12.04.2005
( Turn Off The Dark )
- need a light again? -
J'ai des cauchemars à ne plus savoir qu'en hurler, des images avec une vie propre, épouvantes inclassables dans des recoins désertés.
J'ai peur parfois. Des murs qui s'effacent, des plafonds qui ruisellent, des regards dans l'obscurité.. Sans doute irrationnel. Mais bon, c'est là.
Bref.
Dormons.
23:25 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (4)
08.04.2005
( Burn, Baby, Burn )
- need a light ? -
On en a noyé des cadavres
pour en arriver là
on s'en est brisé des eaux
fatigués des luxures
des retournements de situation
et des LAUGH - APPLAUSE
à n'en plus finir
de mourir d'ennui
On en a brisé
de ces murs qui nous retenaient
comme autant de voiles de cristal
que la schizophrénie naissante
érigeait en son palais
on les a fracassés
même à terre en mille éclats
pour nous laisser une chance d'oublier
nos reflets qui nous divisent
nous tiennent écartés au col
de toute parlementation
On a continué
après ça
on y est allé au briquet
et à la peinture au combustible
on les as fondus
fondus
au milieu de leurs frères
aux identités éparses
nous devions gommer les aspérités
lisser les tranchants
encourager les guérisons des articulations
on devait donc brûler
brûler le sol en-dessous
pour les engloutir dans le sol en fusion
le sol se rongeant lui-même
ah la belle folie désespérée
On aurait incendié le feu si ça avait été possible
on serait allé
au bout de toutes les possibilités
de ses désirs qui nous ont crispés
et qui nous hantent depuis lors
comme des balles
qui rebondiraient toujours plus fort
pauvre petite caboche cabossée de l'intérieur
pauvre petit crâne
tu crains
tu ressembles fort à quelque chose
qui aurait vécu
simplement
avec quelques hauts et de nombreux bas
des espoirs emberlificotés
des rêves irréalisables
des années passées à se gâcher
une superbe rutilante machine
à se broyer l'intérieur
corps et âme
en lambeaux tenant juste par la crasse collante
des grands jours d'enfermement.
22:59 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
03.04.2005
( Décerbéré )
- nocturne jusqu'à 4h30 -
Un peu d'or
au creux des paupières
que le sommeil n'atteint plus
Un peu de plomb
le long des veines
que l'histoire a oublié
Trois cents tonnes
de premiers de la classe
revues à la baisse
lors des extraordinaires sessions
des choeurs en sourdine
Trois cents tonnes
d'ailes hors du plomb frissonnant
alors
que des milliers attendent à nos portes
hantant les moindres recoins
de nos cigarettes
à peine entamées
à peine lancées
dans leurs oeuvres bienfaisantes
de mathématiciennes du vide
adeptes de nos envies de rien
de consolations déjà frustrées
alors que nos pas n'ont pas vingt secondes d'âge
juste de quoi
assurer la relève future
même génération même erreur
même vanité même fierté
et ces milliers
qui martèlent à nos portes
de leurs poings blessés
de leurs doutes insoutenables
leur donnera-t-on une chance?
un havre de paix leur sera-t-il réservé?
ou une poignée d'entre eux
souhaitera notre disparition?
nos champs en friche
les poignées de coquelicots
empêchent les véritables actes
leur douceur enfin achevée
fera des autres
des bêtes en chasse de silence
de silence
sous nos yeux éblouis
et les ongles tremblants.
Nous n'y croyons pas.
Ce n'est pas elle.
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25.03.2005
( Unrepoplonducal )
12:16 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
21.03.2005
( Craquement De Plancher )
- searching o'cedar directory.. missing -

23:00 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
18.03.2005
( Cènes De Ménage - bis )
A force de lanciner, d'apather les étourneaux en folles farandoles, de parler à la nuit, de vouloir inscrire sur les murs des kilomètres d'insultes à la face du monde, on vient forcément par se mettre à glisser sur le sol rectiligne et rêche des si belles ornementations poussiéreuses de notre ô combien grande syphillisation, de vouloir y planter un transgalactique marteau-piqueur chauffé à blanc et de perpétrer un viol haineux. Si tu savais combien je te hais, objet tentaculaire, contagieux et pestiféré, si tu savais.. J'assisterai dans un calme désespoir à la fin de ta méprisable existence. Puisses-tu t'apercevoir trop tard que tu te ronges les entrailles depuis ta naissance, tes plaies purulentes te vidant doucement de tes dernières lueurs.
00:42 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
( Cènes De Ménage )
Alors, tu grésilles? Tu flambes sous ton pull et tu comptes les voluptes? Tu t'en sors de ta postlyse? "Rien à voir", tu parles. Tu sens la menthe à des millions de bornes à la ronde, tes ongles s'effeuillent comme ma peau en automne, et tu voudrais que je trouve ça normal? Dégage.
00:25 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (4)
( Promenade Bucolique )
Les bras à travers les poches, les mains menottées par rien, je me suis approché du trou. Le vieux plancher pourri par l'humus faisait peur à voir. En bas, on pouvait voir une de tes jambes qui s'éloignait, inerte, tirée vers l'obscurité. Je suis tombé vingt fois, mourant, agonisant, en même temps que le sol.
00:20 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
13.03.2005
( Trois Heures Quarante-Quatre )
14:05 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (3)
07.03.2005
( Spasfon )
- c'est c'fond-là -
L'ascension,
le long des colonnes de verre
qui ruinent le vide,
là où on les attend le moins
l'ascension
qui dure des siècles,
des siècles à se laisser flotter
le regard vers le haut
vers la petite lumière,
intermittent spectacle
qui burine la rétine
et le désir
vite
plus vite
porte-moi là-haut
j'en peux plus
allez grouille
..le désir
l'inaccessible et fausse étoile
et alors
arrivé là-haut
hein
une fois sous la lumière du spot
tu vas en faire quoi
de ton désir
tu vas en faire un ballon
et jouer au foot?
tu vas en faire un collier
et te l'encoller?
ou tu vas l'abandonner
comme on vomit une vilaine cuite
la fosse nasale noyée
de cadavres non identifiables
s'accrochant
avec la force du réfectoire
aux barrières
retenant le public applaudissant?
ton désir en gerbe claquée
contre les fondations du Paradis
des sueurs froides plein l'échine
le blanc de l'oeil perdu en Mer de Chine
les membres tremblants
d'un manque sans objet,
dépouillé de l'âme,
tu n'arrives plus qu'à tituber
avec ce corps qui n'est plus le tien,
tu ne t'attaches plus aux mêmes couleurs,
les parfums des femmes
troublent avec la force d'un rien,
leurs douceurs ont le goût de l'azote tiède,
tu recherches maintenant
une nouvelle étincelle
un dernier miroitement,
pour garder les poumons alertes
les pompes à air déshumanisé,
un dernier soubresaut
à la queue-leu-leu des désirs dévorés,
des ongles gratuits et illimités,
voilà tout ce que tu recherches
tu as juste envie de quelquechose
à moissonner,
à percer,
à raboter,
à élimer,
à tailler,
à élaguer,
à dépecer,
à triturer,
à autopsier,
à vif
dont les douleurs
t'apprendraient beaucoup
sur les autres
peut-être sur toi
mais de toi
tu t'en fous
tu préfères tes dents
elles hurlent implacablement
leur déchirure ventrale,
ces Harpyas affamées
peuplées d'immenses gouffres,
c'est tout leur maître
ça
c'est presque mignon ta monstruosité
à force
on se demanderait même
qui a enfanté qui
le même silence,
la même paleur grisâtre,
les mêmes tremblements
qui secouent yeux comme comme
une fosse commune de mourants
à toi tout seul
avec l'horreur
à l'intérieur
ramasse tes ailes maintenant,
on remonte vers la cave.
19:03 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
28.02.2005
( Electrocushion )
23:05 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
24.02.2005
( Noyade Dans Une Voix )
- gentlemen, fasten your belts -
Il neige encore.
il neige souvent ces temps-ci
sur les rues désertes
l'avant-dernière caravane a quitté la ville
hier
avec nos parents
nous partirons normalement
ce soir
pour ne pas mettre trop de distance entre
eux et nous
et pour en finir avec nos bien-aimées ruines
nous nous souviendrons longtemps
des longs couloirs et des salles privées
du Musée
elle me sourit tandis qu'on remplit
les derniers sacs.
alle m'appelle.
21:42 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (3)
21.02.2005
( Et Des Poussières )
- merci de ne pas nourrir les vers par la racine -

00:20 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
( Minuit Moins )
On s'est essoufflé et on a reprit son souffle. On a démonté les canalisations et on en a fait le tour. Mais je ne veux pas que la nuit passe aussi vite.
00:00 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
( Minn.. Minuit Et Des Poussières )
On empile la date suivante sur la précédente. On ne les utilisera plus, donc on gagne de la place. Je te réexplique?
00:00 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
16.02.2005
( Rha Tais-Toi Un Peu )
- nous n'avons fait que.. non rien -
Tu connais ces moments incendiés
ceux de la chair de nos nerfs
apaisés par l'écorce des oriflammes
qui s'enfuient
timides
sous le clair feu de camp
Tu connais ces moments
par coeur
tu les as vécus
avec tous les autres
enlevés eux aussi
de leurs soutes sans confort
de clandestins rapatriés
vers une mort sûre
vers le petit nuage d'amande
Ces instants mortels
tu les as encore en mémoire
ne fais pas semblant d'avoir oublié
on ne mime pas le chaos
on feint pas la destruction
ni ne l'enterre
on la croise comme ça
dans le rue
sur le même trottoir
souvent
alors qu'en réalité il n'en est rien
on se rappelle toujours les mauvais coups
alors les paupières
qui tapissent le fond de tes yeux
qui détournent la lumière
et en font une loupe amère
à peine vivante
ouvre les yeux de tes yeux
sacrifie ton confort psychique
à l'analyse de tes actes manqués
qu'est-ce qui a pu te mener là?
à voir tes compagnons
à écouter tes compagnes
se faire le chaîner le dos
et les membres
gémir implorant pour qu'un rai
transluce la cage
pourquoi en es-tu arrivée là?
les images sont encore fraîches
il faut attendre
que ça durcisse
elle est trop jeune cette image
trop sage oui
incapable de penser par elle-même
impossible de lui faire confiance
c'est comme faire confiance
à un chef de gare
c'est impossible
bon
ces moments napalmés
alors
que t'en reste-t-il aujourd'hui?
une grimace liquéfiée sur le menton
un crayon qui goutte?
il te reste au moins
à ne pas répondre.
19:02 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (3)
18.01.2005
( Quelques Particules De Poussière Entre Les Dents )
Passer à autre chose. Vite. Déposer un voile par-dessus tout ça et revenir à une réalité sotte. Bon. Cette latte déformée dans le coin de la pièce.. Le plancher sourit.
00:08 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
09.01.2005
( Message De L'Intérieur )
- port du casque conseillé -
Qu'on m'emporte
au retour des survivants
qu'on l'exile
si le jour refuse de s'effondrer
j'irai voir l'ailleurs
s'il est aussi bien qu'on le raconte
dans les auberges de vieillesse
dans les murs des caveaux occupés
dans ma tête de décervelé
où on s'est enfermé
c'est calme d'ailleurs
ici
on discute
on gambade
on sautille
on trépigne
en joie ou en rage
ça dépend du coloris
on monologue à plusieurs
mais on s'écoute quand même
hein
on se comprend
et c'est déjà pas mal
mais là
quelques-uns commencent
à trop se ressembler
je ne sais plus trop
qui est qui
qui fait quoi
et "où t'as mis mon omoplate"
et "rends-moi mon profil psychiatrique"
etc
ça devient usé
on se parle encore
mais moins qu'avant
les cernes guettent
tandis que les guetteurs cernent
on est presque obligé de rester
contraint d'être bien
contrait de nous supporter
de nous faire la conversation
de se la jouer anticipation
sur des centaines de sujets voisins
sans consistance
à supposer
et à supposer encore
en incluant d'autres suppositions
ça n'en finit pas
le service est débordé
mais on gère
ça va
je ne finirai pas
au Regrettoir Nord
à ruminer des chansons mortes
et à laisser infuser
ma lobotomie
on finit par s'habituer à soi-même
c'est étrange mais agréable
puisqu'on se connaît depuis si longtemps
pourquoi continuer à être méfiant?
on a juste tellement d'incertitudes
à commencer par
l'incertitude elle-même
et ses variations
mais ses variations
justement
ne varieraient-elles pas non plus?
et selon quels critères?
eux-mêmes sont-ils variables et sûrs?
parfois
ça prend du temps
de la peine
et du désordre
mais
ensuite
tout rentre
dans l'ordre
en file indienne
une bonne file indienne
est une file indienne
non
pas morte
ordonnée
calme
et constante
à l'ancienne
et puis ensuite
on reprend le cours apaisant
des brefs moments ensoleillés
avant de
bref
bon
je vous laisse
il y a quelques voix à faire taire
parfois ils parlent un peu fort
alors on leur raconte
un conte
leurs yeux se ferment pour la nuit
et ils se réveillent
le sommeil
c'est important.
21:47 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
05.01.2005
( Instantané )
- serrez-vous un peu plus, certains ne sont pas dans le cadre -

16:05 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
04.01.2005
( Dans Une Chambre )
- intérieur pâle -
Un bruit après l'autre
tout commence comme ça
en général
un rien
et un rien
et voilà
quelquechose d'un peu plus
comme cette femme
qui ne croyait plus
qui que ce soit
sauf ce qu'on lui racontait
tout bas
au creux de l'oreille
pendant son sommeil orageux
perdues entre quatre songes
et onze personnes lui parlant
en même temps
les mains devant sa bouche
réveil enfiévré
jour aigu entre les rideaux
retour de la perception
de son propre poids
de sa peau molle et flasque
et des ombres hallucinatoires
qui disparaissent trop vite
vite
retrouver le contact avec le réel
radio
petit-déjeuner
chaussons oubliés
c'est moi ou il fait froid
c'est moi
robe de chambre
bol
chicorée
casserole
eau
bouillir
pain
confiture
plus bas la radio
la surface du cerveau qui tremble
qui vibre presque
cuillère
confiture
tartine
chat
porte
dehors
nuit
nuit
mais
pas de chat
pas de chaussons
pas de chez soi
des réveils ailleurs
entre les quatre murs sales d'une arrière-cour
une route tout ce qui a de national derrière
pas ses habits
pas ses mains
elle n'a jamaisvu ses mains
c'est aujourd'hui qu'elle s'en rend compte
elle ne se connaît pas
ne veut pas risquer de ne pas reconnaître
le timbre familier de sa voix inconnue
nuit
pas faim
air tiède
mais comme s'il était enfermé
les sons assourdis de l'extérieur
enfermée
sous verre
pour la convenance de quelques curieux
attentifs à son comportement
revenu d'entre les cauchemars
pour en revenir à un autre
mais il n'y a rien à regarder
la confusion et la distance
exagérément réalistes des choses
la noie dans un abandon implacable
ce n'est pas elle
puis elle rentre
ferme la porte
et cherche un lit qu'elle trouvera
à la bonne place
ce n'est pas elle
dans une chambre
qui n'est pas à elle
dans cette maison vide et étrangère
aux rideaux à peine froissés.
22:38 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
01.01.2005
( Coïncidence )
- les retours sont lents -
Ca commence à tomber. Les premiers cris dans la tempête avancent vers le phare, ricochet par ricochet, à la visance d'un mort au galop. Des gouttes en suspend devant moi, j'ai réfléchi à tes silences, à ta façon de courber les murs du dos de la main, de cacher ta pâleur dans les draps, de.. quelques autres choses encore, mais je n'ai pas vraiment avancé. Réfléchir, c'est déjà un début, je n'avais pas à voir ces gestes, après tout, chacun ses morts minuscules, chacun ses jeux de funambule, on n'en est plus là, on arrive à passer outre avec les heures à côté de nous pour tuer le temps. On lançait des briques dans le ventre des pigeons malade, on piégeait les roues arrière de tessons de bouteilles, on montait sur le toit de notre voiture, on explosait des imaginaires le long du torrent en bas de la route. Mais ces gestes-là, non, mauvais enchaînement de personnes, coïncidence bien trop hasardeuse pour ne pas fissurer les rotules et liquéfier tout le reste.
La tempête se calme, le vent s'enfuit, les pendues retombent lourdement dans l'herbe, la corde pourrie.
23:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
31.12.2004
( Derniers Soupirs Avant Fermeture Définitive )
- veuillez vous diriger -
Quelques fois
les murs tremblent
les fondations se la jouent
échangistes d'une heure
les portes volent
les fenêtres claquent
et sous les tuiles
des yeux fixes
transpercent la réalité
et ses kilomètres de mensonge
Ils n'ont jamais su
que les yeux les écoutaient
les disséquaient intensément
studieusement à contre-temps
en comptant sur ses doigts
noircis de sang et de cendres
les heures
les minutes
et les secondes
de la fin de la joute
où il prendra enfin son tour
le dernier.
12:55 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
29.12.2004
( Le Cercle Polaire Arthritique )
- des os dans la moëlle -
Le murmure
le grondement lointain
souterrain des moteurs
des pneus sur les rues défoncées
les ombres rapides
au bout des avenues kilométrées
le sodium ronflant dans nos veines
sans émersion possible
tu le manges
ou on te le fait avaler
ton Na
et pas de manière
c'est comme ça
c'est pour tout le monde pareil
alors on se réfugie
entre quatre murs
quatre yeux
et un miroir entre les deux
"Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire"
pour en arriver là
rien,
justement
rien
il a simplement suffi
de suivre le courant
pour s'annihiler les plombs
et faire en sorte
que ça "aille"
que ça "fasse aller"
pour reprendre nos si délicieuses
expressions dénaturantes
et à la pointe de l'en-blême
Ha et ce sodium
ouvrez les yeux
laissez l'orange vous bander le moral
vous masquer le rouge brique crasseux
que vous croisez tôt le matin
et qui vous empoisse le sang
jusqu'à en devenir crayeux
arthritique et raviné avant l'heure
laissez-vous embaumer
de son atmosphère tiède
et calme
sans lendemain ni refrain
14:38 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (1)
27.12.2004
( Time Has Come )
- et un rien en avance -
Nos silences entre nos mains
valaient plus que tout l'air
de ce monde
Des scintillements
au milieu de nos fronts
des mouvements
imperceptibles et cachés
cela ils ne l'auront pas
Cette liberté que nous avions
à ne plus nous décrire
comme un guide muséeux
à ses clients péripathétiques et assoiffés
l'aurait fait sans goût
avec beaucoup de ventre
et des brouettes de pâle
cette liberté restera à jamais
pour nous neuls.
Plus un seul mot, seuls au vertige,
et une autre lumière nous trahissaient.
Tout cela était, est et sera. Ce discret partage, cet évènement au compte-gouttes, cela nous restera unique. Il y en aura d'autres, uniques à leur tour, jamais semblables ou comparables.
Voilà notre Heur, notre doux et délicieux Heur.
20:35 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
23.12.2004
( Pause Pique-Nique )
- bicyclettes dans les fougères -
Ca faisait longtemps
n'est-ce pas
qu'on ne s'était pas
redressé
pour regarder le chemin parcouru
et se regarder de l'intérieur
cette sensation bizarre
malsaine et confortable
d'une chute
dans des gouffres successifs
en regardant le sol
se rapprocher
de plus en plus vite
jusqu'à ce que
à sept millimètres du sol
compact et froid
on s'arrête
suspendu immobile tête en bas
les yeux écarquillés
une bande-dénonce dans le crâne.
21:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
21.12.2004
( Plus De Peur )
- soudain tout est plus clair -
Je regarde autour de moi et ne trouve que du bitume jusqu'à l'horizon.
Hier soir, dans ce demi-sommeil que j'adore, j'ai clairement entendu dans ma tête une voix féminine qui me disait:
"Xxxxxxxxxxx? ..N'entre pas dans la cuisine! ..Xxxxxxxxxxx !!!"
Surpris de l'avoir entendue alors que mes pensées restaient un peu constructives, j'ai ouvert les yeux sur le plafond, une poignée de rayons au sodium le décoraient, puis, tournant la tête j'ai observé la cuisine vide, presque déçu. J'ai alors regardé dehors, au cas où, mais personne sur le toit de l'immeuble voisin, et rien en vol stationnaire à six étages au-dessus du sol. Mais j'ai eu peur de croiser du regard l'Ombre immobile, cette silhouette avaleuse de lumière, plus noire que les entrailles des abysses qui rôdent aux portes de la folie.
Le plus tard possible.
00:30 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
14.12.2004
( Blanc )
- plus blanc que blanc -
Des traits face au vent
des dérèglements dans les courbes
avant de rebrousser chemin
et admettre l'Indivisible
le Sournois Obligatoire
entre nos phalanges éclatantes
de si peu d'ivresse
et d'irrégulière attente
Des traits à contre-courant
tandis que nous nous laissions
emportés par le silence
la foule et les meubles
des meubles, ici
on aurait tout vu
les couches de glace à peine éclose
sur les lèvres des rêveuses en rage
ça oui
sans problème
mais l'absence se fait sentir
elle pompe chaque veine de mes poumons
et m'abonne au Demi-Royaume
des éclairés autoproclamés
Exsangue
ha, la sangsue
je me manque
je ne me retrouve pas
de minuscules morceaux
par-ci par-là
de grands espaces vides
à peupler
tout ce blanc
où que l'on regarde
tout ce blanc..
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09.12.2004
( Un Peu De Froid )
- une liqueur de laine, s'il-vous-plaît -

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08.12.2004
( L'Inauguration )
- écartez-vous des portes voyons -

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06.12.2004
( Petit Tableau )
- prenez vos tablettes -

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