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24.01.2005

( Message Publicitaire )

- c'est çui qui dit qui y est -

On ne répoplonduque pas de cette façon.ça ne peut pas se passer comme ça.
impossible.
les possibilités, justement, sont grandes, mais tomber là-dessus, non.
pas moyen.
ça serait du suicide inventif et destructeur.
les raisons qui nous poussent sont tout sauf réfléchies.
on agit encore et toujours, et toujours plus qu'avant, à l'instinct.
et nos existences, on en fait quoi?
nos vieilles années, que seront-elles?
qu'aurons-nous préparé pour ce temps lointain où nous finirons notre vie comme un verre?
pourquoi cette peur soudaine d'une époque qui ne viendra que bien tard?
pourquoi prévoir et ne passer son temps présent qu'à ça?
des questions, oui, des questions..
certaines réactions malvenues apparaissent, il est temps de les empêcher de m'aveugler.
restons en vie, bon sang!
la vie!
les sens, les émotions, la création, les rencontres, la découverte!
choisir de vivre enfin!
on n'a pas que ça à foutre.
penser à l'après!
et le pendant, alors?
et le pendant?
on se retient de respirer pour avoir de l'oxygène plus tard?
non.
essoufflons-nous violemment.
transpirons, suons.
mais qu'on frétille, bordel, que nos nerfs ouvrent les yeux et gigotent!
on s'empêche tous les jours de vivre, alors que..
..hors de question.

..amon tobin - easy muffin

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23.01.2005

( Entre Les Lignes Des Listes )

- votre loupe, watson -

Entre les lignes, les hauteurs s'allongent et ferment les yeux

Souvent, on n'y peut pas grand'chose, c'est souvent comme ça. Les listes s'allongent le long des heures tièdes, tandis que les corps batifolent dans leurs explosions d'eau et de lumière. Mais l'un après l'autre, le haut-parleur leur hurle à en paralyser les sourds, écorche les tympans, crispe les ongles. La plage se vide au rythme de ses vagues et des listes raturées, s'allonge aux flancs des heures froides, suivant leurs lignes pâles du bout du regard. Minuit tombe, minuit s'endort.


..the andrew sisters - i love you too much

23:00 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

17.01.2005

( Sens )

- rock this way -

medium_sens.jpg

Les sens que l'on donne aux gens, aux choses, à soi, les sens dont on tire toute la force de continuer à respirer, les sens qui arrêtent les cours multicolores de nos paroles et des gestes vagues et suffisamment précis, les sens qui font gonfler nos joues, fermer les poings, les paupières, les écoutilles et les réservations, les sens qui, en nous, ouvrent les yeux derrière nos yeux, les sens.. Les sens..


..nine inch nails - the big comedown (acoustic

00:15 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

16.01.2005

( Aussi )

- dans l'attente -

medium_aussi.jpg

Aussi désolant que pioncer sur des armatures de béton. Aussi désolant que sucer un à un les grains de sables coinés dansles opercules. Aussi désolant que de s'arracher la peau des ongles, d'en saigner, d'en picotter, de continuer. Aussi désolant que de se ronger l'intérieur de la joue. Aussi désolant que d'inventer des bobards encore moins crédibles que la simple vérité. ussi désolant qu'un amoncellement de phrases au début identique. Aussi désolant que de se regarder dans les yeux pendant quatre minutes et de n'y rien voir d'autre que le néant humain.


..the mars volta - take the veil carpin taxt

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15.01.2005

( Le Retour Du Triolisme Platonique )

- installez-vous confortablement -

H. Istoff et Miss Powm viennent de me rejoindre. Je pressens un truc..

21:13 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

14.01.2005

( Autodafé Paris-Pékin )

- go east, punk -

Feel free to enjoy the view.

Je n'y avais jamais pensé, et pourtant c'était simple: arracher les couvertures des livres à l'encre évincée, aux sympathiques reliures dorées à l'or gras, ces mêmes livres qui supportaient les poids-plumes et les cris lourds des arachnophiles de toute pilosité, qui stationnaient huant et verbalisés, en haut de l'Argue de Pli-Tronche, notre symbôle de l'obôle, à nous qu'on l'aime, des ultimes paroissiens des molles villes de blets habitées.

Bref. Ca faisait pas longtemps que je pensais, et déjà j'avais un besoin frénétique d'en cataclysmer quelques-uns. Ceux qui tambourinaient des fronts sur les pommes cuites de leurs voisines, celles qui pendaient les sanglots d'un tout autre genre, apparemment féminin, aux échelles des emplafonneurs de ciel, les mêmes qui secouaient le haut des riens en trompant les apparences pour accompagner les tant bourrins, et ceux qui fermentaient la mâche à balancer à croate à chauve leurs mandibulations de veste pourpre et de chaînes en or qui brillent et maudissaient leur mâchine à encéphaler.

Tout ce beau monde-là, se retrouvait toujours poétiquement embrassé et là, la fadaise interpelait au niveau du vécu, il aurait fallu traquer le livre, se faire une peau d'échappatoire de cette obscure destinée et remonter la langue humide vers la luette, la voix, là où, toute occupée à jouer avec ses cordes, on lui aurait plumé la tête. Ainsi les mots tomberaient comme plein de peutimeussieux à la peau rose et au regard absent, flottant en hirondelles noires sur une vieille musique électronique. Et la simplicité, elle, se serait barrée depuis une paye, et arracher la couverture des mains des livres n'aurait servi à rien. Il fallait donc trouver un autre moyen.


..cowboys from outer space - spy from the grave

11:00 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (12)

13.01.2005

( Alors, Toujours Bien Dans Ses Chaussures? )

- semelle approach -

Dare.

Donc, j'ai regardé sous mes pieds, aujourd'hui. Toute la journée. On découvre des villes folles, en-dessous, sans fenêtre ni porte! Que des murs! "Je vois des mûres", dirait truc. Ca doit pas être la joie, là-dessous. Le taux de dépression dans cette catégorie d'êtres imaginaires doit être énorme.

23:55 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (4)

( Alors, On Est Bien Dans Ses Chaussures? )

- semelle genesis -


Non.

Aujourd'hui, j'ai regardé attentivement sous mes chaussures, me demandant comment ils trouvaient autant de semelles distinctes sur toutes ces chaussures. Parce qu'elles adhèrent bien, on est d'accord, donc, comme il n'existe pas d'assemblage parfait pour une semelle, certaines sont fatalement moins bonnes que d'autres, voire moisies. Je plains les designers de semelle de pompes. Le taux de dépression dans cette profession doit être énorme.

23:45 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

08.01.2005

( Désolutions )

- notes d'inintention -

medium_desolutions.jpgMarcher avec des inconnues.
Reprendre les rênes du rivage.
Falsifier les encadrés.
Répoplonduquer l'inassouvible.
Répliquer l'inamovible.
Avertir avant d'aimer.
Préparer tes reins.
Envoyer des fleurs à l'embrassade.
Sortir des noeuds de papillons les jours compliqués.
Ecouter les trains à quatre oreilles.
Ecouter les trains chanter comme des baleines.
Souffler à la surface de l'eau.
Eviter les flaques de gens.
Chercher l'aventure dans les torrents.
Se souvenir de nos mains qui tremblen.
Revenir en arrière.
Faire Pause.
Augmenter le volume.
Continuer à régler l'équaliseur.
Rester monochrome.
Visiter un clocher.
Assister aux échauffements de l'organiste.
Assister à une happy end.
Eviter Harry et Sally.
Mettre une contravention au néant.
Eblouir un cierge.
Faire copuler les ombres.
Platoniquer la pornographie.
Ajouter un zeste de citron avant de servir.
Servir glaçant.
Avoir une conversation profonde avec un golem.
Réessayer plutôt qu'ignorer.
S'obscurcir dans une salle.
Se faire tout petit dans un fauteuil.
Penser à dormir.
Inviter Herr Istoff et Miss Powm pour une prochaine conversation.
Ping-ponguer régulièrement avec des mots.
Recommencer si c'est déjà fini.
Craindre les vaches armées de hallebardes.
Mettre le lait et le jus d'orange au frais.
Se mettre aux légumes et aux fruits.
Vouloir et faire du bien.
Avoir la conscience tranquille.
Solder son compte en banque.
Risquer le tout pour le tout.
Eteindre la panique.
Etreindre la musique.
Renverser un putsch.
Putscher un renversoir.
Evacuer en cas de danger.
Créer des céréales en forme de crucifix.
Créer des crucifix en forme d'avoine.
Changer d'air.
Respirer ailleurs en restant là.
Revendiquer un attentat intime.
Raconter une histoire.
Rester sur des phrases en R.
Répoplonduquer la chose glimounante.
Glimouner la chose répoplonducale.
Inscrire 'Glimounant' dans leurs dictionnaires.
Finir une phrase par un point
Faire la nique à un trou noir.
Bourrer auvergnatement un quasar.
Faire attention où je mets les yeux.Zieuter avec les mains.Avoir toujours une cartouche d'avance.
Passer level 50.
Echanger belvédères et tabernacles.
Faire crisser les injures.
Approcher les artificiers du bulbe.
Nettoyer mon bocal.

..ry cooder - she's leaving the bank

20:15 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

( Merci, Bonsoir )

Merci, Michael Stipe, de faire fleurir nos vertes prairies, mais il serait temps de sortit de mon bulbe, merci.

04:20 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

06.01.2005

( Dernière Objection )

- à vous l'honneur -

medium_derniere_objection.jpg

Herr Istoff et Miss Powm vont valguimbonder à leurs affaires de ce soir, car ils se seraient fait, apparemment selon nos sources introprospectives, de nouveaux et nouvelles ami(e)s. Merci aux détenteurs des droits desdites parenthèses, on n'est pas souvent en reste sans elles.


..the distillers - troutroupicnicdouilcétoilandouil

01:20 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

05.01.2005

( Les Esprits S'Entrechauffent )

- vous voyez, mon vère, ce que je.. hein? bon -

medium_les_esprits_s_entrechauffent.jpgSuite de notre entretien.

Herr Istoff, obsolète, a lancé un concours: c'est à celui qui parlerait le plus en même temps. Miss Powm, elle a applaudit et s'est défilé entre nos douze verres. Ca a l'air bien barré, c'est que du bonheur. Bref, passons à la Suisse: c'est à celui qui l'aura la plus grande ouverte qui gobera le plus de moucherons. A table !!


Il faudra penser à autodafer cet album, qui est intégralement premier degré, non répoplonducal, et totalement venu con. Mais ça reste un triple avis personnel.

..hot hot heat - save us s.o.s

22:15 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

( Triolisme Platonique )

- merci d'édither, c'est pour la bonne qui cause -

medium_triolisme_platonique.jpg

Ce soir, notre invité est Herr Istoff, patatologue réputé, accompagné de son assistante Jude Powm, pimpante jeune femme circonvolue. Pour être bref, le sujet de ce soir réfléchira sur une possible alternative au Sauvignet-Cabernon , que d'aucuns se dressent en consommateurs - à mon avis privilégiés par leur producteur-dealer attitré - flamboyants d'un nouveau genre.

Je pressens des conversations à trois, mon foie, très très intéressantissimisantesquisanteuses! Ensemble, nous nous préparons à remuer la poussière un peu partout, sans ronte ni beurre du riz d'Hiculle. En tout cas, sans glimounance inside. Ce thé t'y owned.


..hot hot heat - aveda

21:30 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (5)

( Le Balcon )

- plus bas, plus bas -

medium_le_balcon.jpg

Ces dernières heures, les jours ont vraiment filé à l'anglaise. Tout part trop tôt. On envie, on envisage, et lors de ce doux moment de possession, le désir disparaît pour une hypnose continuelle. Alors on élucubre, l'air lugubre et soucieux, dans un plaisir grand comme un nuage où batifolent.. mais non, juste un plaisir qu'absorbe un gouffre sans balustrade ni élastique, on s'y lache suicidement en sachant que plus la chute sera longue plus elle sera BONNE.

Mais la jouissance gobe les jours comme les heures de sommeil, éviscère les raisons que le coeur ne connaît pas, dicte sa loi et amadoue les doigts dans l'thé tout projet de respirer un peu. Et encore, faut chercher. J'aimerais ne pas dormir, maintenir cette carcasse en service minimal, monter la température du liquide céphalorachidien et y faire plus de bulles encore.


Et j'avais oublié la faim.

..devendra banhart - little yellow spider

03:20 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)

04.01.2005

( Communiqué )

Pendant ce temps-là, ailleurs, il ne se passe plus rien. Rien. L'autre monde reste en suspens, à l'écoute, bouche ouverte et bave ruisselante, étonné d'être aussi bon et altruiste.

"Y a d'l'espoir", mais oui mon Gérard, mais oui. Et ces vingt dernières années, pendant qu'eux, là-bas, s'aimaient si fort, qu'y avons-nous fait?

13:25 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (1)

03.01.2005

( Zygologie )

- entrez, il vous attend -

medium_zygologie.jpgLes derniers sourires
en provenance de nulle part
sorti des poches des mendiants
et des halls de gare
je les ai épinglé
un à un
chacun dans sa petite page
de mon petit carnet
avec la date
oui la date c'est important
de savoir quoi est quand
et un petit explicatif concis
mais précis
pour expliquer
parce que c'est bien de savoir
ce qu'il s'est passé à telle date
sinon on perd pieds
on est emporté par tout ce courant impétueux et violent
hein
non parce que tous ces gens
qui sourient des fois
moi au moins je sais quand
et pourquoi
tenez
regardez
là ici
et là là
vous voyez
c'est simple
c'est tellement évident
et si loin de tout
que ça me crèverait les yeux de le perdre
ça
la chair de mon âme
les ongles de mes yeux
et puis les gens ils seront content quand
je sais pas quand mais bon
hein
on suppose
c'est un exemple
quand ils se retrouveront là-dedans
en se disant
'Tiens ce jour-là j'ai souri'
'Tiens mais pourquoi j'ai souri ce jour-là"
'Tiens mais j'ai jamais écrit une chose pareille
mais j'aime bien'
vous voyez
ça peut être bien
à terme
une petite zygologie
des sourires qui sont passés par là
et qui se sont remués lentement
sur leur chaise
dans un anti-malaise troublé
de réagir ainsi
s'ils avaient su
mais
sauront-ils encore?
savent-ils que ça leur arrive?
qu'il existe des instants
où ils ne jouent plus
où ils respirent
et puis voilà?
peut-être que ça leur ferait mal
je ne sais pas hein j'imagine
on peut tout imaginer
il y a des gens comme ça
oh mais j'en suis sûr
on trouve de tout maintenant
de tout et du n'importe quoi
surtout du n'importe quoi
vous allez me dire
mais oui
je suis d'accord
mais eux
hein
eux?

..augustus pablo + derrick harriott - bells of death

02:52 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (3)

22.12.2004

( Le Compte Des Heures )

- sortez les bouliers -

medium_le_compte_des_heures.jpg

Le manque de sommeil, sans doute. Les terminaisons nerveuses se rongent les ongles, les processus de réflexion s'embourbent en elle-mêmes et en elles-d'autres, et les vertiges de début de sommeil en pleine journée..

Je suis une bactérie filamenteuse rognant la chaussette suintante et mycosique de Jack. Je suis l'avant-dernière page blanche d'un bouquin marcelaymien, retrouvé dans la poche arrière du noyé de Vaison-la-Romaine retrouvé en 93. Electroencéphalie en berne, extinctions des feux, soufflage des bougies, réveil des oreillers.


..various artists - booter living thru chemashtry

14:05 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (4)

17.12.2004

( Loin Du Sud )

- "un petit peu plus à l'Ouest", tryphonade du XXème siècle -

medium_loin_du_sud.jpg

Il aurait neigé aujourd'hui. Il faudrait fuir le Sud et ses enseuleillements blasés, aller un peu plus au Nord où les hivers durent plus qu'une semaine, où le Froid est large et vindicatif. Je voudrais tenir la main de ces vents qui qui appellent à la désertification des corps, au rinçage des âmes et aux plongeons dans les soeurs de la Terre. Retrouver un peu de vie où il n'y pas un âne qui survive, rire aux oreilles des loups et arrêter de me remplir.


..hector zazou - into your dreams (with laurie anderson

13:50 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

13.12.2004

( Le Paradis Blanc )

- le petit miguel bergué attend ses parents à l'écueil -

le_paradis_blanc.jpgLongtemps
dans cette grande pièce
à l'abri du monde
je suis resté sous un des fauteuils
patientant impatiemment
que les autres et les uns sortent
et
une fois la dernière porte close
les lumières éteintes
un sourire invincible sous le nez
je sortais à découvert
hantais le couloir silencieux
me hissais sur l'estrade
et
contemplais le Paradis Blanc.

..henry mancini - the party (instrumental

13:20 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (3)

10.12.2004

( Nulle Part )

- chutes de pierres -

nulle_part.jpgOn commence sous la mer
à ranger les coquillages entourbillonnés
à traquer les squatteurs de carapaces
carapatés dans leurs galeries dare-dare
à consoler les épaves de trois siècles
totems de quelques mantas frivoles
qui ombrule sur le dos sous la surface
à faire des noeuds avec les murènes
faut bien s'amuser un peu
à faire du saute-poisson ampoule
au-dessus de la barrière de corail

Et un matin
d'avoir trop ranger traquer consoler
nouer saute-poisson ampouler
on se retrouve au bord du Trou
le sol tranché à pic
à perte de vue à droite et à gauche
et en face la mer en nuisette
emplissant le reste du monde
jusqu'à ses racines
là où on ne tombe plus
au centre de l'océan
des plus épaisses obscurités
et des plus voraces des casse-nuques
on se retrouve au bord
loin en bas bouillonnent
les ombres de l'encre
les léviathans
gueules ouvertes sans yeux
qui gobe des mondes
comme on brûle le papier

Des mondes

Le vertige
un pas en arrière
on n'était plus
que sur une allumette de corail
il ne restait plus rien

..nine inch nails - wretched

11:40 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

09.12.2004

( Terminus )

- tout le monde descend -

terminus.jpgJe suis arrivé
sans respirer
entièrement clos
et hermétique
chaque côté de ma peau
à l'abri de l'autre

Déjà rien ne devait se mélanger
une petite loi, hop

mes tripes avec les bacilles du monde extérieur, non merci. Tout ce remue-beau-linge me donnait mal au crâne, si bien que je décidai, hop, une nouvelle loi: occulter de ma conscience ce qui me faisait souffrir, cette facilité qu'ont les gens à s'enfermer en eux-mêmes pour les besoins d'acceptabilité des autres. Je ne pouvais pas vraiment nézer ce genre de pratique masochiste d'amputation des personnalités. Ca me faisait bien peur de tomber là-dedans. Se mettre dans une condition mentale et comportementale qui nous rendrait acceptables par le plus grand nombre reviendrait à de la pure dévalorisation. C'était bien plus facile de tirer vers le bas que de pousser vers l'azur. M'enlever cette possibilité me sauverait. Etre autre.


..pink floyd - wots.. uh the deal

17:35 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (1)

07.12.2004

( A l'Affût )

- need a light? -

a_l_affut.jpg

Derrière les rideaux ensablés, le vent glissait, arrondissait le dos contre eux et repartait en secouant la toile. C'était là que le feu crépitait quelques secondes arrachées au temps. Sous nos yeux, des esprits sans forme jouaient avec la matière. Nous ne comprenions rien, tout était merveille.


..chet baker - tenderly

23:30 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (1)

05.12.2004

( Bonne Nuit )

- il est interdit de nourrir les animaux -

bonne_nuit.jpgLes deux ours blancs se sont allongés dans la boue et se sont endormis. Colliers, chaînes, verrous piégés, leurs maîtres, démissionnaires, enchaînaient bouteille sur bouteille depuis la fin de l'après-midi. Personne ici ne les comprenait. Le soir, après le repas, les autres et moi sommes venus voir les deux monstres, leurs poils longs comme nos cheveux restaient collés par paquets compacts de terre, leurs griffes auraient pu difficilement tenir dans nos petites mains curieuses, et leurs yeux sertis sur une tête énorme et immobile nous fixaient droit dans les yeux. Ce n'est qu'après l'extinction des feux et des saoûlards que le petit garçon passa la marche du perron pour le revoir. On me retrouva au petit matin endormi entre ses pattes.

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01.12.2004

( Misty Blue )

- il fait sombre sur le toit -

misty_blue.jpgLe brouillard est tombé dans la rivière et ne s'en remettra pas.Il a coulé comme du sirop de cola dans de l'eau enrichie au CO2. Il n'y a plus que sous les spots au sodium et au xénonqu'il laisse planer le doute.

Je n'ai pas vu le Soleil se défiler, ni le ciel déplier le volet de sa baraque à frites et commencer à faire sa tambouille vaporeuse et moite. Besoin d'ouvrir les yeux, mais pas envie. On se laiissera aller quand ça viendra nous chercher avec ses gras sabots de vair-laine. Et le tourbillon tapera sa discute habituelle avec moi, on s'enverra des fleurs en-dehors des cercles concentriques et des orages pas très en forme, avant de se jeter l'un sur l'autre avec un oeuf dans une cuillère dans la bouche.

On verra bien. C'est juste une histoire d'envie qui me goûtera du bout de la langue, me palpera lentement le visage glissant ses bras multiples le long des miens et me portera dans le mitan du lit couleur de pervenche.

..pink floyd - crying song

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25.11.2004

( Contraste )

- modèle ondulatoire de la lumière -

contraste.jpgContrairement aux humains, les choses deviennent étonnantes, dans la tête d'un observateur en manque de sommeil.

..amon tobin - cosmo retro intro outro

13:45 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (4)

24.11.2004

( You've Just Been Mulped )

- warning! mulping ahead -

you_ve_just_been_mulped.jpgEt dans les ténèbres de l'oubli de ce long paragraphe à peine défoetusé que déjà jeté hors de la mémoire temporaire, il se trouva que ma mulpe ne se trouvait plus. Une session cache-cache, peut-être? Elle pouvait se la permettre, sa cartouche à peine pleine au deux tiers ne l'empêchait pas de se planquer sous un endroit sombre, poussiéreux, de préférence peu accessible à ma main bioniquée. La laine. Il y eut bien un feutron, là, toujours si curieusement visible, toujours à se la montrer, le pervers, mais trop perçant pour les feuilles de soie.

Tant pis pour toi gamin.

Non, pas tant pis. Elle n'est pas loin. Jamais loin. Elle attend juste que je sois à point.

..pas henry mancini - lujon

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19.11.2004

( Empapillouté )

- corne de bachizoubouk -

J'ai les papilles qui tremblotent.
On n'a pas idée d'avoir des papilles comme ça, surtout par ce temps!
Non, c'est honnêtement invivable.

00:39 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (7)

15.11.2004

( Joyeux Jour d'Eclate )

Une tour immense de plexiglass dont la flèche se perd dans la nuit naissante. Ne te réveille pas. Ouvre les yeux. Ne te réveille pas et sors de ce mur. Reviens nous parler et t'étendre avec nous dans l'herbe noire. Des différences de voix, il y en a, mais elles résonnent avec la même harmonie sur nos peaux. Nous ne nous assourdissons pas les uns les autres quand nous parlons en même temps. Tout ce qu'il faut savoir, c'est qu'on est là, chacun avec notre joyeux lance-flammes pour toi. Fait jaillir l'étincelle pour mieux l'éteindre et abandonner les longs mois d'isolement des gargouilles fièrement fatiguées de buller doucement sous la pluie qui monte du sol, sans arrêt pipou à la prochaine fois autoroutière translapine. Dis toi qu'on se la bise déjà, depuis quelques tempes, alors que ton éclosion vacillante promettait les plus merveilleuses escalopes de ce côté-ci de la poêle, à la mi-juin., avant café et cigarettes. Pour l'occasion, j'ai sorti un petit Gerberac broyé de rosée et deux verres en mollet taillés pour nous faire une belle jambe, devant des aléatoires mondains des deux-trois rives de ce côté-ci de l'Heure Monde. Tu sais, ils nous regardent de leur vide borgne et loucheux - pouah tu parles, ils peuvent toujours espérer. Ce petit Gerbos est pour toi et moi. Lichette aimeras, cruchette boiras! On aura les cartes des dédales dans le brouillard avec ces pichenettes; avec un cierge pas si con qu'il en a l'air, les fumigènes partiront comme des vapeurs d'os un soir de crème à fion chez Little Lord Faulteroy. On aura les cartes, alors que rien n'ira plus. Il n'y a que ça qui compte. Ne te réveille pas, mais ouvre les yeux, gueule cassée. T'as besoin d'aller aussi près. Ne te réveille pas, ouvre les yeux, mais sors de ce mur.

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10.11.2004

( A l'Aube )

Déjà le matin
il est venu si vite
pas eu le temps de dire "tu"
à peine celui de te regarder
tu dors superbement
tu sais
à la manière d'un humain pliable
et je n'ai jamais autant aimé d'orteils
que les tiens
mon amour
aux petits pieds.

12:45 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

09.11.2004

( Enchaînement Soudain Sur Piano )

Elle l'attira à l'intérieur. C'était un couloir frais et sale comme La Mort. Lui, les oreilles dans ses poches, faisait semblant de grelotter; elle, des gants autour de ses mains, l'ignorer faussement et chercher quelquechose à chercher.

Pas les yeux
pas les yeux
non pas encore
ça sera foutu
pas maintenant
j'ai même pas encore
enfermé la porte
la main sur la poignée
oui pendant quelques heures encore
non c'est trop court

Elle entendit une oreille se faire lacher et lui lui dire:

"Alors?
- Alors quoi?
- Bah pourquoi tu fais ça?"

Elle ferma ses deux paupières, rapidement et plusieurs fois à la suite. La lampe de chevet en elle venait de trembler.

"Pourquoi tu veux que je me mette à parler, comme ça, comme si c'était aussi facile que de torturer un
bourreau? Je vois pas pourquoi je me mettrais à parler, à sortir des phrases banales sur l'incompréhension de l'autre, sur le désir de voir une nuit s'effacer un mystère de plus, au chaud dans ta bouche, alors que moi je me les pèle comme en 39-18, non mais sans blague, c'est-y pas permis d'offusquer le silence en en faisant moins que lui, parce que c'est déjà bien balèse Blaise, alors pourquoi me faire collectionner les "alors" et en voulant me faire concourir pour la Today's Longest Phrase à l'aise Thérèse, genre "même l'ex-dragon, le Stoker et l'hymne aux bateaux réunis ils me batteront pas à cette espèce d'essai logophagique rétroplastifié trouvé dans un bouquin sur le reverse engineering appliqué à la tourte vosgienne au ragondin névrotique et au sel non raffiné et déicide, amoureusement mitonnée par Framboisier des Musclés sur Un Nerf d'Accord d'Oignons en rang d'oignons, hein, c'est pour ça que tu vazéviens entre demain et après-demain, sans jamais me dire quoi?
- ..Quoi??"

Il laissa tomber lourdement, et le poids des mots sombra dans l'Oubli.

" Ecoute, je me suis planté d'entrée. C'est pas celle-là, c'est celle d'après. Et arrêtes ton numéro de
fomnambule surréaliste, j'aime bien. Et le réveil risque d'être très douloureux.
- Trente-et-un mots, pas mal. *CLAP CLAP CLAP*
- Prends ton manteau on s'en va."

Ce qu'il fit, ce qu'ils firent.

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