24.08.2004
( Presque )
Des aveux à jamais
pour les rires à venir
sans pêcher ni penser
aux arbres à mourir
Des aveux à jamais
au nom des souvenirs
étreints ou fatigués
lorsque j'ai cru partir
Ta langue de plomb
et tes caresses ardentes
on aurait dit l'Enfer
plutôt sa salle d'attente
moi et ma solitude
faisant l'amour
à l'égoïsme des jours amers
Ton envie bien gardée
s'est déchaînée dans ma poitrine
a brisé tous les mouroirs
où je croyais finir, un jour passé
Une attention en baisse
le cours de l'individualisme en hausse
me libère dans ma chute des tes bras trop aimants
Berné, des morceaux de verre dans les yeux
et les ongles mous liquides,
ta maison en ruine jusqu'aux cloportes,
j'ai poussé un adieu hors la vie
et détruit l'entrée
la mort dans la moëlle
oreilles hurlantes, gorge sifflante.
Puis j'ai retrouvé mon berceau
mes chaudes couvertures,
mon ours en peluche
quelques repères immuables et fragiles
des sources de lumière douce
pour tenter d'oublier tout ça
ne plus te revoir
ne plus te croiser
éviter ton existence
et celles qui me la rappelleraient.
ça a presque marché.
08:40 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
20.08.2004
( Boucle )
Blanc sur noir
Main sur mur
Peau sur visage
Cellophane sur viande rose
Barreaux sur regard
Lumière sur ombre
Retour sur départ
Jeu sur ennui
08:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
28.07.2004
( Sur l'Etagère )
L'étagère
Un livre
Ce livre sur l'étagère
Ne dis pas un mot
Une page
Cette page dans le livre
Qui coule au goutte-à-goutte
Le long de la tranche
Dans l'étagère
Et le long de l'étagère
Long
Long
Jusque sur la moquette
Le long trait noir
Et la tache grandissante
Humide et visqueuse
Ton pied sur la moquette
L'étagère
Le filet d'encre
De haut en bas
Toujours plus
Toujours plus bas
Mais là-haut
Dans le livre
Le mot
Ce mot-là
Celui qui s'écoule
Le long
Le long de l'étagère
Sort du livre
En silence
L'encre glisse
Ce mot-là
Se faufile
Hors du livre
Et frétille
Dans l'encre qui suppure
S'essore
Du livre
Et finit
Descend la corde noire
Descend la corde
La longue corde noire
Jusqu'en bas
Tout
En bas
Et la tache grandissante
Humide et visqueuse
Ton pied sur la moquette
Du livre au bas de l'étagère
Tout
En bas
Les amarres sont lancées
Ton pied sur la moquette
Une lettre après l'autre
Vers le sol
Le sol
Tout
En bas
Les amarres
Long
Long
Ce livre dans l'étagère
Cette page dans le livre
Qui coule au goutte-à-goutte
Et le long de l'étagère
Jusque sur la moquette
Humide et visqueuse
Le filet d'encre
Toujours plus bas
Le mot
Le long
En silence
Se faufile
Du livre
La corde
Tout
Humide et visqueuse
Tout
Ton pied sur la moquette
Le sol
Les amarres
Ce livre dans l'étagère
Qui coule au goutte-à-goutte
Humide et visqueuse
Le mot
Se faufile
Tout
Ton pied sur la moquette
Ce livre dans l'étagère
Le mot
Ton pied sur la moquette
Ton pied sur la moquette
08:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (1)
21.07.2004
( Folie? This Way )
Le mois dernier, période quasi schizophrénique. Avec le recul, ça donne une impression de 'Cher journal', mais je vous invite à vous poser les mêmes questions.
J'ai cotoyé la Folie de près, la semaine dernière. Perte de sang-froid, out of control, c'était une riche semaine niveau névroses. Avec le recul, une grande inquiétude m'agrippe. Déjà sur le fil du rasoir à 26 ans, alors qu'il me reste deux fois ça à vivre encore ("You must know that someday you will die", je suis le sésespoir de Jack).. J'ai peur. Suis-je assez fort pour vivre indépendamment? Ai-je déjà sombré dans le cercle vicieux de la dépression chronique? Serait-ce la fin si je change de taf? Suis-je atteint d'une maladie dégénérescente de la peau? Mes parents sont-ils mes parents biologiques? N'ai-je pas intentionnellement fait le mal et adoré ça? Et si on m'épiait, à travers la fenêtre, au moyen de jumelles, comme j'en ai eu moi-même l'intention? Et si j'avais déjà tout perdu avant d'avoir commencé? Resterai-je toute ma vie durant dans ce constant état provisoire? Pourquoi ai-je si peu confiance en moi? Que me veut cette foule qui ne me regarde pas? Si je ferme les yeux, ce monde cesse-t-il d'exister? Faudra-t-il que je change à jamais pour avoir plus de chance d'être heureux? Resterai-je seul encore longtemps? Quelles facettes de ma personnalité dois-je corriger pour mettre fin à mon célibat?Dois-je être moins exigeant? Dois-je modifier mon apparence? Changer de coiffure? Ranger mon esprit (auto)critique dans un placard, le noyer de ciment et le couler au fond de l'Escaut? Certaines choses, certaines idées, certains sentiments méritent-ils l'importance que je leur donne? Faut-il s'attacher aux gens? Certains d'entre eux sont-ils à usage unique? Le demeureront-ils toute leur vie? Quel fut mon rôle dans le black-out de ma famille? Dois-je revoir mon père un jour? Doit-il payer?Est-il conscient de ce qu'il a fait? Pourra-t-il seulement me comprendre? Comment changer d'état d'esprit? Comment se persuader qu'il y a des choses à faire régulièrement et à ne pas laisser de côté? Comment s'organiser? Comment devenir adulte sans perdre son identité? Comment avancer? Comment grandir? Pourquoi suis-je resté au stade post-adolescent? Pourquoi ai-je du mal avec le monde réel? Mes parents sont-ils pleinement responsables? Quelle est ma part de responsabilités et de libre-arbitre?
Suis-je en train de sombrer?
Suis-je en train de sombrer?
Suis-je en train de sombrer?
Comment trouver naturelles les tâches quotidiennes? Comment me prendre en main? Comment inclure ces tâches naturellement dans mon quotidien? Suis-je en train de sombrer?
Suis-je vivant?
Suis-je humain?
Suis-je fou?
15:20 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (7)
09.07.2004
( Ils Viendront Me Chercher )
j'attends le matin avec calme
je sais qu'il viendront me chercher
l'ultime visite
celle qui ne réchauffe pas le coeur
celle qui vous rappelle
chose étrange
les plus belles choses de la vie
qui est derrière soi maintenant
ils viendront
semblables à la veille et au lendemain
les mêmes visages crispés et inexpressifs
les mêmes postures dominatrices
des serviteurs de leur loi
qu'importe
plus rien n'a de sens
les couleurs ont déjà perdu leur identité
les objets leur nom
les réflexions leur raison d'exister
mes premiers pas vers la folie
se sont faits sans bruit ni mouvement
je les ai fait tout seul
comme un grand
poings et mâchoires serrées
ongles et orteils usés
j'ai entr'aperçu quelquechose d'inhabituel
fantasque mais réel
sous le néon du ciel blanc écume
ton visage immense qui devant moi riait
riait de bonheur et de plaisir
des derniers jours de canicule
au frais dans la piscine
tes yeux où perlaient des figures géométriques
aux angles pas très catholiques
ensuite un grand rien
rien que du vent
de la poussière dans mes cheveux
la pluie sur mes paupières achevées
et des millions de nuances de gris
c'était presque beau tu sais
mais j'ai déjà oubliétout oublié
j'attends le matin avec calme
je sais qu'ils viendront me chercher
une dernière visite
du genre qui fait froid dans le dos
du genre à faire penser
aux visages étranges
aux yeux noirs derrière la vitre
qui tombe et se fend
suspendue au-dessus du sol
ils viendront
immobiles
donner leurs ordres
et j'oublierai
tout sans exception
j'attends le matin avec calme
je sais qu'ils viendront me chercher
13:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
07.07.2004
( Ouvre Les Yeux )
Mes vacances approchent. Vendredi soir, je laisserai KikooBlog sédimenter pour seize jours. Des siestes à ne plus savoir qu'en faire, des nuits blanches à haut débit (d'alcool, de films, de veillées jeux vidéo - au choix), du bouquinage, du glandage.
"N'oublie pas que tu vas mourir", souviens-toi de ce qu'a fait cet artiste japonais qui, autour du monde, a filmé là une jeune fille, ici un petit garçon, là un père de famille, là-bas un pasteur, tous en train de dire, zoom avant face caméra: "Je vais mourir", puis zoom arrière. N'oublie pas que ta vie tiens à des centaines et des centaines de fils et qu'un jour, inconsciemment, tu prends une paire de ciseaux en or et en coupes un, les yeux dans l'oubli.
N'oublie pas que tu n'es pas immortel. Souviens-toi chaque matin au réveil que tu viens de laisser derrière toi vingt-quatre heures de ton existence et que tu es en train d'entamer la première d'une nouvelle série. Déjà une journée de passée.. Mon coeur pulse du vinaigre dans mes veines lorsque les jours en file indienne devant moi, stoïques et résignés dans l'attente, sont de moins en moins nombreux. Qu'ai-je fait toutes ces années? Qu'en ai-je fait? Où sont les souvenirs des milliers d'après-midi pluvieux et de crépuscules admirés? Dans quelle direction s'est enfuie la brise qui les as vu en même temps que moi? Et ce parfum d'ortie séchée et de mousse tiède enveloppant ceux-là, toujours vivaces.. Je voudrais les enregistrements, les bobines, les cassettes, les photos, tout! Rendez-moi tout! Rendez-moi mon histoire que je n'ai que trop peu jouée, organisez-en la projection en compagnie de l'équipe du film, rediffusez ma mémoire en mondovision devant mes treize milliards d'yeux ébahis..
Que fais-tu du poison dans tes veines, de ce goût de fer entre tes doigts crispés dans une morsure pathétique? Que fais-tu de toutes ces journées laissées à hurler dans le désert, pendant que tu bloquais ton cerveau en position Légume, fermais les rideaux et cuvais ta gueule de bois pourri de la nuit dernière?
Qu'as-tu fait pour changer quelquechose..?
..qu'as-tu fait?
Mais que feras-tu ensuite?
Que voudrais-tu qu'il se passe dans ta vie? Mais le veux-tu *vraiment* ? Piaille, jeune coucou squelettique, piaille, vas-y, vrille les sens de tous ceux qui t'entourent, siffle, stride! Fais le cri de la fourchette d'argent sur la céramique! Et vire cet oeuf dans lequel tu t'es prestement réfugié. Débarasse-toi de lui. Par-dessus bord, allez hop! Dehors, les rats à peine éclos, dehors! Et ouvre les yeux, pour commencer, ouvre-les *bien grands*. Tout commence de cette manière: ouvrir les yeux et regarder où tu es avec des yeux neufs. Il te reste bien des nids d'où tu tomberas avant d'avoir vu pousser ton jeune duvet, petit oiseau. D'abord l'oeuf, et puis tu désireras connaître ce que l'oeuf a ressenti, jeté comme un seau au fond d'un puits sans fond, ensuite de nouveau un nid, et ainsi de suite..
Tu grandiras bien un jour.. Mais ouvre tes yeux cholériques, bon sang, ouvre les yeux.
12:00 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
28.06.2004
( Retour )
Des ombres sans goût
m'appellent du fond des bois vierges d'Islande
d'un chant sourd et profond comme la terre.
Mon attente les impatiente, je les écoute en souriant.
J'ai préparé quelques affaires en prévision d'un départ
précipité, mais depuis la première note
le futur n'existe plus à mes yeux.
Je me contente de les écouter entre les notes, déconstruisant
peu à peu mon existence, mon être, mettant à plat
le moindre plan détaillé de mon subconscient.
Je m'annihile. Je disparaît. Je me dissous. Je suis
une vapeur d'éther baignant tout objet, toute personne,
toute pensée.. En me donnant l'omniscience, je me rends
compte comme tout cela est vain. Chaque geste
que nous faisons est futile et déjà un échec avant même d'avoir
été initié.
Nous fonctionnons à vide, nous sommes un serpent
qui avale sa propre queue empoisonnée. Un océan
d'acide se digérant.
Alors, je reste immobile. Je souris. J'entend encore
ce chant absurde et clairvoyant.
Et je retiens ma respiration.
09:35 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (4)
24.06.2004
( Le calme après la Tempête )
Hier, vers 21h.
Après quelques heures de tempête, j'ai les yeux fleuris de cumulus gris furax. Elle me détend, me fait sourire d'un de ces sourires presque vicieux. Là, le vent est retombé comme une pauvre bise de Corrèze, le Soleil se la joue star invisble sous les spots d'une salle enfumée, ou bienénorme vaisseau spatial scrutant de ses spots térawattés les rues et les toits, à la recherche d'un humain de trop. Tiens, j'ai une idée de film. On commence par.. Nnnnaaaannn, je le garde pour moi, celui-là. Avec les autres, hop!
Je coupe là (oui, ----------> là) tout délire textuel pour enchaîner sur (et dé-chaîner - hoho) un texte du 8.VI.04. Enjoy.
La ville retient sa respiration sous la vague de plomb bouillant, sombrant peu à peu dans un coma vaporeux.
Je regarde la cage d'escalier du dernier pallier. Tout au fond, il n'y a pas de lumière.Je suis curieux de connaîte le nombre d'étages.. Une marche dimanche, une autre hier soir.. Encore une ce soir.
Je n'existe pas. Mes couleurs se délavent. Toutes les nuits je vois des couchers de soleils noirs sur des océans d'encre de Chine à travers un aquarium grand comme le monde. Et je pleure du sang.
Dialogue à un. Un point sur le i. Le dictionnaire est vide.
Un huit ou l'infini?
Hurlements dans la pénombre.
Pleure pas.. pleure pas..
Pleure.. pleure..
Jupiter n'est plus borgne.
Sous la mer, le Soleil brille sous mes pieds, et les Baleines Blanches s'exilent sur Saturne.
Le train de 00h00 est passé à 23h49 et ne s'arrêtera plus.
Laissons aux autres le soin de parler pour nous, puisqu'ils en ont le talent et l'envie.Laissons-les faire, si ça les amuse autant. S'il n'y a plus que ça pour les enivrer, pour qu'ils se sentent dans la peau d'un homme nouveau.. Les pauvres, les pauvres! Si peu de considération pour leurs semblables! Après tout ce qu'on a dû faire pour eux..
Mes yeux se ferment tandis qu'une douce mélodie s'effiloche à mes oreilles.
Brûlons-nous, ils resteront calmes.
Merci de ne pas vous approchez du bord avant mon signal.
Sombrez.
16:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
( Vers la Sortie des Autistes )
11.VI.04 - 15h14
Dans cette grande boule
sans dessus ni dessous
tout ne tourne pas toujours aussi rond
ça permet d'espérer
de sortir par le petit trou
là-haut
celui où y a plein de lumière
celui qui sent le Soleil et l'éclipse de Terre
apparemment ça espère plutôt bien pour toi
passe le bonsoir à Sélénie
et quand Révolution sera faite
dépose un cygne noir par ici
nous repasserons par là.
08:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
11.06.2004
( Prélude fleuri et guilleret )
Début de la fin pour une semaine difficile. Nerfs, moral, résistance à la fatigue auraient rendez-vous avec le point de rupture si elle ne se terminait pas ce soir.
Agoraphobie en hausse, misanthropie en hausse, errance domestique apparue subitement avant-hier (ou était-ce il y a trois jours?), irritation, brèves déconnexions avec la réalité inopinées, larmes squatteuses.. Je persiste à les mettre sur le compte de la fatigue. Pas bon.
Et j'ai deux-trois choses à te dire en face, Réalité. Car du haut de mon cinquième étage, je rêve, éveillé, de cataclysmes nucléaires entre chiens et loups.
11:40 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (3)
08.06.2004
( Silence Spinal )
Pas de frisson. Pas de tension. Un vague agacement contre qui essaierait de remuer l'air trop lourd et trop chaud. Vitesse de déplacement revue à la baisse. La chaleur et le désintérêt universel grimpant dans mon autosondage, mes écoutilles se ferment les unes après les autres. Silence radio. Silence radar. Le système de secours s'est enclenché dimanche soir. Début Juin! C'est un peu trop tôt et un peu trop tard. Qu'importe. Le système principal était toujours offline hier soir. Vagues sensations de déjà-mort. Errance sur mes propres pas. Ce matin, chacun a revêtu son masque paniqué, trouvé dans un Wall déjà loin dans mes souvenirs. Vos iris sont devenus blancs. You all look the same to me.
12:35 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (4)
02.06.2004
( Fumée )
Tu sortis ta petite lame, si blanche
Coupas le vent en deux
Et t'enfuis avec, roulé en boule contre ta poitrine.
Enfermée dans la chambre, les vieux murs moisis se déshabillèrent alors en copeaux flottants
Et tournoyèrent lentement dans la pièce.
Ton sourire cynique, vengeur et fou menaçait la lumière du dehors, et tes bras s'ouvrirent..
La furie accepta à contre-coeur sa liberté, serpentant entre tes draps pâles
Caressa tes cheveux écoeurants
Glissa hésitante sur ta bouche
Et explosa devant toi
Elle traversa la porte, suivit le couloir pour dévaster la salle de bains, le salon et la salle à manger.
Hurlant à la mort, la tempête se faufila par un trou de souris en appelant sa moitié à travers la campagne.
Ton souffle malade se la jouait bougie agonisante et asthmatique.
Tu souriais
Du genre happy-end années quarante.
Et je n'en finissais pas de t'étreindre et de retarder ton départ
Mais la distance entre nous était de celle que l'on trouve entre deux grains de sable d'un désert.
Un parfum de bougie éteinte rôdait avec regret dans la chambre.
15:25 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
01.06.2004
( Histoire Bucolique )
Une ballade en forêt. Un détour par un vieux marais sec. Arbres déracinés. Une cabane d'enfants en ruine.
Moi, hilare. Joliment con. Et amoureux. Toi, hilare. Joliment toi. Et amoureuse.
Détonations. Chasseurs dans le champ d'à côté. Le silence d'un vieux sous-bois. Souffle suspendu.
Te demande quelquechose. Silence, toujours. Me retourne. Absente. Envolée? Disparue..? Reviens sur mes pas. Un trou. Béant. Vieux plancher moisi au milieu d'un marais, logique. Une odeur de nature morte, de crise cardiaque et de panique du siècle. Tombée.
Le silence. Rien que le silence des feuilles qui se suicident vers l'abysse. Et le tien. Ni cri, ni gémissement. Applaudissement du feuillage au-dessus. Destruction mentale de toute chlorophylle existant sur Terre. Apaisement passager, explosion de peur. Manque. Ton prénom, vingt fois hurlé.
Dans le noir, personne pour vous entendre crier.
- tou bi continuède -
13:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
19.05.2004
( Le silence et l'amertume du coupeur de bois )
Quelques minutes après le billet ( Cuisine et Amour ) ..
Finalement, rien d'autre. Un texte a failli ne pas atterrir dans la catégorie :: Dark Is Beautiful :: . Rectification: on parle de l'autocensure comme étant pire que la censure elle-même. J'ai donc décidé d'être fou (pour changer <_<) et le balancer. On a beau être surnommé Kikoo, on n'en a pas moins des idées noires, voire abyssales. Cyclothymique?
Attention, le texte suivant est bien macabre, vous voici prévenu. N'imitez pas cela chez vous, ce numéro est réalisé par des professionnels qui connaissent les risques encourus (joking).
Le matin
bûches et petit bois pour réveiller la maison
il fait toujours trop froid
on reste rigide
les muscles engourdis
font presque mal
allez coupe
Avant midi
d'autres bûches pour le déjeuner
la maison doit être sèche
et l'âtre comme le Styx en feu
le repas doit bien cuire
Allez tranche
A la tombée de la nuit
encore des bûches pour maintenir la chaleur
les enfants sortent
rentrentaprès ça il fait plus si chaud
pis ça caille dehors
même les gants gèlent
même le gel est gelé
Allez hâche bien
Avant de dormir
un petit tour dehors
doubler gants, hâche fatiguée
regard crevé
du bois pour le feu
toujours du bois pour ce putain de feu
mis je te le leur lancerai à la gueule
moi
ce feu
des tisons plein le dos
des braises dans les cheveux
et ma lame sur les poignets
hein les poignets
ça va piquer
mais après tu sentiras rien
un poignet
deux poignets
trois quatre huit trente
quinze mille
alignés côte à côte
ma hache démarcatrice
faisant du zèle
en rognant les coupes irrégulières
et après les poignets
les chevilles
allez cheville un
allez cheville deux
genre jusqu'au bout de la nuit
soyons fous
débitons coupons tranchons scions motocultons
rabotons rongeeons élagons râpons éliminons
un peu de clarté dans tous ces doigts
ces orteils
et tous les petits bouts de chair qui dépassent
hop
élevons ça au rang d'art
organique et post-vivant
l'homme moderne n'aura plus besoin
de marcher de porter de toucher de bouger
toutes les dérivations neuronales seront là
pour lui
au goutte-à-goutte électtrohybridé
just think it
bref
les poignets avec les poignets
les chevilles avec les chevilles
les cous avec les cous
d'adorables petits tas
de chair et d'os
de moëlle qui déborde
et de sang coagulé
ça manque de rouge tout ça
bon
il se fait tard
la Lune est rousse et basse
à l'horizon
la lumière est irréelle
les enfants dorment à poings fermés
allons les border.
(Texte du 10.V.04)
08:40 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (1)
13.05.2004
( Kikoo sors de son mutisme )
Une semaine de silence donne envie à mes doigts de hurler. A mes ongles de se ronger eux-mêmes de l'intérieur. A mes os de se prendre pour de folles ronces dopées aux anabolisants et au Danny Elfman. Et de donner aux coquelicots la couleur de l'ennui. Gris sale.
Allez, shhhhh.. shhhh.. du calme. Offrons-nous un peu de volupté sonore: le lancinant treizième morceau de Future Sound Of London - Dead Cities, et.. :) nan, pas Exciter, ni Kojak, ni Guru's Jazzmatazz.. Ha. Le voici. Ce salivant live à Seattle de Portishead pas encore écouté, hop. Play.
Maintenant, un texte du 26.IV.04 dernier. Quelques précautions s'imposent: merci de prendre un minimum de distance avec cette prose, ce n'est en aucun un questionnaire adressé à la Terre entière. Sa conception repose en partie sur le concept d'écriture automatique, et l'utilisation des mots "terrorisme" et "syphilisation" n'inclut en aucun cas une prise de position favorable de ma part envers ces pratiques. On sait jamais, d'autres ce sont retrouvés dans un camp de détention du genre limite vis-à-vis de la Convention de Genève après avoir pratiqué un certain humour. Oh et puis superzut, vous êtes sur un site de blogs, recueils de textes d'expression profondément personnelle (à défaut d'être profonde) et ouverts à tous. Vous voilà prévenus, fanatiques de l'offuscation chronique. Et qui sait ce qui peut se passer dans un cerveau en bocal. Bref, j'abrège, lisez maintenant..
Idées sur le terrorisme écologique? Idées sur une personne capable de déclencher chez l'autre une peur panique dignes de mes pires cauchemars et pulsions de mort? Idées sur l'art et la manière de se comporter normalement avec tout le monde, de sourire joliment au travail, de profiter de chaque heure qui passe, d'acquérir une organisation efficace et facile, de savoir se comporter en tant qu'ami avec ses amis, de ne plus s'enfoncer dans la paranoïa et de remonter la pente, de réussir à concilier plaisir et travail, de ne pas s'inquiéter d'avoir des sentiments, de voir clair en soi "comme un lac de montagne sous le ciel d'été", d'avoir en mon avenir et en celui de l'Humanité, de ne pas craindre la silhouette que je croise dans la rue à 22h, de ne pas laisser mes responsabilités de côté, de croire que ma personnalité est somme toute banale, de se persuader que l'absence de mon père n'a pas entraîné une perte de confiance quasi-totale en tout ce qui vit, que la maladie de ma mère et son absence, le jour de mon Grand Départ, ne m'ont pas forcé à surnager par mes piètres moyens d'abandonnique, de me persuader que la réalité est ce qu'il y a de mieux pour chacun de nous et que les médias, les hommes politiques, ce doux, ô si doux gouvernement n'existe que par et pour nous, que notre civilisation ("syphilisation", hûhûhû) est au bord du gouffre culturel, social et économique, de me dire qu'en fait toutes mes peurs, toutes mes craintes n'ont pas lieu d'être, de se persuader que le Grand Amour n'existe pas et que je me pose beaucoup de questions pour pas grand'chose, et surtout beaucoup de questions pour quelqu'un comme moi, de consommer plus en pensant moins, de ne pas s'inquiéter pour mes rêves car ils le resteront à jamais, de savoir qu'un jour, oui, un jour, moi aussi je serais marié, qu'un jour moi aussi j'aurai un enfant, peut-être deux, ou trois, de ne pas craindre le Sida car je suis plus seul que l'espèce humaine, de se persuader que je peux tout raconter à mes amis à propos de mon mal de vivre et d'exister, d'oublier le noir et le gris et de ne porter que de jolies couleurs, de se dire que bah finalement les 60000 spectateurs d'un concert au Stade De France n'ont peut-être pas tort, d'oublier qu'un QI de 143 pour un élève de 10 ans en sixième est si douloureux à porter pour le reste de sa vie, d'oublier que la Mort ne semble pas frapper aveuglément, de prendre conscience que mon corps emportera mon âme, ma personnalité, mon humour, mes connaissances, mes fantasmes, mes rêves et mes cauchemars, mes souvenirs, mes visions et désirs d'expérimentations, ma solitude et mes exaltations perpétuelles, mon esprit dans toute son immaturité
avec lui
et mon ennui.
08:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)


