Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12.04.2005

( Turn Off The Dark )

- need a light again? -

J'ai des cauchemars à ne plus savoir qu'en hurler, des images avec une vie propre, épouvantes inclassables dans des recoins désertés.
J'ai peur parfois. Des murs qui s'effacent, des plafonds qui ruisellent, des regards dans l'obscurité.. Sans doute irrationnel. Mais bon, c'est là.

Bref.

Dormons.

..gene page - blacula ost - blacula (the stalkwalk

08.04.2005

( Burn, Baby, Burn )

- need a light ? -

On en a noyé des cadavres
pour en arriver là
on s'en est brisé des eaux
fatigués des luxures
des retournements de situation
et des LAUGH - APPLAUSE
à n'en plus finir
de mourir d'ennui

On en a brisé
de ces murs qui nous retenaient
comme autant de voiles de cristal
que la schizophrénie naissante
érigeait en son palais
on les a fracassés
même à terre en mille éclats
pour nous laisser une chance d'oublier
nos reflets qui nous divisent
nous tiennent écartés au col
de toute parlementation

On a continué
après ça
on y est allé au briquet
et à la peinture au combustible
on les as fondus
fondus
au milieu de leurs frères
aux identités éparses
nous devions gommer les aspérités
lisser les tranchants
encourager les guérisons des articulations
on devait donc brûler
brûler le sol en-dessous
pour les engloutir dans le sol en fusion
le sol se rongeant lui-même
ah la belle folie désespérée

On aurait incendié le feu si ça avait été possible
on serait allé
au bout de toutes les possibilités
de ses désirs qui nous ont crispés
et qui nous hantent depuis lors
comme des balles
qui rebondiraient toujours plus fort
pauvre petite caboche cabossée de l'intérieur

pauvre petit crâne

tu crains

tu ressembles fort à quelque chose
qui aurait vécu
simplement
avec quelques hauts et de nombreux bas
des espoirs emberlificotés
des rêves irréalisables
des années passées à se gâcher
une superbe rutilante machine
à se broyer l'intérieur
corps et âme
en lambeaux tenant juste par la crasse collante
des grands jours d'enfermement.

..david holmes - explosive corrosive joseph

03.04.2005

( Décerbéré )

- nocturne jusqu'à 4h30 -

Aspegic LandscapeUn peu d'or
au creux des paupières
que le sommeil n'atteint plus

Un peu de plomb
le long des veines
que l'histoire a oublié

Trois cents tonnes
de premiers de la classe
revues à la baisse
lors des extraordinaires sessions
des choeurs en sourdine

Trois cents tonnes
d'ailes hors du plomb frissonnant
alors
que des milliers attendent à nos portes
hantant les moindres recoins
de nos cigarettes
à peine entamées
à peine lancées
dans leurs oeuvres bienfaisantes
de mathématiciennes du vide
adeptes de nos envies de rien
de consolations déjà frustrées
alors que nos pas n'ont pas vingt secondes d'âge
juste de quoi
assurer la relève future
même génération même erreur
même vanité même fierté

et ces milliers
qui martèlent à nos portes
de leurs poings blessés
de leurs doutes insoutenables

leur donnera-t-on une chance?

un havre de paix leur sera-t-il réservé?

ou une poignée d'entre eux
souhaitera notre disparition?
nos champs en friche
les poignées de coquelicots
empêchent les véritables actes
leur douceur enfin achevée
fera des autres
des bêtes en chasse de silence
de silence
sous nos yeux éblouis
et les ongles tremblants.

Nous n'y croyons pas.

Ce n'est pas elle.

..boom bip - first walk (peel session version

25.03.2005

( Unrepoplonducal )

Voir ce poisson agoniser, en lents spasmes, à la surface du canal m'a ralenti la respiration. A-t-on vraiment une raison d'être? Je veux dire que l'on est procréé, que l'on nous a voulu (en général, quoique cela reste à prouver), et que l'on se retrouve suffoquant d'exister au beau milieu de ce rassemblement aux relents de dictatures insidieuses. Est-ce vraiment là tout ce qu'on pouvais espérer? Je contemple les fondations fissurées avec un sourire plein d'effroi.


..minnie ripert - inside my love

21.03.2005

( Craquement De Plancher )

- searching o'cedar directory.. missing -

Et une poignée de Petits Pimousses chaud dans la poche.

Je souffle sur ta peau des relents d'histoires mortes, je détruis les rêves en cloque de cauchemars éveillés, la nuit hurle au meurtre quand j'attend un miracle qui ne viendra jamais, les sens en sourdine je soustrais les heures au jour qu'il me reste.


..dr auratheft - bam bam mix

18.03.2005

( Cènes De Ménage - bis )

A force de lanciner, d'apather les étourneaux en folles farandoles, de parler à la nuit, de vouloir inscrire sur les murs des kilomètres d'insultes à la face du monde, on vient forcément par se mettre à glisser sur le sol rectiligne et rêche des si belles ornementations poussiéreuses de notre ô combien grande syphillisation, de vouloir y planter un transgalactique marteau-piqueur chauffé à blanc et de perpétrer un viol haineux. Si tu savais combien je te hais, objet tentaculaire, contagieux et pestiféré, si tu savais.. J'assisterai dans un calme désespoir à la fin de ta méprisable existence. Puisses-tu t'apercevoir trop tard que tu te ronges les entrailles depuis ta naissance, tes plaies purulentes te vidant doucement de tes dernières lueurs.

..the mars volta - take the veil cerpin taxt

( Cènes De Ménage )

Alors, tu grésilles? Tu flambes sous ton pull et tu comptes les voluptes? Tu t'en sors de ta postlyse? "Rien à voir", tu parles. Tu sens la menthe à des millions de bornes à la ronde, tes ongles s'effeuillent comme ma peau en automne, et tu voudrais que je trouve ça normal? Dégage.

..the mars volta - psycatollz

( Promenade Bucolique )

Les bras à travers les poches, les mains menottées par rien, je me suis approché du trou. Le vieux plancher pourri par l'humus faisait peur à voir. En bas, on pouvait voir une de tes jambes qui s'éloignait, inerte, tirée vers l'obscurité. Je suis tombé vingt fois, mourant, agonisant, en même temps que le sol.

..the mars volta - eunuch provocateur

13.03.2005

( Trois Heures Quarante-Quatre )

- le sommeil guette -

.

C'est de la brusque folie, tout ce qu'on évacue. De la prudente observation aux réactions à chaud, à vif, le cul vissé sur un volcan au bord de la crise de la trentaine, c'est de la simple folie. Entendons-nous bien: nos oreilles ne comprennent pas ce que les bouches disent. Makache. On prêche les introvertis, qui eux sont sûrs de leurs croyances et de leurs exigences, mais introvertis ils sonts, alors on continue à les sermonner, à les tenter de se noyer dans des paroles vides où ne règnent que l'appât, la cupidité et l'orgueil. C'est ennuyeux comme c'est ennuyeux.. Sera-t-on forcé, toute se vie durant, à subir ces assauts toujours plus nombreux, sournois, des paroliers en crépon qui veulent nous inculquer l'essence de l'existence? Qu'ils remâchent leur foie noirci, qu'ils repartent vers les terres blessées de leur enfance, qu'ils constatent l'inutilité de leurs petits commerces face à une sensibilité pour toujours étrangère à leurs yeux. Ne cherchez plus à comprendre, bon sang. Il y a là des planètes entières en train d'être découvertes pudiquement, et ce n'est certainement pas de la conquête. La conqu^^ete, elle n'est que l'organe qui guide hormonalement vos intentions, vos méthodes, vos objectifs. Nous ne sommes pas dans l'un ou l'autre de vos bocaux, le cerveau dans un bocal à la vue de laborantins curieux de nos si singuliers agissements, nous ne sommes pas des curiosités sirotant du Vian entre deux Kubrick, nous n'épanchons pas nos âmes en diarrhées parfumées. Nous hurlons par tous nos pores le pourrissement, la nécrophilie et le cannibalisme de ce monde en cours de défection. Nous nous sommes abandonnés, il n'y a plus de conte pour nous sauver. Nous hurlons à la folie contre vos murailles de toute la force de nos étreintes.


..yoko shimomura - street fighter tribute - dhalsim stage

07.03.2005

( Spasfon )

- c'est c'fond-là -

Asseyez-vous et respirez. Tout devrait aller pour le mieux.L'ascension,
le long des colonnes de verre
qui ruinent le vide,
là où on les attend le moins
l'ascension
qui dure des siècles,
des siècles à se laisser flotter
le regard vers le haut
vers la petite lumière,
intermittent spectacle
qui burine la rétine
et le désir
vite
plus vite
porte-moi là-haut
j'en peux plus
allez grouille
..le désir
l'inaccessible et fausse étoile


et alors
arrivé là-haut
hein
une fois sous la lumière du spot
tu vas en faire quoi
de ton désir
tu vas en faire un ballon
et jouer au foot?
tu vas en faire un collier
et te l'encoller?
ou tu vas l'abandonner
comme on vomit une vilaine cuite
la fosse nasale noyée
de cadavres non identifiables
s'accrochant
avec la force du réfectoire
aux barrières
retenant le public applaudissant?
ton désir en gerbe claquée
contre les fondations du Paradis
des sueurs froides plein l'échine
le blanc de l'oeil perdu en Mer de Chine
les membres tremblants
d'un manque sans objet,
dépouillé de l'âme,
tu n'arrives plus qu'à tituber
avec ce corps qui n'est plus le tien,
tu ne t'attaches plus aux mêmes couleurs,
les parfums des femmes
troublent avec la force d'un rien,
leurs douceurs ont le goût de l'azote tiède,
tu recherches maintenant
une nouvelle étincelle
un dernier miroitement,
pour garder les poumons alertes
les pompes à air déshumanisé,
un dernier soubresaut
à la queue-leu-leu des désirs dévorés,
des ongles gratuits et illimités,
voilà tout ce que tu recherches
tu as juste envie de quelquechose
à moissonner,
à percer,
à raboter,
à élimer,
à tailler,
à élaguer,
à dépecer,
à triturer,
à autopsier,
à vif
dont les douleurs
t'apprendraient beaucoup
sur les autres
peut-être sur toi
mais de toi
tu t'en fous
tu préfères tes dents
elles hurlent implacablement
leur déchirure ventrale,
ces Harpyas affamées
peuplées d'immenses gouffres,
c'est tout leur maître
ça
c'est presque mignon ta monstruosité
à force
on se demanderait même
qui a enfanté qui
le même silence,
la même paleur grisâtre,
les mêmes tremblements
qui secouent yeux comme comme
une fosse commune de mourants
à toi tout seul
avec l'horreur
à l'intérieur


ramasse tes ailes maintenant,
on remonte vers la cave.

..sébastien schuller - electroshead

28.02.2005

( Electrocushion )

- mets de l'huile -

Installez-vous confortablement.Retirer millimètre par millimètre les doigts de la prise.

Sentir comme les nerfs vibrent autour et dans l'os.

Connaître le dernier bout de peau sous tension avant la mort du flux.

Ouvrir un peu la fenêtre.

..cinematic orchestra - all that you give

24.02.2005

( Noyade Dans Une Voix )

- gentlemen, fasten your belts -

medium_noyade_dans_une_voix.jpgIl neige encore.
il neige souvent ces temps-ci
sur les rues désertes
l'avant-dernière caravane a quitté la ville
hier
avec nos parents
nous partirons normalement
ce soir
pour ne pas mettre trop de distance entre
eux et nous
et pour en finir avec nos bien-aimées ruines
nous nous souviendrons longtemps
des longs couloirs et des salles privées
du Musée

elle me sourit tandis qu'on remplit
les derniers sacs.
alle m'appelle.

..korn - no place to hide

21.02.2005

( Et Des Poussières )

- merci de ne pas nourrir les vers par la racine -

Et au milieu des poussières, ..

Des poussières plein les mains. On remue un peu de vieux papiers enfouis derrière le cartons aux souvenirs au onzième sous-sol du phare, on se prend à retrouver l'existence du locataire précédent. Photos, coupures de presse, un vieil Almanach de 1956, des boites d'allumettes collées ensemble et remplies de petits objets, une rose des sables amochée, des lettres jaunies écrites par la main d'une femme.. Un trésor qui ne m'est pas destiné et que je dévore. Des yeux, des doigts ensuite, et enfin du coeur.


..dj cam - et dieu reconnaîtra les siens

( Minuit Moins )

On s'est essoufflé et on a reprit son souffle. On a démonté les canalisations et on en a fait le tour. Mais je ne veux pas que la nuit passe aussi vite.

..backini - where are you

( Minn.. Minuit Et Des Poussières )

On empile la date suivante sur la précédente. On ne les utilisera plus, donc on gagne de la place. Je te réexplique?

..bonobo - magic man

16.02.2005

( Rha Tais-Toi Un Peu )

- nous n'avons fait que.. non rien -

Un vase, et dans ce vase, un autre vaseTu connais ces moments incendiés
ceux de la chair de nos nerfs
apaisés par l'écorce des oriflammes
qui s'enfuient
timides
sous le clair feu de camp

Tu connais ces moments
par coeur
tu les as vécus
avec tous les autres
enlevés eux aussi
de leurs soutes sans confort
de clandestins rapatriés
vers une mort sûre
vers le petit nuage d'amande

Ces instants mortels
tu les as encore en mémoire
ne fais pas semblant d'avoir oublié
on ne mime pas le chaos
on feint pas la destruction
ni ne l'enterre
on la croise comme ça
dans le rue
sur le même trottoir
souvent
alors qu'en réalité il n'en est rien
on se rappelle toujours les mauvais coups
alors les paupières
qui tapissent le fond de tes yeux
qui détournent la lumière
et en font une loupe amère
à peine vivante
ouvre les yeux de tes yeux
sacrifie ton confort psychique
à l'analyse de tes actes manqués
qu'est-ce qui a pu te mener là?
à voir tes compagnons
à écouter tes compagnes
se faire le chaîner le dos
et les membres
gémir implorant pour qu'un rai
transluce la cage
pourquoi en es-tu arrivée là?
les images sont encore fraîches
il faut attendre
que ça durcisse
elle est trop jeune cette image
trop sage oui
incapable de penser par elle-même
impossible de lui faire confiance
c'est comme faire confiance
à un chef de gare
c'est impossible
bon
ces moments napalmés
alors
que t'en reste-t-il aujourd'hui?
une grimace liquéfiée sur le menton
un crayon qui goutte?
il te reste au moins
à ne pas répondre.

..oosoul - new afro

18.01.2005

( Quelques Particules De Poussière Entre Les Dents )

- passons au grenier -

Silence entre les mots. Silence entre les ombres. Les doigts croisés sur la couverture de l'album de famille, il se souvient des photos qui y étaient rangées. Le voile mince du papier de soie, le verrou disloqué sur la couverture, l'odeur du plastique qui se décompose et les mains qui tremblent.

Passer à autre chose. Vite. Déposer un voile par-dessus tout ça et revenir à une réalité sotte. Bon. Cette latte déformée dans le coin de la pièce.. Le plancher sourit.


..james mercer - when i goosestep

09.01.2005

( Message De L'Intérieur )

- port du casque conseillé -

medium_message_de_l_interieur.jpgQu'on m'emporte
au retour des survivants
qu'on l'exile
si le jour refuse de s'effondrer
j'irai voir l'ailleurs
s'il est aussi bien qu'on le raconte
dans les auberges de vieillesse
dans les murs des caveaux occupés
dans ma tête de décervelé
où on s'est enfermé
c'est calme d'ailleurs
ici
on discute
on gambade
on sautille
on trépigne
en joie ou en rage
ça dépend du coloris
on monologue à plusieurs
mais on s'écoute quand même
hein
on se comprend
et c'est déjà pas mal
mais là
quelques-uns commencent
à trop se ressembler
je ne sais plus trop
qui est qui
qui fait quoi
et "où t'as mis mon omoplate"
et "rends-moi mon profil psychiatrique"
etc
ça devient usé
on se parle encore
mais moins qu'avant
les cernes guettent
tandis que les guetteurs cernent
on est presque obligé de rester
contraint d'être bien
contrait de nous supporter
de nous faire la conversation
de se la jouer anticipation
sur des centaines de sujets voisins
sans consistance
à supposer
et à supposer encore
en incluant d'autres suppositions
ça n'en finit pas
le service est débordé
mais on gère
ça va
je ne finirai pas
au Regrettoir Nord
à ruminer des chansons mortes
et à laisser infuser
ma lobotomie
on finit par s'habituer à soi-même
c'est étrange mais agréable
puisqu'on se connaît depuis si longtemps
pourquoi continuer à être méfiant?
on a juste tellement d'incertitudes
à commencer par
l'incertitude elle-même
et ses variations
mais ses variations
justement
ne varieraient-elles pas non plus?
et selon quels critères?
eux-mêmes sont-ils variables et sûrs?


parfois
ça prend du temps
de la peine
et du désordre
mais
ensuite
tout rentre
dans l'ordre
en file indienne
une bonne file indienne
est une file indienne
non
pas morte
ordonnée
calme
et constante
à l'ancienne
et puis ensuite
on reprend le cours apaisant
des brefs moments ensoleillés
avant de
bref

bon
je vous laisse
il y a quelques voix à faire taire
parfois ils parlent un peu fort
alors on leur raconte
un conte
leurs yeux se ferment pour la nuit
et ils se réveillent
le sommeil
c'est important.

..cursive - driftwood

05.01.2005

( Instantané )

- serrez-vous un peu plus, certains ne sont pas dans le cadre -

medium_instantane.jpg

La longue digue. A moitié là, encore. J'ai regardé le rien, le Tout, absorbé et en fuite, je ne voulais pas être là. Ce n'était pas ma place mais celle d'un futur autre qui n'a d'ailleurs pas tardé. C'est difficile et douloureux - car on se déguise dans ces cas-là, on emprunte, on joue, on fausse, on accepte d'être là et ainsi on se nie, bref - de ne pas faire l'inné, le naturel à mach 11, la personne qui ne s'exprime pas comme une personne, de contenir un geyser d'Islande dans un robinet en plomb pour eau chaude à Cergy-Pontoise, c'est atroce, même. Faire attention, car n'étant pas habitué à sa présence, à la voir existeer, là, sous mes yeux. J'ai haï ce moment. Plutôt des baleines blanches flottant dans les rues qu'une demi-solitude mâtinée d'une satisfaction procurée par l'hygiène matérielle de vivre avec quelqu'un d'autre que soi. "Hygiène matérielle". Pouârghl.

..mOOdy - live @ WSUM 25.08.04

04.01.2005

( Dans Une Chambre )

- intérieur pâle -

medium_dans_une_chambre.jpgUn bruit après l'autre
tout commence comme ça
en général
un rien
et un rien
et voilà
quelquechose d'un peu plus
comme cette femme
qui ne croyait plus
qui que ce soit
sauf ce qu'on lui racontait
tout bas
au creux de l'oreille
pendant son sommeil orageux
perdues entre quatre songes
et onze personnes lui parlant
en même temps
les mains devant sa bouche
réveil enfiévré
jour aigu entre les rideaux
retour de la perception
de son propre poids
de sa peau molle et flasque
et des ombres hallucinatoires
qui disparaissent trop vite
vite
retrouver le contact avec le réel
radio
petit-déjeuner
chaussons oubliés
c'est moi ou il fait froid
c'est moi
robe de chambre
bol
chicorée
casserole
eau
bouillir
pain
confiture
plus bas la radio
la surface du cerveau qui tremble
qui vibre presque
cuillère
confiture
tartine
chat
porte
dehors
nuit


nuit


mais


pas de chat
pas de chaussons
pas de chez soi
des réveils ailleurs
entre les quatre murs sales d'une arrière-cour
une route tout ce qui a de national derrière
pas ses habits
pas ses mains
elle n'a jamaisvu ses mains
c'est aujourd'hui qu'elle s'en rend compte
elle ne se connaît pas
ne veut pas risquer de ne pas reconnaître
le timbre familier de sa voix inconnue


nuit
pas faim
air tiède
mais comme s'il était enfermé
les sons assourdis de l'extérieur
enfermée
sous verre
pour la convenance de quelques curieux
attentifs à son comportement
revenu d'entre les cauchemars
pour en revenir à un autre
mais il n'y a rien à regarder
la confusion et la distance
exagérément réalistes des choses
la noie dans un abandon implacable
ce n'est pas elle
puis elle rentre
ferme la porte
et cherche un lit qu'elle trouvera
à la bonne place
ce n'est pas elle
dans une chambre
qui n'est pas à elle
dans cette maison vide et étrangère
aux rideaux à peine froissés.

..nine inch nails - something i can never have (acoustic

01.01.2005

( Coïncidence )

- les retours sont lents -

medium_coincidence.jpgCa commence à tomber. Les premiers cris dans la tempête avancent vers le phare, ricochet par ricochet, à la visance d'un mort au galop. Des gouttes en suspend devant moi, j'ai réfléchi à tes silences, à ta façon de courber les murs du dos de la main, de cacher ta pâleur dans les draps, de.. quelques autres choses encore, mais je n'ai pas vraiment avancé. Réfléchir, c'est déjà un début, je n'avais pas à voir ces gestes, après tout, chacun ses morts minuscules, chacun ses jeux de funambule, on n'en est plus là, on arrive à passer outre avec les heures à côté de nous pour tuer le temps. On lançait des briques dans le ventre des pigeons malade, on piégeait les roues arrière de tessons de bouteilles, on montait sur le toit de notre voiture, on explosait des imaginaires le long du torrent en bas de la route. Mais ces gestes-là, non, mauvais enchaînement de personnes, coïncidence bien trop hasardeuse pour ne pas fissurer les rotules et liquéfier tout le reste.

La tempête se calme, le vent s'enfuit, les pendues retombent lourdement dans l'herbe, la corde pourrie.

..radiohead - ripcord (black sessions '93

31.12.2004

( Derniers Soupirs Avant Fermeture Définitive )

- veuillez vous diriger -

medium_derniers_soupirs_avant_fermeture_definitive.jpgQuelques fois
les murs tremblent
les fondations se la jouent
échangistes d'une heure
les portes volent
les fenêtres claquent
et sous les tuiles
des yeux fixes
transpercent la réalité
et ses kilomètres de mensonge

Ils n'ont jamais su
que les yeux les écoutaient
les disséquaient intensément
studieusement à contre-temps
en comptant sur ses doigts
noircis de sang et de cendres
les heures
les minutes
et les secondes
de la fin de la joute
où il prendra enfin son tour

le dernier.

..soulwax - last christmas

29.12.2004

( Le Cercle Polaire Arthritique )

- des os dans la moëlle -

medium_le_cercle_polaire_arthritique.jpgLe murmure
le grondement lointain
souterrain des moteurs
des pneus sur les rues défoncées
les ombres rapides
au bout des avenues kilométrées
le sodium ronflant dans nos veines
sans émersion possible
tu le manges
ou on te le fait avaler
ton Na
et pas de manière
c'est comme ça
c'est pour tout le monde pareil
alors on se réfugie
entre quatre murs
quatre yeux
et un miroir entre les deux
"Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire"
pour en arriver là
rien,
justement
rien
il a simplement suffi
de suivre le courant
pour s'annihiler les plombs
et faire en sorte
que ça "aille"
que ça "fasse aller"
pour reprendre nos si délicieuses
expressions dénaturantes
et à la pointe de l'en-blême

Ha et ce sodium
ouvrez les yeux
laissez l'orange vous bander le moral
vous masquer le rouge brique crasseux
que vous croisez tôt le matin
et qui vous empoisse le sang
jusqu'à en devenir crayeux
arthritique et raviné avant l'heure
laissez-vous embaumer
de son atmosphère tiède
et calme
sans lendemain ni refrain

..godspeed you! black emperor - gamelan (part 1

27.12.2004

( Time Has Come )

- et un rien en avance -

medium_time_has_come.jpgNos silences entre nos mains
valaient plus que tout l'air
de ce monde

Des scintillements
au milieu de nos fronts
des mouvements
imperceptibles et cachés
cela ils ne l'auront pas

Cette liberté que nous avions
à ne plus nous décrire
comme un guide muséeux
à ses clients péripathétiques et assoiffés
l'aurait fait sans goût
avec beaucoup de ventre
et des brouettes de pâle

cette liberté restera à jamais
pour nous neuls.

Plus un seul mot, seuls au vertige,
et une autre lumière nous trahissaient.

Comment expliquer que c'était au-delà des mots, que le senti et le ressenti étaient tout, absolument tout, qu'essayer de mettre un nom dessus c'était rendre anonyme le Vin de Chaland, brûler la recette de cuisson des pâtes de l'aïeule, d'inventorier les plus plausibles raisons du pourquoi du sourire de Mona Lisa, d'affirmer que le continent de Mû n'a jamais existé!

Tout cela était, est et sera. Ce discret partage, cet évènement au compte-gouttes, cela nous restera unique. Il y en aura d'autres, uniques à leur tour, jamais semblables ou comparables.

Voilà notre Heur, notre doux et délicieux Heur.


..portishead - half day closing

23.12.2004

( Pause Pique-Nique )

- bicyclettes dans les fougères -

medium_pause_pique-nique.jpgCa faisait longtemps
n'est-ce pas
qu'on ne s'était pas
redressé
pour regarder le chemin parcouru
et se regarder de l'intérieur
cette sensation bizarre
malsaine et confortable
d'une chute
dans des gouffres successifs
en regardant le sol
se rapprocher
de plus en plus vite
jusqu'à ce que
à sept millimètres du sol
compact et froid
on s'arrête
suspendu immobile tête en bas
les yeux écarquillés
une bande-dénonce dans le crâne.

..coldcut - mix @ ninja tune headquarterz london 2001

21.12.2004

( Plus De Peur )

- soudain tout est plus clair -

medium_plus_de_peur.jpgJe regarde autour de moi et ne trouve que du bitume jusqu'à l'horizon.

Hier soir, dans ce demi-sommeil que j'adore, j'ai clairement entendu dans ma tête une voix féminine qui me disait:
"Xxxxxxxxxxx? ..N'entre pas dans la cuisine! ..Xxxxxxxxxxx !!!"

Surpris de l'avoir entendue alors que mes pensées restaient un peu constructives, j'ai ouvert les yeux sur le plafond, une poignée de rayons au sodium le décoraient, puis, tournant la tête j'ai observé la cuisine vide, presque déçu. J'ai alors regardé dehors, au cas où, mais personne sur le toit de l'immeuble voisin, et rien en vol stationnaire à six étages au-dessus du sol. Mais j'ai eu peur de croiser du regard l'Ombre immobile, cette silhouette avaleuse de lumière, plus noire que les entrailles des abysses qui rôdent aux portes de la folie.

Le plus tard possible.

14.12.2004

( Blanc )

- plus blanc que blanc -

blanc.jpgDes traits face au vent
des dérèglements dans les courbes
avant de rebrousser chemin
et admettre l'Indivisible
le Sournois Obligatoire
entre nos phalanges éclatantes
de si peu d'ivresse
et d'irrégulière attente

Des traits à contre-courant
tandis que nous nous laissions
emportés par le silence
la foule et les meubles
des meubles, ici
on aurait tout vu
les couches de glace à peine éclose
sur les lèvres des rêveuses en rage
ça oui
sans problème
mais l'absence se fait sentir
elle pompe chaque veine de mes poumons
et m'abonne au Demi-Royaume
des éclairés autoproclamés

Exsangue
ha, la sangsue
je me manque
je ne me retrouve pas
de minuscules morceaux
par-ci par-là
de grands espaces vides
à peupler
tout ce blanc
où que l'on regarde
tout ce blanc..

..squarepusher - do you know squarepusher

09.12.2004

( Un Peu De Froid )

- une liqueur de laine, s'il-vous-plaît -

un_peu_de_froid.jpg

Les mains ont tremblé. Des voix se sont tues. Il a été vu, et ces regards le marqueront à vie. Il n'a pas vraiment compris pourquoi c'était aussi grave, après tout. Ca arrive de s'emporter, de ne plus juguler la pression compressée jour après jour, au fil des semaines et de la colère de ne pouvoir la sortir. Tout allait trop vite à ce moment-là, des émotions intenses nées de sentiments purs et d'une rencontre inespérée. Pas de recul. Seulement la vie dans l'instant, un gamin avec un potentiel de jeune adulte. Imprévisibles étaient les mésaventures qui ont suivi. Ce n'était pour lui que l'enchaînement logique des choses, tandis que les règles brillaient par leur absence. Une absence. C'était sans doute ça. Là et absent. A la frontière. Comme lorsque la couette 100% synthétique s'arrête le long du bras: on a chaud, mais une main glacée enserre l'air à côté. Alors pourquoi bouger quand on a suffisamment chaud et que le froid ne se fait pas encore sentir? Oui, mais.. Là, mais absent.


..télépopmusik - love can damage your health (lab 1

08.12.2004

( L'Inauguration )

- écartez-vous des portes voyons -

l_inauguration.jpg

Des secondes en sourdine s'écoulent des mains hagardes, les épouses des longs lits tièdes se déroulent de leurs draps soyeux, à l'heure où les miséreux et tous leurs démons enfin libres entrent en masse pour l'inauguration. Les murs lisses se couvrent des traces de boue, de chair séchée et d'excrément, la dévalise des intérieurs s'envole et enflamme les caves les unes après les autres, les plafonds obscurs se décorent d'iris rouges. Et l'autre baveur qui cherche encore ses clés devant l'entrée, absorbé par ses boutons de manchettes rongés par des oursins.. Un joli tableau pour un après-midi aux festivités prometteuses et réjouissantes.


..deftones - korea

06.12.2004

( Petit Tableau )

- prenez vos tablettes -

petit_tableau.jpg

Voilà, j'ai récapitulé tous mes stéréotypes, étalé par terre mes portraits-types, trié et inventorié mes peurs injustifiées, mes craintes mal fondues, mes manies mélomanes, mes pulsions dislocatrices de corps humains sans anesthésie, ma perception visuelle en général, mes fascinations et mes émerveillements, et..


..death in vegas - come on over to our side, softly softly