Nos Heures Fantômes )

Elles descendent du bus à recule-poil. A chaque pas, elles observent les rumeurs rampantes sur le sol, dessinant d'étranges lettres trop familières. C'est la fin de minuit. Après le douzième cou, un treizième tombe à son tour, rebondissant platement à côté de sa tête, sur les gravillons humides. Inrebroussables, ils continuent leurs pas de trois vers la porte ouverte du phare. Un vieil air traîne entre leurs jambes, regarde et interroge silencieusement, puis repart vers la maison à la fenêtre ouverte. Les chauve-souris jouent au criquet, les criquet insomniaques et paniqués s'envolent dans le noir à la poursuite des poissons des sables. Les heures rentrent alors, une à une, par pas de trois, par la porte du phare, s'installent, maintiennent la lampe éteinte. Une heure sonne.

13:35 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (1)

14.10.2004

( Des Clous )

avec une poignée de clous
elle a replanté des choux
solidement
arrimés maintenant qu'ils sont
aux pieds du calvaire St Anselme

elle s'est mis en tête de liste
des gens qu'elle voulait écouter,
la petite voix en second et dernier,
et c'est comme ça qu'elle a vu
qu'il y avait des tas et des tas de choses,
des tas et des tas de gens
à réparer
et à remettre sur pied

alors elle a écrit une liste de tête
des gens qu'elle devait écarter,
la petite voix toujours elle demandait:
"c'est comme ça tu es sûre?"
qu'éliminer des tas et des tas de gens,
des tas et des tas de choses
il faut oser
alors elle a osé

le calvaire aux choux aux pieds,
dans le champ de chardons,
à l'abri des farandoles
pour faire peur aux oies sauvages

le petit vieux enceint d'un autre dos,
à l'intérieur du simple vitrage à doubler,
attentif aux monologues
pour arrêter les silences du dehors

les caresses sur les cloches endormies,
dans les cuves où le vin macère,
les jambes en bandoulière
pour faire monter la sève

les verbes turgescents des apprentis tapissiers,
sous les jupes déguenillées de Melle Térébenthine,
en partance pour l'en-deçà
pour distraire la génisse blasée

tout ça avec des clous
et la présence d'une voix en elle,
une poignée de clous
contre des particules alimentaires.

09:50 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (6)

13.10.2004

( Le Silence De La Page Blanche )

quoi
qu'est-ce qu'y a
qu'est-ce qu'il a
le silence de la page blanche
hein
il se tait
il se tait j'ai dit
ouais
silence
assez
un peu de calme bordel
un peu d'astuce et d'espéglierie
dans la retenue
s'il-vous-plaît
t'as pas une minute de silence
steup
ha mais c'est quoi tout ce silence
je sais pas y a machin qui tape son silence
bordel, on tourne
les enfaants du bordel
il n'y avait plus un silence dans la maison
et fais moins de silence quand tu manges
le monde du boucan
les silenciers des Antilles
fais moins de silence, j'entends rien
..
et la page blanche continua jusqu'au petit matin (tout petit, le "mâtin, quel journal!")

16:35 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (4)

( 1+1=3, Espèce De Tête De Radio )

Il y a des écailles dans tes yeux,
jeune femme,
des picants jaunis au bord des iris
et le parfum de l'edelweiss sur ton sein

Tu restes là,
assise sur sur le bord de la fenêtre
à minauder avec les moineaux hépathiques,
à troquer la clé de ta chambre
contre de jolies plumes
au duvet timide;
avec quoi joueras-tu ensuite?
le temps, les souvenirs, les gens?
les spirales, les points de suspension,
dépensière en encre de supertanker?

Des démons sous les mains,
tu descends de la diligence
pour conclure tes marchés
en empruntant l'air feint..
bien.
et les autres de te fermer en oubliant
leurs yeux.

08:35 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

12.10.2004

( Mange Tes Réminiscences Et Va Te Brosser Les Dents )

Depuis début septembre, des souvenirs me reviennent de façon subite et implacable. Instants d'enfance, instants récents; spectateur d'instants rares. L'escalier menant au grenier de l'ancienne maison de mon père, dont la lumière n'éclairant que les marches et laissait les deux vastes pièces supérieures dans une obscurité qui matérialisait les Monstres, et la lampe de poches qui les faisaient s'attirer hystériquement et les maintenait à distance en même temps.. Le hall d'entrée, le long couloir transversal à l'asymétrie au début intrigante et les boites aux lettres de notre chez nous dans ce HLM de La Chapelle d'Armentières.. La dernière bagarre entre ma soeur et moi, où je me suis rendu compte pour la première fois que dans ma rage sourde je lui fis mal, et en même temps la fin de mon enfance.. Une larme qui, une nuit, coula sur la joue de S. dont jamais je ne saurai le pourquoi.. Mon premier film vu tout seul, sans mère ni soeur, et moi, dans un sursaut de frayeur, demandant à l'ouvreur si Beetlejuice faisait peur..

Des souvenirs qui remontent à la surface. Un futur à parfaire. Un comportement, aussi. Et les erreurs de chacun qui se mettent d'eux-mêmes en pleine lumière.

J'ai passé trois ans dans un BTS au cours duquel une existence s'est révélée, autre que celle que j'avais depuis deux décennies. Ces trois années furent une révolution. Je viens aussi de passer trois ans en tant que salarié dans un centre d'appels, et mon être a rarement crié autant famine qu'aujourd'hui. Famine. La faim de l'âme, un hurlement aphone, telles les grandes douleurs, ce trou béant en soi qui commence à ronger de l'intérieur si on ne commence pas à le remplir, qui vide le crâne et enlève toute envie.

Il y a urgence.

Des désirs insoupçonnés dans des antichambres grises et amiantées
où l'on regarde nos doigts bourgeonner
et se ranger en piliers de marbre noir

Tiens apparemment il y a seize ans sortait Beetlejuice sur les écrans.. "Betelgeuse.. Betelgeuse.. Betelgeuse!!!" Y en a qui se sont calmés depuis. Pourtant peu de choses ont changé entre-temps.Toujours à la pointe de l'innovation technologique, et à fond dans l'immobilisme structurel, pédagogique et psychologique. Dans cinquante ans, nous auront toujours nos bonnes vieilles marques de réactionnaires "on the move" hantés par notre passé et gloussant de sarcasmes sur le présent toujours aussi transparent et vain. L'espèce humaine n'ira plus bien loin, je le crains, le béton armé qu'elle a coulé sur ses pieds a atteint ses genoux, et malheureusement elle trouve ça très agréable.

Il est déjà 23h38, je sors de la projection de Coast Guard, qui est très sympathique - mais pas vraiment jouissif -, dans le style "Petite base militaire qui commence à dévier vers la psychose". Cadres classiques sans fanfreluches, mais typiques d'un certain cinéma asiatique mélangeant beausoup de réalisme et un peu de contemplation. 'Tention les gars, on approche des marais.. Sinon? Demain, rush sur Pourquoi [Pas] le Brésil. Et ben justement, pourquoi [pas] une majuscule à "le", hein, señor narrador? Parce qu'il est 23h44, que je suis amoureux des tomates et que l'envers du décor se transforme lentement en endroit du décor. Et puis surtout, surtout, parce qu'il faut rester modeste, faut l'assumer sa condition d'article défini dans un titre avec deux crochets - un du droit, un du gauche -, et parce que comme ça il se fit bien remarquer, le bougre.

Vieille canaille, va.

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08.10.2004

( Prescription Médicale )

Symbicort Turbuhaler
1 inhalation matin et soir
QSP 1 MOIS
TRAITEMENT A RENOUVELER 5 FOIS

Bricanyl turbuhaler
2 bouffées 3 fois par jour
1 BOITE

Des fois que j'aurais oublié ma prescription,
je l'ai recopiée au propre
pour m'en souvenir au cas où
des fois que je l'aurais oubliée
ou des fois que j'en aurais besoin

souvent le soir j'ai du mal à respirer,
et puis aussi ça m'arrive souvent le samedi,
le samedi après-midi
même,
et la pour trouver un docteur ou un médecin
c'est Lacroix et Lagardère,
alors quand ça m'arrive
j'essaie de contrôler ma respiration,
j'essaie parce que je sais pas exactement
comment on fait,
j'essaie de pas tousser
parce que tousser ça fait venir l'asthme,
et j'essaie aussi de pas trop rire
ou de fumer des cigarettes,
parce que l'asthme aussi

j'essaie de rester un peu calme,
un peu parce qu'il faut vivre aussi hein
et j'essaie de pas trop boire non plus,
respirer l'odeur du vin
des fois ça fait monter la gêne
et puis ça dure cinq dix minutes,
mais il faut pas que je rie trop
ou que je fume trop à ce moment-là,
sinon ça y est c'est parti,
ça fait comme le vent dans le grillage,
ça chuinte et ça siffle
et je peux pas m'empêcher de tousser après
et ça me gratte la gorge
et le côté droit de la mâchoire,
oui le côté droit seulement,
à l'intérieur même on dirait,
alors je gratte deux trois fois,
je respire lentement à fond,
je crache un peu
et ça va mieux

des fois j'ai l'impression
qu'un jour je vais me noyer
malgré tout l'oxygène de la pièce
et ma bonne volonté,
mais ça dure pas longtemps,
j'ai pas trop peur de ça,
ça va,
il faut que je fasse attention
à ma respiration,
faut pas respirer trop fort
et faire attention à la poussière,
ça c'est à cause de toutes toutes petites araignées,
là par terre,
dans les draps les habits les rideaux les cheveux
et je suis allergique à elles,
c'est quand j'en ai dans les poumons
elles viennent à l'intérieur,
elles pondent leurs tous tous petits oeufs
et font leur vie quoi,
leur petite vie,
leurs milliers de petites vies
qui tripatouillent l'intérieur de mes petits poumons,
parce qu'elles ont huit pattes hein
les araignées ça a huit pattes,
oui
voilà

bon alors je l'ai bien notée la prescription,
pour quand j'en aurais besoin

bon bah c'est bien

voilà.

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29.09.2004

( Retour Au 22.I.02 )

un peu de blues
dans mon lait
demain matin
et entre mes mains
réchauffées
le ciel sera bleu ciel.

08:45 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (4)

22.09.2004

( La Rentrée De Comme Au Cinéma )

Y a pas à dire, entendre des vélociraptors traquer l'humain ramené à l'état d'organe sudoripare frénétique donne de l'inspiration. Mmh.. Courte scène: à peine commencée, à peine finie. Et même pas le moindre craquement de cartilage, dommage! Bref.

Seconde prise de la scène ratée la veille: petit aller-retour chez mon guérisseur de la chair habituel pour une prescription prudente en vue d'achever d'un Super Combo Finish (+++) mon agonisante amococadizite. Puis autisme volontaire de deux heures vingt, durant lesquelles je n'ai pu marquer contre l'autre équipe, au cours d'une partie de Bombing Run dans Unreal Championship 2003. J'ai abrégé mes vertiges et les souffrances de mes doigts ankylosés après avoir causé le décès de plus de 950 adversaires (consentants). Immense autosatisfaction de s'annoncer avoir gagné malgré l'abandon. Cela dit, chose constructive - quand même -, l'écoute en boucle du dernier et furieux mix d'Amon Tobin (cf. hier) reste jouissive.

Et soudain, l'Auberge Espagnole, de Klapisch (très sympathique), et.. le drame.. Bande-annonce made in France 2 de Comme Au Cinéma. Voici son effondrante rentrée dans toute son ignominie: remplacé, le Michel Field! Qui de mieux pour prendre la relève d'une main sûre et amoureuse du Septième Art? La glorieuse Daniela Lumbroso qui, pour illustrer l'actualité ciné de la semaine prochaine, accueillera, au sein de sa (déjà) morte - merci mr Dahan - émission, le non moins exemplaire Christian Clavier, Jean Reno. Mais le pire, c'est l'Hebdo, et plus précisément la micro-critique accompagnant chaque bande-annonce. Quelle est cette équipe de chroniqueurs pressés qui évitent de s'attarder sur la correcte prononciation du nom des acteurs et qui donnent l'impression de se retenir d'aimer un film, ou en tout cas qui sortent une phrase tièdasse sur un monument qui fit s'ébahir le monde de l'animation? Je parle respectivement du jovial acteur ouzbéko-malien Ben "Staïleur" (sic) et du "très réussi" Akira, de Katsuhiro Otomo. Moi, puriste, pointilleux, maniaque? L'insipide crustacé Natasha St-Pier me procure autant de plaisir que de mâcher les quatre pages de programmes du mardi de Télé Z, mais un nom est un nom, nom de nom, il se doit d'être dit avec précision! Je rends d'ailleurs hommage à l'acteur Ryan Philippe qui, malgré un nom d'apparence bien commune ne peut empêcher 95% de ceux qui ont vu Sexe Intentions ou le brillant The Way Of The Gun de se vautrer niaisement sur sa prononciation (Filipi? Filoupi? Filipay? De compassion, je brandis le poing). En outre, bien que la puissance du long métrage Akira demeure effectivement bien en-deça du manga originel, il n'est pas "très réussi": il a marqué au moins deux générations d'humains et a définitivement acquis le statut de classique aux côtés, entre beaucoup d'autres, du Roi et l'Oiseau de René Laloux, de Ghost In The Shell et de l'OEuf de l'Ange de de Mamoru Oshii. Y a qu'à voir ma tête et demander l'avis de mon neurologue pour en être convaincu.

Mea Culpa, je n'ai vu que dix merveilleuses secondes de l'OEuf de l'Ange dans un vieil OEil du Cyclone, je vous autorise donc à le remplacer par Gandahar ou Les Maîtres du Temps, au choix. Amies et amis des petits coup de boule du soir, bonsoir.. Pour clore ce petit mot très Bisounours, un très court texte, histoire de varier les plaisirs.

.

prends-moi dans tes bras s'il-te-plaît
mon amour insoluble
enroule tes bras ballants en circonflexe
autour de moi
embrasse-moi
embrasse-moi
dis-moi
que rien ne pourra jamais nous sép

09:50 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

21.09.2004

( Amon Tobin - Il Est Passé Par Ici )

Exxonvaldézite en régression oblige, mes poumons perdent enfin de leur dépendance à la Ventoline et à la toux phtisique. Histoire d'éviter toute rechute ultérieure aggravée, je décide de passer chez meine doktor habituel, croisant sur mon chemin les habituels badauds baddant sur leurs bien-aimées vacances disparues, envolées trop tôt, enterrées trop vite. Leur crispation souriante a ce quelque chose d'habituellement faux que je n'avais plus vraiment ressenti chez eux depuis fin juin.

Je prends une rue où des voitures se queue-leu-leuent au milieu d'un brouillard chimique, inodore et mortel. Mes pas s'arrêtent devant une porte, un de mes doigts tirlipote une seconde un bouton de sonnette, le temps suspend son vol pendant dix. Absence. Mais éclairage bien présent dans son office.. Go-go-gadget au point d'interrogation. Je me retrouve ensuite, poussé par le désir, sur la route du Furet Du Nord local (pléonasme), genre de sous-Fnac pour nordistes (parce que nous le valons bien) dont les jours sont comptés: dans trois ans, une nouvelle Fnac ouvrira ses portes coulissantes en plein centre centre-ville, rien que pour notre bonheur de Natural Born Consumers frustrés. Quelques euros en moins plus tard, un pain coupé sous le bras et le programme télé de la semaine prochaine dans la gibecière, j'atterris enfin chez moi. Doux havre, laboratoire d'expérimentation sur le chaos contrôlé (tout un concept, il faut le voir pour le croire), je t'aime. Bref.

L'acquisition furetée est le mix live d'Amon Tobin, exécuté à Melbourne en 2003 et récemment sorti sur le label Ninja Tune. Quatrième opus de la série Solid Steel, il succède à DJ Food & DK, Hexstatic et The Herbaliser, et sera suivi par Kid Koala et Mr Scruff & Wagon Christ. Au moment où vous lisez les espaces entre ces mots, l'album en est à son troisième tiers. L'ensemble virevolte entre une jungle et une drum 'n bass énergiques et enivrantes, avec la touche psychotique que l'on trouve habituellement dans les morceaux agités d'Amon Tobin. A noter que l'ambiance devient assez furieuse sur la fin et que le travail est parfaitement exécuté, notamment avec l'utilisation de la double platine FinalScratch déjà adoptée par DJ Shadow pour, notamment, son récent live à Austin. Très bon live, en somme, avec peu de "bruits parasites" venant de la foule et un son presque léché comme un album studio.

Un CD au prix d'une consultation médicale, donc, ce qui permet un autre genre de guérison mais malheureusement bien trop cher. Les plus gros vendeurs français d'albums empêchent l'appellation "produit culturel", et ainsi la baisse de la TVA, de devenir effective.

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13.09.2004

( United Colors of Brainwashing )

Patou Mon Amooouuur! Phrase peut-être choquante (ma première réaction) mais certainement définitive. Je trouve que ce gars n'aura jamais besoin de prompteur de sa vie, sauf erreur de ma part, n'ayant jamais assisté à un quelconque discours dans une quelconque salle remplie quelconquement de petits actionnaires quelconques. Sûr de ses pectoraux et de son compte en banque, il a sorti la phrase de l'année, une merveille de cri du coeur et de confiance, un héroïque et fabuleux majeur tendu, fier, à la face des ménagères de moins de 55 ans et de tous les pays. Top trois des "Françaises, français, je vous merde" qui ferait bon goût à la place de l'Obélisque. C'est tellement rare, ces moments de totale sincérité, que ça en devient beau! Je veux un badge à son effigie.
Je ne sais pas si c'est le contrecoup, mais j'éteins la télé après le dessin animé du soir.

Bref.

A part ça? Marrante, la nouvelle météo sur C+. Un peu de décalage, après des mois de plateau virtuel insipide et de semi-potiches au ridicule prérésurectionnel de compète, fait le plus grand bien à la chaîne. Ca doit d'ailleurs être l'une de leurs meilleures émissions, en fait. Après la météo, un petit Guignols au sketch particulièrement jovial (lors d'un discours officiel en Irak, tout le monde se tire dessus après que le bouchon d'une bouteille de champagne saute), surtout après un an et deux mois de best-of, sauf mauvaise foi de ma part. Bref. Ensuite, Journal de la Culture où TV On The Radio apparaissait en live, ponctué de petits speeches avec The Female Voice de Tracks (vivement demain que mes étriers vrombülent au ton monocorde de ses cordes), suivi d'Agrippine dont le peure devenait subitement une webstar conchilicophile après un voyage au Japon.

Et la saga Hypérion/Endymion de Dan Simmons est finie. Enée.. Allez, ambiance: Long Distance des Turin Brakes remixé par The Bees (je trouvais pas Children of the Wind sur ce foutu album de reprises par Cat Power, damn'), suivi de Season Song par les Blue States.. Ambiance larmance, envie de lire un mot par seconde pour prolonger le plaisir. Terminer ce livre est douloureux.. Enée.. Bref. Je vais pouvoir me mettre à la littérature en un volume (enfin, littérature..). Quelques bouquins poussiéreux à déflorer, le Maldoror à terminer sans sombrer dans une marée noire mentale saupoudrée d'un spleen de chez "A Remedy For Your Life Inc.", ça me réveillera le cerveau. Et cette motherl*ving carte PCI/USB qui peut toujours pas blairer ma i430tx.. Mais qu'est-ce que je t'ai fait, BON SANG?? Restons caaaal-mes.

Un texte du 1er août dernier.

Couchés sans tarder
ni retenue
à la dernière heure de l'aube,
on s'est raconté quelques poignées d'histoires
avec autant de bonsoirs
en interlude
et sans jamais s'endormir,
après la fin du livre,
une dernière étreinte
sans ecchymose ni question,
juste pour être sûr
que l'un et l'autre nous étions bien là
à ne pas voir une bande-annonce
d'un film que l'on ne verrait sans doute pas
Tu as fait alors ton signe de croix bancale,
tu as braillé un peu beaucoup passionément,
clos les paupières à la folie..
Et tu m'as aspiré dans ta nuit
une nuit à l'américaine
et quelques scintillements de plus
que la réalité
bref
j'ai attraoé ta main qui passait par là,
et qui passait souvent par ici,
pour partir ensemble écrouler quelques châteaux de lego
vider quelques litres de lait
et s'envahir de baisers
ta main ne m'a pas déplu
au contraire
mais c'est tout ce lait
toute cette grenadine
qui m'ont fait perdre la tête
et rendu les mains moites..
Ta main a donc glissé de la mienne
non c'est plutôt la mienne qui a glissé
rendons à machin ce qui est à machin
et tu as virevolté de plus belle
toujours plus belle
vers d'autres scintillements
le sol a touché mes pieds
m'édulcorant de tout fantasme tragique.
Moi, touchant du doigt un bonheur futile,
je suis revenu dans mon rêve
et m'y suis endormi.

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31.08.2004

( Billet Crépusculaire )

Mon bureau est génial. Accessoirement en bordel, limite les The Fraggles Meet The Animaniacs et décident de déranger "quelques" affaires, mais il est génial: pour faire un peu de place, je pousse un objet encombrant et un autre tombe, ou glisse, ou bloque le précédent. Une interactivité comme celle-là, c'est si rare que c'en devient un vrai trésor, personnel et unique. Génial, quoi. J'ai un bureau en bordel et génialement amusant. Ca y est, j'ai envie de faire tomber une pile de cd en poussant trèèèès doucement ce petit marqueur fluo, là.. Envie irrépressible de faire une connerie. Dans Gaston Lagaffe, il y a un gamin dans le genre incontrôlable et imprévisible qui hurlait "Apapouuuu!!" assis sur les genoux de Prunelle. Ca serait marrant de remplacer l'IA d'un jeu d'échec électronique par celle de ce gamin, le résultat serait.. intéressant.

Bref. Quelques nouvelles trouvailles médiathéquesques (BO de Accords & Désaccords de Woody Allen, Carnages de Delphine Gleize par Eric Neveux, De Beaux Lendemains de Atom Egoyan par Mychael Danna et l'actrice Sarah Pooley - qui chante pas mal, d'ailleurs, enfin mieux que votre serviteur sous la douche le lendemain de son anniversaire -, et Ascenseur Pour l'Echafaud de Louis Malle par Miles Davis), une nuit de films (Ali G - non, attendez, je m'explique dans deux secondes -, Le Retour Du Roi - non mais attendez quoi, j'ai dit "deux secondes" - et Donnie Darko - non, attendez, je.. non rien), quelques verres, des clopes et des combats aériens de folie dans Crimson Skies ont ponctué ce petit week-end, le tout premier de ma vingt-huitième année.

Oui, bon, c'est pas que j'ai des goûts de gogues en goguette niveau récréations cinématographiques, mais j'étais innocemment aiguillonné par l'envie de louer Ali G, cette daube immonde, cette insulte faite objet, cette honte se réclamant (abusivement) du même humour que Dumb & Dumber et Zoolander. Charles Dance, dans le rôle du méchant futur Prime Minister, est tellement ridiculisé dans une scène finale que c'en est douloureux. Qu'est devenu le médecin au passé douteux de Alien 3? Orientée sous la ceinture et destinée à un public préadolescent au QI inférieur à celui d'une tondeuse, Ali G interdit toute utilisation du second degré par le spectateur. Il vise simplement la plante des pieds du monument (tout est relatif) comique American Pie, ce qui est déjà trop ambitieux. Aussi marrant qu'une de mes rognures d'ongle. Sinon? Je regrette de ne pas avoir vu Le Retour Du Roi au ciné, dans le genre heroic-fantasy pharaonique on a rarement fait aussi définitif. La fin d'un genre? Pas sûr. Le meilleur reste à venir - et à faire -: adapter Le Silmarillion. Je sais qu'il y a tellement d'autres auteurs talentueux, que JRR c'est pas tout dans la vie, mais Le Silmarillion, madre de dios! Quand reverrai-je Valinor..? A par ça? Donnie Darko, délicieux film qui se bonifie à chaque visionnage - grand merci à la petite Emims pour le cadeau!

Quand même.. C'est la beflam d'avoir un prénom de super-héros. "Atom".

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27.08.2004

( Silent Session ? )

C'est étrange, mais j'ai l'impression qu'il y a une immense 'Silent Session' quelquepart e que je suis en train de la louper. Amis, bloggeuses, activité des forums où je traîne, aérien ("ha, h'est rien" plutôt), fermeture pour travaux de mon lieu de débauche hebdomadaire..
Bon. C'est quoi cette pulsion de vacancer en seconde quinzaine d'Ahoute? Vous êtes quand même tous et toutes vachement loin, mine de rien.. Bion, tant mieux pour vous, rechagez-vous bien pour que je puisse vous pomper tout l'énergie vitale que vous aurez emmagasinée, en immonde et fausse sangsue que je suis!
Calembredaines. En fait, je pourrais prétendre un milliard de trucs à faire, ce qui n'est pas faux vu le boxon post-bombardement qui règne dans mon petit apparte, mais j'ai quand un nombre impressionnant de cassettes à mater, de quatre heures enregistrées en double durée s'il-vous-plaît, et de bordel à ranger qu'il me faudrait deux semaines sans dormir pour les premières, plus 24 pour le deuxième.
Non, c'est pas viable comme projet. Limite malsain. Bon: je laisse tomber le second, hop 24h de taf potentiel en moins, et j'attaque une cassette par jour le week-end, et une tous les deux jours en semaine. En ajoutant ce que j'enregistre en même temps, dans deux mois j'aurai bouclé mon retard vidéo.
Juste à temps pour l'équinoxe d'automne. Damned, les jeux vides et hauts et le ciné? Oubliés? Ca y est, j'ai un projet dans la vie: me détruire les yeux sous l'irradiation d'une télé plus aux normes et dans les salles obsures (et sombres) de séances à moins de 5 euros les 3 cm² de papier buvard.
Joli programme..

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26.08.2004

( Le Petit Nicolas revient )

Le Petit Nicolas fait partie du socle en béton armé featuring titane et adamantium de mon enfance, au même titre que Jonathan Livinstone Le Goéland et le Petit Prince. C'est dire l'ampleur de la nouvelle pour mon palpitant et mes petits canaux lacrymaux.

D'après le site actuabd.com dans une des news de Mars 04, Lil' Nic ize baque:

"En classant les archives de René Goscinny, qui avait heureusement conservé bien des choses, Anne Goscinny et son mari Aymar du Chatenet ont retrouvé pas moins de 90 textes inédits du "Petit Nicolas". Une mine d’or et d’humour qui nous sera offerte à l’automne prochain.

Le Petit Nicolas est moins connu qu’Astérix ou Iznogoud. C’est pourtant l’une des oeuvres majeures de la littérature enfantine et son succès reste constant depuis la parution de son premier recueil en 1960, bien avant qu’un certain Astérix ne vienne la mettre au second rang dans la success-story de Goscinny. Plus de 8.500.000 exemplaires de ses cinq titres ont été vendus depuis, ce qui est rarissime dans le domaine de la littérature pour enfants. Mais le Petit Nicolas, comme beaucoup de classiques, ne s’adresse pas uniquement aux enfants. Il fait rire à tout âge, ce qui explique que, plus de quarante ans après sa création, il soit toujours là.

On ne connaissait de lui que 75 nouvelles, éditées dans cinq volumes : "Le Petit Nicolas", "Les récrés du Petit Nicolas", "Les vacances du Petit Nicolas", "Le Petit Nicolas et les copains" et "Le Petit Nicolas a des ennuis". En classant les archives de René Goscinny, sa fille Anne en a découvert 90 autres, publiées entre 1959 et 1965 dans "Sud-Ouest Dimanche", "Pilote" et "Elle". Toutes illustrées par l’illustrissime Sempé. Avec les personnages classiques (Agnan, Alceste, Clotaire et... le Bouillon, le surveillant), mais aussi de nouveaux.

En octobre, sortira donc un volume de 500 pages rassemblant ces inédits. Pour l’occasion, Anne Goscinny et Aymar du Chatenet créent une nouvelle maison d’éditions, IMAV, qui publiera essenstiellement des inédits de Goscinny. Le scénariste le plus génial de l’histoire de la bande dessinée était aussi un écrivain de talent, dont peu d’œuvres sont disponibles. Une injustice qui sera, grâce à cette nouvelle maison d’éditions, enfin réparée."

Enorme.

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24.08.2004

( Je suis tricoteur d'enclumes )

In case of extreme lendellism, please contact this 4.62€/sec phone number:
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[JeanGabinisme=True]

Formation, formation.. C'est pas vraiment une formation, hein, c'est plutôt du genre "inné", tu vois?
Bon. Déjà tu commences assez tôt, vers l'âge de 2-3 ans, où on te demande t'aller dans des terriers bizarres (un peu louches et glauques, du genre pas fréquentab'), carapaçonné avec un style (genre) caliméresque du Square aux Abattoirs, sauf que le chapeau tu le portes sur le dos, façon Ninja Turtle Meets The Gritche. Pis après, bin tu roule ta bosse dans les tunnels, sombres et obscurs, obscurs et sombres, tout ça, avec ton appareillage méphistophélique à la mords-moi l'pif, et vas-y donc que je crisse, et vas-y donc que je creuse le plafond.
Tout ça pour quoi? Tout ça pour arrrracher des copeaux de métal qui retombent dans ta carapace de trois sous.

Non mais j'vais t'dire, mon p'tit gars, hein, que y'en a pas deux des comme moi, hein, PAS DEUX qui raboter Dame Nature comme je l'faisais. Et précoce, le p'tiot, dès deux ans! Bon. Alors, après, tu évolue, tu passe à la récupération de la limaille et à l'entassement, pis plus tard, beauuucoup plus tard, tu t'occupes de la faire fondre! Mais là, houlààà mais ça d'vient une vraie épreuve d'homme, comme les douze travaux d'Ulysse, si tu vois c'que j'veux diiire.. Donc ça, pas avant 8 ans. Pis bon, ensuite, le modelage du métal en fusion en miiiince, tout mince fil avec des gants en amiante (c'est génial, l'amiante). Le fil il est après passé dans les dents de deux fourchettes (c'est pas des fourchettes mais c'est comme qui dirait blanc bonnet et blanc bonnet) pour le rendre liiiiisse et soyeux.

Donc faut savoir ramper fort, manier la pelle bien et vite (mais bien, hein? gare à ton croupion si un maton t'chope), pas avoir peur de s'cramer les sourcils et les poils du pif, et manier le gant à l'amiante comme un vrai forgeron. Après, vers 22 ans, tu peux apprendre à tricoter. Cinq ans que j'fais mon enclume, moi, et t'verras l'oeuv' d'art qu'ce s'ra!! D'VINDIEUUU !!

[JeanGabinisme=False]

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20.08.2004

( Un Samedi Soir )

Les samedis soirs, enfermé chez soi, ont parfois du bon. J'avais envie de sortir, voir du monde en me saoûlant plus ou moins la tête, mais sortir seul alors que mon café habituel était parti en vacances ne me disait rien. Plutôt passer quelques heures délicieuses chez soi, et d'ailleurs mon porteflouze implorait grâce.

J'allume la boite à trépanation, zappe sans effort jusqu'à arte. C'est décidé, je ne bouge pas de mon clac-clic de la soirée. Je prends un air de bibliothécaire devant ma vidéothèque en essayant de me souvenir du maximum de détails, histoire de voir si j'ai suffisamment oublié tel ou tel film pour le voir à nouveau. Echec. Mais il y a aussi cette pile d'une vingtaine de vhs à côté de la télé, qui demandent à être étiquetées, et où se cache un Joao Cesar Monteiro. Pas envie de jouer du FFW ou du REW pendant trois quarts d'heure pour trouver une trace du Bonheur.. Vaincu, mes clopes, mon bazillac et moi nous installons à l'heure du crime devant la fin d'un reportage sur la récupération d'objets dans l'art, laissant place ensuite à Niki de Saint-Phalle et son Jardin des Tarots.

J'avais entendu parler d'elle sur un forum, où je m'étais perdu dans un humour hasardeux et aveugle au sujet du nom de l'artiste et de son intéressante origine freudienne (grand moment de solitude), et je n'avais retenu que l'utilisation folle de couleurs vives. Surprise. En Toscane, elle a mis en sculptures les vingt-deux représentations des arcanes majeures en un immense jardin où les visiteurs peuvent déambuler ou tomber en pâmoison (rayez la mention inutile). Le plus fabuleux est cette sculpture féminine démesurée qu'elle a aménagée avec tout le confort moderne et décorée de milliers de petits morceaux de miroirs. Elle habite véritablement l'une de ses oeuvres, dort dans l'un des seins.. J'ai ressenti alors un léger dessèchement de la langue, et j'ai fermé la bouche.

Après Metropolis, un film d'une demi-heure, Là-haut Sur La Montagne. La cinéaste filme deux personnes agées habitant une ferme en montagne, au cours de leurs tâches quotidiennes, ou ramène en enfance lors de courts plans fixes d'extérieur entre animaux domestiques et contemplation de la nature, de scènes de cuisine silencieuse, de la lumière du Soleil qui apparaît puis glisse et s'efface sur le vieux sol de la maison.. Volonté de fixer à jamais des lieux et des souvenirs personnels? Cette vieille chanson, le son pris indirectement emporte à l'intérieur d'une mémoire nostalgique du temps qui ne s'écoulait pas, et que je fais mienne.

Un samedi soir.

13:45 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (3)

17.08.2004

( Evolution du KiKooBlog )

Depuis hier, je travaille à la construction d'un grand index regroupant, à la façon des admins de blogs d'hautetfort, tous les billets écrits selon un tri par date. Un index jumeau utilisant le tri par catégorie sera mis enchantier très bientôt. Leur intérêt est de faciliter la recherche le surf en synthétisant leur intitulé.
La première version est achevée depuis ce matin, malgré une visibilité que j'espérais bien meilleure (liens en gras, quelques disproportions, couleurs de police inadéquates) grâce à l'interface, pas si Wysiwig que ça, de hautetfort.com. Après quelques essais intéressants dans le code toujours buggé de la css, je suis revenu à la présentation habituelle, tendant mon poing de rage vers les nuages et les insultant de tout mon coeur (c'est toujours de leur faute - ceux qui se souviennent de cet épisode des Simpsons ont toute ma considération).

Aussi n'hésitez pas à me faire part de vos remarques, insultes, déclarations d'amour et autres NotToDo Lists.

Pour le billet ( Août 04 ), je mettra en ligne commentaires et liens dès que possible.

J'ai ajouté quelques liens dans le blogroll de droite, qui va bientôt subi un lifting qui améliorera la visibilité les jours de brouillard chimique (Mazingarbe, si tu nous lis..).

12:05 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (4)

09.08.2004

( Jus d'Orage )

Début de la troisième semaine de taf après deux de vacances. Ca donne presque envie de chômer ou de tout plaquer pour se fondre parmi les hauts-reliefs usés des vieux temples de Thaïlande.


Il a plu, avant-hier. Une pluie timide et anorexique qui a agonisé en même temps que le jour, et aujourd'hui je l'espère plus que jamais. Elle me manque, comme une âmie qui promet maintes fois de venir me rejoindre pour un week-end hors monde, mais contre-attaquée par un truc rassi de dernière minute. D'ailleurs qu'est-ce qu'il était bon, cet orage hardcore qui bondissait de nuage en nuage sur ses ponts de plasma!

Où vont tes pensées, pour négliger ta colère aussi facilement? C'est le bon moment, tu sais, il fait trop chaud et trop lourd pour mon mètre quatre-vingt treize, et toi tu te soucies d'un truc aérien, planant loin au-dessus de nos interrogations connes.. Laisse-toi aller.. Viens dans mes bras et explose.. Mais si. Tu peux, tu sais? La douleur n'est plus rien pendant un petit pétage de plomb nocturne, et on aime ça, en bas.

On devrait investir dans un énorme climatiseur d'un kilomètre cube alimenté à l'énergie solaire, bordel. Ca ferait du bien à tout le monde, Terre compris. Peut-être même qu'un truc dans le genre, mais long de dix kilomètres et une largeur dix fois inférieure, histoire de ne pas avoir un appel d'air monstrueux. Un climatiseur n'est pas un aspirateur de cent térawatts. Bref.

J'ai chaud, très, ça commence à rissoler sévère dans le pot de confiture. Je fais me *brumiser* la bouche et tout le système digestif avec un classique mais classieux coquetèle (sic) mug+banania+cruesli+lait glacé. Faut dire qu'avec un frigo overclocké comme un congélateur fatigué, je refroidit mon coin cuisine d'un degré à chaque ouverture. Bon, j'ai chaud et j'ai faim, chouette.

[vingt minutes plus tard..]
Je me suis rendu compte à 18h25 que mon porteflouze se la jouait asthmatique en manque de solupred et de bécotide, d'où l'improvisation urgente d'un blitzcommando à La Poste. Vive l'air climatisé! Le Soleil s'énerve un peu plus tandis que le ciel étend ses bras crasseux et dépressifs à l'Ouest. Et j'ai toujours chaud-faim-soif.

conçu en écoutant la fin de cLOUDDEAD - cLOUDEAD et le début de TV On The Radio- Desperate Youth, Blood Thirsty Babes.

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28.07.2004

( Faux Journal d'une Star de la Chanson Française )

Ayant passé l'après-midi à lire le journal de ce groupe de rock belge (suivre le lien en bas, après avoir choisi la langue), je vous fait part d'un petit bout.. Le reste du journal se savoure du début à la fin: anecdotes de concerts (beaucoup), de vie (un peu), marrantes (Benoit Poelvoorde frappe encore! ^^).. Déjà trois albums! Mais que fais-je ?! Bon lectage.

"(Toute ressemblance ne serait que pure coïncidence)
- Je suis super à la bourre. Je dois finir cette chanson pour Véronique Jeannot. Elle m’a flatté cette conne quand elle m’a appelé. Elle adore ce que je fais. J’ai rien bossé. Je vais lui envoyer “Les cornemuses d’Ecosse” une chanson que Patricia Kaas a refusé. A moins que je ne la garde pour l’album de Michal de la Starac. A mon avis, Michal vend plus. Ouais, c’est ça. Je la garde pour Michal. Et Véronique Jeannot, cette pauvre “has-been” qui cherche une voie de retour, qu’elle aille au diable.

- Hier, Fabricio (mon manager) a reçu un coup de fil du Ministère des Affaires Etrangères. Ils veulent m’emmener au Japon en voyage officiel. Dans le cadre de “saines transactions” entre les deux pays. La chanson française marche à donf là-bas. Je dois juste faire “sans obligation” deux chansons au piano le dernier soir à l’ambassade. Facile. On y reste six jours. Hôtel 5 étoiles, woaw. Tous frais payés.
Je m’inquiète: j’espère que tout est bien payé par le ministère. Je voudrais pas qu’Universal me retire ça de mes royautés.

- J’ai télephoné à Rita d’Universal. Elle est trop forte. Quand elle a appris que j’étais emmené par le ministère au Japon, elle a trouvé dans l’après-midi une distribution et une sortie de mon disque là-bas. C’est pas con, comme j’y suis 6 jours, je fais ma promo à l’aise, je ferai même quelques radios et télés. Un gros producteur de télé (un Ardisson japonais, ha,ha.) adore le disque. Il a promis à Rita un playback sur une spéciale Elton John. Cool.

- Putain, le Japon, quelle horreur. Tous ces gens...
Voyage interminable mais on a bien ri. Je me suis goinfré de truffes landaises. Et le champagne... On a vidé deux bouteilles. Fabricio m’accompagnait. Universal s’était arrangé pour qu’il vienne. Il boit pas, donc j’ai bu sa bouteille. Je m’inquiète: j’espère que son vol était bien payé par le ministère. Je voudrais pas qu’Universal me retire ça de mes royautés.
On a eu un super long briefing du chef du protocole. Il racontait que nous représentions la France chacun dans notre domaine et que nous nous devions d’adopter un comportement irréprochable, blabla. J’avais l’impression qu’il me regardait quand il disait ça. Ils seraient archi-susceptibles les japonais. Ensuite le ministre est passé nous voir tous. Plutôt sympa ce con.
Le vol était top cool. J’ai fait beaucoup de dédicaces et des photos aussi. Beaucoup de gens de province, des chefs d’entreprises et leur épouse, beaucoup de gens encore facilement impressionnés.
A bord, j’étais pas le seul artiste. Aznavour était là aussi. Quel crâneur. Mon dernier disque s’est vendu 15 fois plus que le sien. C’était étonnant de le voir là. Isabelle Huppert aussi. Et Ludivine Sagnier. Quelle bombe cette fille. Elle était avec son mec... dommage. Not cool.
Le disque marche un peu au Japon, on a eu un bon démarrage, ça me rassure. Elton John, je l’ai même pas vu, il voulait voir personne ce gros phoque. Il a même enregistré ses chansons tout seul dans l’après-midi. Mon playback était cool. Si je dépasse les 20.000 ventes, on organise une tournée m’a dit Fabricio. C’est trop facile.
Le séjour était disons amusant. Beaucoup de repas avec des coincés du cul quand même. Un moment, lors d’un repas officiel, j’étais placé à côté d’une jolie dame, une bordelaise, qui me disait que son plus beau souvenir de concert, c’était les “Enfoirés” à Bordeaux. Elle en a pleuré qu’elle disait parcequ’"ils étaient tous unis pour la bonne cause”, ha,ha. Putain, ça m’a fait penser qu’il faut vraiment que je mette la pression pour en être, ça marque les gens de manière considérable. Surtout les beaufs de province.
J’ai aussi fait beaucoup d’interviews pour l’album. Putain, Rita, elle a vraiment assuré sur ce coup-là.
A l’ambassade, le dernier soir j’étais trop bourré. Trop de champagne. On a tous reçu un téléphone mobile... avec une carte prépayée! Les “saines transactions entre les deux pays” ha,ha... C’est un super mobile avec lequel on fait des photos et on peut se les envoyer aussi sec. Avec Fabricio, on a trop ri. On essayait de photographier le dessous de jupe de Sagnier- quelle bombe cette fille. J’ai même pas eu à chanter mes deux chansons, c’est Aznavour- à qui on avait rien demandé- qui a proposé de le faire. Il a eu une “standing-ovation” ce con. Je me suis éloigné un instant avec la fille de l’ambassadeur. Charmante. On a rien fait, elle était trop jeune, mais notre absence a vite été remarquée et le chef du protocole m’a tiré une tronche jusque par terre.
En rentrant, sur mon répondeur, Rita qui me dit que “Les cornemuses d’Ecosse” n’ont pas plu à Michal. J’espère que j’ai encore le numéro de Véronique Jeannot.

- On est à 350.000 albums vendus en France. C’est trop cool. Je vais enfin avoir une avance d’Universal et mon super cadeau. Rita m’avait promis un énorme scooter de luxe si je dépassais les 300.000 exemplaires. Un scooter! Enfin!... Je m’inquiète: j’espère qu’il s’agit bien d’un cadeau. Je voudrais pas qu’Universal me retire ça de mes royautés.
Ils me demandent déjà des nouvelles chansons. J’ai rien bossé. J’ai bien pensé leur faire écouter “Les cornemuses d’Ecosse” mais bon... Fabricio trouve ça pas trop mal... Véronique Jeannot n’aimait pas trop la mélodie. Elle a pas été convaincue par les paroles non plus. Quelle conne. Has-been.

- On a eu une réunion à Universal pour voir si on tirait les boeufs pour atteindre les 500.000 exemplaires ou si on laissait planer jusqu’au prochain album. Fabricio défendait l’idée de la durée et Universal qui estimait qu’on avait ouvert la brêche et que c’était maintenant à nous de foncer. Fabricio a relancé l’idée d’être shooté-photographié sur une plage avec une bombe-sexe ou mes deux neveux. Il est sûr d’obtenir un haut de colonne en couv’ de “Voici”. Et il pense que “Voici” serait trop content de nous payer le voyage dans les îles pour ce faire. Ils nous prendraient au télé-objectif de loin. J’ai dû expliquer que ma soeur ne voulait pas voir ses gosses dans “Voici”. Moi, je préfère qu’on paye une pute, j’ai répondu. Fabricio propose la fille de son avocat. Elle est super jolie et elle a besoin de vacances.

- Hier soir, soirée géniale dans la boite de Johnny. J’avais reçu un carton d’invitation V.I.P. et Fabricio m’assurait que le champagne y coulait à flots. Quelle claque. Le carré V.I.P. est super protégé. On peut y faire ce qu’on veut. J’ai rencontré une fille super marrante. Elle vient du Havre. Jolie et très naturelle. Sophia elle s’appelle. J’étais séduit à mort, mais elle était trop chère.

- Enfin je vais faire la Starac! Fabricio leur a demandé un cachet de 4500 euros.
Ils ont dit oui. Mais je dois faire un medley avec les gamins. Pfff... Mais je suis assuré de faire tête de gondole dans les LECLERC aux rayons disques pour une semaine. Ils sont partenaires. Cool. Fabricio prévoit un bon 10.000 exemplaires vendus dans la semaine si le prime est pas loupé. J’ai rencontré la fille de son avocat. Elle est super jolie. On part le 30 de ce mois à l’île Maurice avec elle, un photographe de “Voici” et Rachida, l’assistante de Rita. Finalement, c’est Universal qui paye l’avion et le séjour. Ce sera débité de mes royautés.

- Hier, Fabricio qui me dit: “On a une offre pour inaugurer un Flunch dans un hypermarché à Pau. 10.000 euros pour deux playbacks”. J’hésite, ça tombe dans la semaine où je devais me faire blanchir les dents.

- Hier, la Starac. Putain, ces gamins se la pètent grave! Je savais plus où me mettre. Lama était là, il arrêtait pas de leur dire à quel point il les trouvait super talentueux. Il se rapprochait un peu fort de la petite blonde. Trop souriante cette fille. Quand il est parti, elle a dit: “J’te jure, il a une haleine de ouf!”.
Je savais pas trop quoi dire. Le stress de ces gamins, c’est une torture. Ils sont hyper speedés, et ils carburent au coca pour la plupart. Ils ne peuvent pas prendre de calmants, ni d’alcool avant les plateaux. C’est écrit dans les contrats. Mais le petit beau gosse, j’ai entendu qu’il demandait du shit à un mec de la sécu. Heureusement qu’ils ont ça. Dans les couloirs, ils sont les rois. Ils engueulent tout le monde. Dans un an, ils feront des boites de nuit à Tulles ou à Colmar.

- J’ai pas d’inspiration. J’ai commencé un texte:
“Je t’ai vue et j’ai eu un flash.
Ca vient de ta trompe d’eustache.
T’es belle mais situation-relou.
Car ton mec il est à genoux”.
C’est nul.

- J’ai fait hier une radio avec Yannick Noah. Quel mec. Gagner Roland Garros, et 20 ans plus tard faire un carton dans la musique. C’est top classe. Il est géant ce mec. Trop beau. Quelle présence. On a parlé de ses gosses. J’ai trop kiffé. Je pensais “Putain, y a 20 ans, j’étais à Troyes avec Tatie à regarder sa victoire à Roland Garros, et me voilà devant lui à lui proposer “Les cornemuses du Sénégal”.
- J’ai reçu le scooter. Rouge. Rita est trop gentille. Je crois qu’elle est un peu amoureuse de moi. “Il est pas beau ton cadeau?” qu’elle disait.

- On est à l’île Maurice. C’est finalement Rachida qui sera sur les photos. La fille coincée du cul de l’avocat, elle a refusé le deal au dernier moment. Putain, on était pas dans la merde. Quelle conne. Rachida, elle est sympa, mais c’est pas un canon. Elle a un gros cul. Le photographe a suggèré qu’on reste assis, et qu’elle mette une serviette sur ses genoux. C’est pas glamour, mais ça va tirer les boeufs. Ca a duré des heures, parcequ’on ne voyait pas où était planqué le photographe. Mais bon, le plus dur est passé. On tire les boeufs.

- J’ai raconté à Fabricio ma rencontre avec Noah . Putain, il m’a mis la honte ce con... Noah, il vient du Cameroun, pas du Sénégal. Merde."

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20.07.2004

( Petite Prose Improvisée )

C'est dans le silence de la Médiathèque Municipale, parasité des protestations des touches du clavier, que j'extirpe ces quelques mots de mon cerveau endormi. Par quoi? Par cet après-midi maussade où règner la lourde atmosphère du retour à la civilisation mixée à la récupération des quatre jours passés au Festival de Dour (cf. le blog de Tibolano). Bref, un début de semaine parmi les moins prolifiques de ce côté-ci de l'Univers connu.

Sinon? Côté news, je m'efforce de finaliser mon abonnement à Free (dammit, j'ai oublié mon RIP, c'est mort pour aujourd'hui è_é ), de mater mes 10-12 VHS de 4h en vitesse lente qui poussiérise à côté de la télé, et de pousser toujours plus loin mon talent appliqué à l'annihilation des moustiques.. Le plafond commence à ressembler à un ciel étoilé en inverse-video.

Ce petit mot à caractère récréatif est bien vide, mais qu'importe, ail bi bac lundi prochain pour une vraie mise à jour.

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05.07.2004

( Take Care )

Klaxons dans la nuit. Les étoiles se sont planquées derrière le mur de nuages et en profitent pour organiser leur concours annuel de supernovas. Du cinquième étage, le quartier en contrebas semble avoir subi une coupure d'électricité. Baricco et Air viennent d'expirer leurs dernières paroles et notes tandis que mon week-end n'en finit pas d'agoniser. Demain, ça sera.. non, ne pensons pas à demain.

Une copine, hier soir, m'annonçait que c'était son anniversaire. Ca lui faisait une belle jambe. Elle voulait passer cette soirée seule, loin du classique famille-potes-soirée-doliprane."Une expérience" m'a-t-elle dit. Mais on rencontre souvent des connaissances dans un café que l'on fréquente depuis quelques années, alors..elle a décidé de changer de café et, du coup, est devenue plusieurs.

Mon coeur oubliait de battre chaque fois que sa mélancolie débordait de sa coquille de vingt-trois ans.

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29.06.2004

( Everything in its right place )

Tout s'inventorie, se classe, se catégorise pour être sûr de mettre un mot, une appellationsur chaque objet, concept, animal, végétal.. Puis on en extrait le "meilleur" pour en faire ces compilations, ce qu'il faut avoir vu, lu, écouté, vécu. Des "Must-have" énormes, des tétracompils à prix sacrifiés pour expérience musicale ou cinématographique condamnée. C'est beau comme c'est terrifiant.

Uniformisation des goûts, des couleurs, des natures et des individus, des modèles de pensée et donc de créativité. L'originalité même se standardise, alors quelle est la solution? Rester soi-même.Mais comment le rester lorsqu'on est conditionné dès la naissance, protocoliséede fort belle manière par la respiration dite "du petiit chien", par les examens médicaux, les "références" si belles et intouchables de l'éducation post-natale? Tout est définitivement bouclé. Le prix au kilo de l'existence est déjà fixée par la moyenne de ceux des parents, alors "merci de ne pas vivre votre vie comme vous en avez envie"! Et si quelqu'un par malheur, sort le nez de sa pitance matinale "Cervo 2000", nul besoin de l'écarter du troupeau, ce trublion le fera très bien tout seul.
Cataloguez, inventoriez, n'oubliez rien de peur qu'on ne vous oublie.

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16.06.2004

( De l'inattendu dans mon assiette )

..ce qui est un un ptit peu beaucoup mon propre.

Plantons le décor: 19h40. Intérieur jour. Atmosphère tiède, mec en caleçon-T-shirt. Fond sonore télévi(s/d)uel. Bruit de casserole dans la cuisine. Ululement mégamix de 2-3 chansons en même temps, signe d'entrain certain et de jolie humeur avant d'attquer la ketchupéé Reine Margot, du délire-man Patrice Chéreau.

Dans une casserole fumante et vidée de son eau bouillante, quelques pommes de terre en train de cloper leur dernière. Quelques quartiers de tomates gisent dans leur jus, les survivantes essayant d'éviter de se noyer dedans. Terreur dans le firgo. J'ouvre la porte et saisit l'un de ces misérables crânes d'oeuf entre les joues. Je machiavélise mon sourire, histoire de réussir mon plat. Un meurtre ovale plus tard, je récidive: horreur impuissante parmi les tomates, panique totale chez les oeufs, le rosé reste froid. Ma main toute-puissante (comme la force de Musclor) en attrape un autre, d'eux, des oeufs, crève sa carapace de double-Caliméro et déverse ses entrailles translucides et glimounantes dans la poêle. Délicieux charnier. Mais.. Mais.. Mais c'est quoi ??

"Des jumeaux!!!

Des

Ju

Meaux

..!"

Plus quelques répétitions séniles de l'écho dont je me fis l'écho.

Deux jaunes d'oeufs, un peu plus petits que d'habitude, faisaient des yeux aussi ronds qu'eux-mêmes et que les miens. Bouche bée peu baveuse devant le miracle pas encore cuit, je contemplais, profondément ému (eh oui), ces deux ex-futurs piou-pious qui cohabitaient secrètement dans leur astéroïde de calcaire. Peut-être se planquaient-ils en vue d'une évasion eastwoodienne hors de leur Alcatraz..

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11.06.2004

( Hourrer )

Hourrer. v. trans. & intrans.

Manifester son contentement d'une manière ostensiblatoire et gesticulatrice. Ex."Tiens, regarde, Mufflette hourre!" Hum.Les anti-insultes sont fort recherchées: "Va te faire hourrer!" est une des perles qui circulent parmi les initiés.

Source > Le Grand Kiktionnaire.

16:35 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

10.06.2004

( Orage )

Un orage se déchaîne sur ma petite ville. Tromblons et averses en folie, lumière blanche d'une aube timide, clair-obscur inquiétant..

J'AIME !! "Teeeempêêêête, teeeempêêêête !!", pour reprendre Dracula (salut mec!). LA pluie me fait un bien terrible, mais les orages, eux.. c'est autre chose. Entre l'excitation d'un gamin de 11 ans en face d'un western spaghetti fou furax(autobiographic time) ou dans son premier ride dans une bûche (..l'attraction foraine, ça doit être légèrement douloureux sinon).

J'exulte! *^_^* Ca change des jours derniers. Et c'est bien.

09:30 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)