03.12.2004
( Sous Les Néons )
- turn the dark off -
J'y suis enfin
arrivé
après quelques heures de marche
au bout de ce couloir
du crépi du sol au plafond
des boules de néon faiblard
tous les dix mètres
il était temps
j'en ai plus que marre
de marcher
à pieds nus
sur ce foutu crépi à deux balles
ça entaille la chair
c'est dingue
c'est à s'en foutre une
ha! marrant tiens
on peut me suivre à la trace
et à l'odeur
si y a quelqu'un d'autre ici
je le plains
ouaip
bon
et maintenant
maintenant que je suis arrivé
faut-il repartir
la réponse est là
ainsi que la seconde question
il y a comme un jour sombre
dans les coins
ça s'ouvre
mais comment
c'était quoi ce bruit
comme si
on brassait du crüesli
quelle idée de brasser du crüesli
en plus je suis sûr que c'est du faux
bon
un couloir
blanc
uniforme
peu éclairé
je suis là
je peux penser
c'est bien moi
- presque -
alors
il faut faire quelquechose
il faut avancer
toujours
encore et encore
avec l'inlassable besoin
d'avancer toujours plus
sans se poser de questions
sans ruminer
ou se laisser distraire
par l'ennemi qui me peuple
et le sang qui me fuit
avancer
toujours plus loin
pour rien
je fais tout ça
pour rien
rien
RIEN
c'est n'importe quoi
j'ai jamais vu de crépi par terre!
en plus ça crisse
ça craque
comme de la craie
du crüesli
enfer..
le bruit arrive
ça bouge au fond
c'est si loin
ça sera si près
contre moi
sans timidité
ni peur
la peur
la trouille
la pétoche
la flippe
est-ce la fin?
20:55 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
01.12.2004
( Dans La Pierre )
- no jules vernes authorized -
Le matin s'éternise sous le brouillard londonien. La pierre se réveille lentement sur sa propre vase, cherchant une lumière plus chaude que ce ciel de néon. Les fondations des immeubles, des ponts, demblent s'étirer et s'enchevêtrer sous le béton. La ville perpétuellement cinquantenaire, mal remise de sa crise de la quarantaine et des infiltrations constantes d'humidité abrutissante, ne se pose plus de questions. Se contenter de la simple succession des heures et des pas blancs de ses troglodytes. A la surface, plus rien ne repousse. Alors elle creuse, sûre de retrouver une nouvelle genèse dans les profondeurs de la terre, au-delà de l'argile et du calcaire, où des yeux délavés l'observent se creuser un terrier à pas de nuit et la reniflent avec curiosité.
11:10 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
29.11.2004
( Next Message )
- note à l'intention de lutilisatrice -
J'ai mis de côté tes affaires
elles sont dans l'escalier
dans ce coin sombre
où l'on entendait les tourterelles
par la bouche d'aération
je suis là vers 19 heures
à bientôt.
21:37 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (5)
28.11.2004
( Janvier 1976 )
- il dit qu'il est une légende -
Des espers
en lutte contre l'infâmie
des espers
fatigués d'avoir tout compris
partout
à des mondes à la ronde
pas un ne bronche
chacun sa gueule
aucune issue les jours de rage
quand ils arrivent tout autour
et criblent nos murs
de pierres, de poignées de cailloux
de barres de métal, de vieux cadavres
la nuit durant.
11:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
27.11.2004
( C'est Mourir Un Peu )
- fermer les volets -
Sans arrêt
tu as recommencé les mouvements
tu devais les connaître par coeur
tu n'avais aucune chance
de te tromper
aucune
c'était couru d'avance
aucune alternative
les lions étaient lynchés
sous les portiques des écoles
c'était pourtant d'une simple extrêmité
sept points à suivre
un jeu de piste comme avant
tu te souviens
je le vois
malgré nous
les lions sont restés accrochés
la langue autour du cou
les blancs rouges
les rouges bleuies
de la vapeur qui remonte vers le vent
au-dessus du brouillard
que faisais-tu à les regarder?
qu'y voyais-tu?
que voyais-tu en eux?
l'aube a changé de ton avec nous
maintenant c'est différent
nos ombres sont sur le point de nous fuir
la lumière ne nous éclaire plus indifféremment
et la poussière en seconde peau
me fait oublier l'air que je respire
où la chaleur des pendus
se mêle aux crachats des bus
aux vomissures des usines
aux soupirs des troglodytes emprisonnés
tout est différent
et pourtant rien ne semble avoir bougé
nous rentrons chez nous
mais ce n'est pas chez nous
il y a un effroi familier
qui caresse chaque objet de la pièce
où nous avons toujours vécu
comme ces attaché par le cou
aux fenêtres des voisins
et eux en-dessous qui nous sourient
nous lance un bonjour matinal poli
au début et à la fin
nous devons partir ou fondre
tu sais
il ne nous reste pas d'autre choix
l'ici et maintenant est figé
en un tombeau embroussaillé de rats
de ronces et de mûres
j'aime caresser les ronces entres les épines
mais ce lieu ne nous veut plus
partons
je t'en prie
partons
je ne te demande plus ce qui s'est passé
on oublie
il nous reste nos existences
ce que l'on en fera
si on décide de rester sous notre première peau
viens, donne-moi la main
partons
le monde se termine ici.
22:25 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
( A Bout De Nerfs )
- votre massage s'autodétruira après la pipe sonore -
"Je n'ai toujours pas éteint la lampe du grenier. Non, je ne leferai pas, laisse tomber. Pas envie de passer la main par la porte, tâtonner dans le coin et me retrouver avec ces bestioles, non merci! Hors de question que tu m'obliges à faire ça. Je préfèrerais que tu crèves. Bien sûr, je dis ça comme ça, t'enflammes pas la jugulaire pour rien.. De toute façon, on n'a qu'à poser une lanterne ici et aller couper le compteur, c'est aussi simple, non? Rhâââ mais pourquoi tu fais encore la gueule, QU'EST-CE QUE J'AI DIT, ENCORE?!"
Il sortit en claquant l'autre porte. Elle pleura seule devant l'entrebaillement.
17:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
25.11.2004
( Ca Sent La Certitude )
- négatif -
Toujours pas. Non. Je ne sais plus pourquoi je tiens comme ça, après tant d'années. Je crois que ce n'est plus la peine d'étndre une dernière fois le drap du pique-nique, de courir après les papillons cendrés, d'inventer un trou béant à la place dès que je passe le bout de mon orteil dehors. Mourrez, tous, vous restez d'un lassant..
00:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (4)
( Nos Heures Passent )
- une grange dépasse ! -
Pas besoin d'avoir une nuit tombée à la renverse pour que les heures paraîssent tardives, épuisées d'être elles-mêmes, rien que des chiffres et des nombres à la queue indienne, les cernes au cirage et la bite en sourdine.
Enfouies sous leur propre silence, les heures auschwitzées espèrent en de meilleurs lendemains, en de meilleurs espérances, espérant reconnaître un jour l'espoir et murmurer, déséchées: "Ah c'est ça..", sans avoir plus de force qu'un chhiot cholérique en bout de laisse.
Les heures se suivent.. Nos heures s'égrènent par brindilles, le Horla garde un oeil attentif et invisible sur leur régularité tremblante, et je continue à décompter mes battements de coeur. La nuit même semble crevée de passer et repasser sans arrêt, et de l'Est à l'Ouest, un peu plus à l'Ouest, complètement, jusqu'au bout où le ruban de Möbius renvoie la purée dans le même anti-sens et la même non-direction. Toujours et inlassablement la même vidéo de 24 heures en boucle devant les glazes écarquillés comme l'autre drougui beethoveiné, et les mêmes points de suspension dans l'âme qui grossissent, grossissent à en emplir le rassoudok jusqu'à en fuir par tous les ports du monde connu.
Je sue les heures de mon ennui, je suppure les secondes de mes rêveries aussi vite qu'un claquement de cil, sans qu'aucune autre sorte d'aube n'arrive. Ni prés, ni colchiques, nous devrions peut-être nous sauver de nous-mêmes, remonter vers le cercle polaire narcotique et attendre la levée de l'Aube, la retombée des poussières et la fin du bourdonnement dans nos oreilles.. Peut-être. Rien n'est moins sûr.
Mais rien n'est plus pur.
00:15 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (1)
21.11.2004
( Sirop )
- vous l'auriez en pourpre? -
Dévêtus de nos habits ensanglantés
traversant l'appartement
dans la pénombre éblouie par le sodium,
les reflets de l'averse
et l'ampoule faiblarde de l'entrée,
nous sommes restés immobiles
face à face, têtes baissées
respirations de spasmophiles, vagues de pluie
à l'abri
puis nous avons bougé
nous nous sommes glissés dans le bain
avec douche brûlante merci
puis il est devenu grenadine
lui aussi
glissant de nos peaux
au drap de satin médusé
en corolles étirées vers le bas
en silence
en face à
doigts crispés en un faible effort
celui d'un continent tempé de lave
compter sans compter
les gouttes à goutter du nez,
les allers et retour
de la chair de poule
à vif derrière nos paupières mal baissées,
l'iris apprenti fuyard
mais aux prises de chaînes plus lourdes que l'esprit
c'..
l'eau semble plus tiède
au fur et à mesure de l'effacement du temps
de l'assèchement des vitres
et de nos regards enfermés
dans la grenadine
elle se retrouve entre elle
lit nébuleux allongé sur lui-même
en train de chercher un moyen de sortir
d'onduler hors de ce bac
rempli de gens immobiles et d'eau
l'eau est glacée comme tes yeux
comme si tu pouvais m'en vouloir,
car il faut bien un responsable,
alors pourquoi pas un aute que soi?
c'est tellement plus facile
ça coule de sauce
ça crève les yeux, oui
un millilitre de solution de facilité
éclair de génie
et les bras m'en tombent
la grenadine retrouve une nouvelle jeunesse
regarde, elle reprend des couleurs
tu as perdu ton sourire
avec tes larmes sous la pluie
et les voilà qui regagnent tes yeux
welcome back home
je retourne vers le Soleil
flottants dans les coquelicots fânés.
23:10 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
( La Maison Vide )
- kévin baisse la radio !! -
Aujourd'hui
j'ai oublié ton dernier bonjour
le murmure
à travers le plafond
avant que les oiseaux s'éveillent
ton dernier éclat de vie dans la voix.
J'avais oublié
et déjà tu disparaissais des autres souvenirs
la maison redevenait telle qu'en elle-même
des murs des cloisons
des fondations ds fenêtres
et tout le reste
ta présence ne s'est pas faite remarquer
tu étais très discrète quand tu le voulais
et cette porte qui ne fermait pas
et qui maintenant ne veut plus s'ouvrir
pas plus que les fenêtres
la porte du grenier est entrebaillée
celle de la cave est toujours glacée
la porte d'entrée joue aux apprentis courants d'air
pour perfectionner son sifflement
et vers quatre heures du matin
j'entends des toussottements.
20:40 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
20.11.2004
( Can't Breathe )
Des fois ça part comme un soupir avorté, un frisson de ceux qui prennent quand, sous la douche, l'eau trop chaude endort les nerfs et la vigilance.
Puis les paupières se ferment au deux tiers, l'eau ruisselant dans les yeux, le long des cheveux qui pendent en fond sonore.
Et le soupir qui finalement revit une dernière première seconde pour avorter encore.
Noyé de chaleur
à l'envie à tous les pleurs
les yeux coulants
sans cesse en fuite
en-dessous de la limite
trop en-dessous pour passer aperçu
les cheveux collés
aux feuilles mortes de l'année d'avant
mais d'avant quoi?
Qu'est-ce qu'il s'est passé avant?
Coment pourrion savoir
le passé est non avenue
plus de témoins, plus d'assassins
moins d'effroi nous satisferont
dans nos rondes sans plis
sans cuissages extrême ni persasion amicale..
Nous ne pourrions jamais savoir
voyons
quelle belle idée
jeune utopiste
combien d'idées de fous pour de décisions,
certes rapides
mais ô combien efficaces et jouissives?
hein
toi
petit être insignifiant
et sans moyen
qu'est-ce que tu me hurles
du fond de la nef en otage, hein?
qu'est-ce que tu veux nous dire?!
que dalle, oui.
Ici
il n'y a ni espérance
ni évidence
pour ton maigre C.V
pour ta maigre famille
alors laisse tomber
laisse un peu bosser ceux qui le méritent
nos grands héros de l'Industria moderne
laisse tomber tes espoirs
on te conchilie suffisamment dessus
pour t'ouvrir les yeux avant ton arrivée
car dans ce pays
que ce soit
toi ou moi
ou on en tue
ou on en survit
tu n'as que le "débarras du choix"
Prepare to die
Don't you expect to know why
the soil howls at you
you
and your little.
05:23 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
19.11.2004
( Effrite )
- sous le sourire, la fin -
Aujourd'hui, tu n'as plus voulu que je prononce ton prénom
Même devant nos amis.
Tu as voulu que je ne t'appelle plus.
Et tu restes là à sourire comme au premier jour.
01:05 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
17.11.2004
( Les Invisibles Horizons )
- liesse en ciel est un missile pour les cieux -
Je la laisserai partir
comme elle le voudra
la main tendue et tremblante
des branches dans les cheveux
ou un sourire fatigué aux lèvres.
Je la laisserai partir
elle enfilera son vieux et long manteau
fermera les portes derrière elle
le long du long couloir
sans fenêtre ni tambour
et encore moins de trompette
saperlipopette
Elle n'en voudra plus des comme ça
trop de regards blancs
les cernes au bord des yeux en bord de mer
trop de tempêtes en bocal
sous l'effarante pluie de certitudes
Elle se penchera à nouveau
sur le cas du petit pois sauteur
au rayon Démangeaisons
sous quatre cents tonnes de prairie plastifiée
invendue sous vide avec sa recharge
elle se penchera
et verra bien
il faudra bien qu'elle le voie
comme comme un i sous un pont
elle verra bien
que c'est pas comme ça
qu'on marche ou qu'on crêve
on fonctionne pas pareil
pas de bouton marche/arrêt
pas de prise éclectique
pas de sang sous les ongles rongés
pas d'eau filant entre nos doigts joints
mais de l'abandon
oui
l'abandon total et sans condition
la récidive y est bannie
la rémission, elle, impensable
et pourtant
ces autres personnes que j'oublie
je m'y étais abandonné
accords perdus dans une foire à l'endive
pas plan B
no emergency excitement
une focalisation une seule
sordide coopération
à défaut de mieux
tiens
justement
il y a mieux aujourd'hui
un obscur objet de toutes les attentions
une vision salutaire
de la fin d'une ère
entre la mort et la naissance
jaillit une nouvelle confiance
un pacte secret pour des jours meilleurs
pour de sweet hereafter
pour un voyage sans destination
le billet inscrit sur une serviette en papier
et délavé par l'averse et les néons
un doux pas de côté
vers l'extérieur
se regarder avec certitude
et un rire dans l'oreille
qui chante les invisibles horizons.
..alpha - the impossible thrill
16:35 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
( Commissure )
- y a pas de Maigret ici, dégagez s'il vous plaît -

J'évite les sentiers sombres où la trouille du noir et la vision qui s'invente des choses hostiles s'emballent. Je les sens de loin. Comme s'ils étaient tout près. "Les Monstres", disais-je, enfant et adolescent, à ma mère, "J'ai peur des Monstres". Mais comment le lui dire, quand elle me demandait de quoi ils avaient l'air? Dans la panique en érection, leur formes et leur visage changeaient plusieurs fois par seconde. C'était leur job, de faire peur, leur raison d'être. D'ailleurs ils n'existaient, j'en suis sûr, que dans certaines portions de la réalité (remember les Quarks), et ne se laissaient voir que de moi. Les ordures. Ces horreurs gerbantes qui avançaient lentement, serrées les unes contre les autres, en cercle, agitant tout ce qu'elles pouvaient pour s'accomplir.
Sur la demande de ma mère, je tentai de les dessiner, mais en vain. Trop complexes, trop de détails. Mais grâce à cela leur manège perdit un peu de leur rayonnement mythique. J'avais toujours aussi peur, mais je serrais les dents et sentais une sourde rage naître en moi, un tonnerre silencieux qui une nuit les ébranlerait pour toujours. Pour m'en débarrasser, je fis regrouper ces présences en une seule, gigantesque de taille et de puissance, dont la simple et abominable vue, dans une terreur sans nom, détacherait ma conscience de ce monde, et dont le plus infime des frôlements me tuerait sûrement. Alors, pour vivre plus confortablement avec cette idée atroce, je la fis exister sous terre aux antipodes, présence au-delà de la matière et de l'énergie, qui traverserait n'importe quel océan de lave ou n'importe quelle plaque tectonique pour me retrouver où que je sois. Je lui infligeai aussi une vitesse extrêmement lente qui m'aurait laissé tranquille pendant une poignée d'années.
Mais le temps passe et la distance s'amenuise, alors j'inventai une nouvelle loi: à chaque fois que je pensais à lui, ce Golem des Douleurs (tiens, il a un nom, maintenant) était repoussé à des centaines de kilomètres en arrière. Plus tard, pour compenser cette quasi toute-puissance sur une menace inéluctable et mortelle, je lui donnai la capacité d'avancer très rapidement, mais au fur et à mesure qu'il se rapprochait, sa vitesse décroissait exponentiellement pour devenir presque nulle. Ce qui reculait encore plus loin le moment de la rencontre, étant convaincu qu'elle serait plus terrible qu'auparavant.
13:15 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
12.11.2004
( Autre )
Dans le coin
il n'y a que des trous dans les murs
à la symétrie au goût framboise
introspective ou diminutive
il n'y a pas la place pour ces choses-là
Un vieux fatiguant a retiré son bonnet
rouge et tout mité qu'il était
pour le ranger dans une autre boite
où chaussures il y eut, où souvenirs resteront
Dès demain je cours lui dire tout
tout ce que j'ai là, à l'intérieur
il est des paroles qu'on ne peut écrire
par temps couvert c'est encore plus vrai
Mais nous sommes 'autre'
pas d'échelle-étalon
encore moins d'exemple objectif
tout ça c'est dans nos moëlles de pépinières
qui grignotent les printemps
à reculons tournicoton
et des piquets de tempes dans la steppe
ennetières-en-weppes
Dissoudre les planètes
non
nous sommes de modestes bâtisseurs d'immonde
d'hétérogénéité
de mélange des rangements
et avaleurs d'oulipeurs
même pas peur.
Non
même plus peur.
09:10 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
( Sous Les Remparts )
Aux oubliettes les invendus
au rabais et plus vite que ça!
Des jours pour débarasser
et c'est pas encore le dernier
La liste est longue
trop longue
elle viendra à bout de nous tous
même à quatorze yeux
c'est encore trop long
Pas le temps de bavasser
des amours au large et de travers
sur leurs bras des cuisses chaudes
à consommer sans place
et avec l'attente romantique
Quelques amours sans passage
me réveillent tout le jour
mes mains pour toujours endormies
sur leurs épaules évanouies
et sur ma nuit le soir qui tombe
Un regard de coin
avant le premier appel électrique
de ces soubressauts intimes
à l'hystérie partagée
cela viendra en tant qu'heurt
dans nos histoires
jamais n'échouera
dans nos mouchoirs
Bavardons un peu
je ne suis pas qu'un mur qui te parle
les murs ont des oreilles comme on dit
quelques rares portes en portent
mais elles se fatiguent et soupirent aux soupirs
mille fois empruntés
quand
montés sur des atours euphorisants
ils obligent et infligent
à tours de manège
et à coups de pompons
Ta blessure
quelle est-elle?
N'occupe-t-elle pas la place
de l'échafaud rangé trop vite?
A-t-elle suffisamment cautérisé
pour s'attarder sur la prochaine majuscule?
Saute à pieds joints dans l'oubli
dans les profondeurs exotiques
d'un Soleil de minuit,
où les petites ailes terminent
leur dernière répétition
avant le grand soir
Dans une goutte d'eau en chute libre
j'étais enfermé et criais
sans doute le vertige
ou un mauvais confort
je n'ai pas oublié nos étoiles
notre fin de nuit claire
il y en aura d'autres
sans nous
moins uniques que les nôtres
car nous ne serons pas là
entre deux et deux font quatre
Il n'y aura jamais assez de mots.
08:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
10.11.2004
( Onze Hivers )
Onze hivers
et trois heures d'air encore
trois heures
mais
qu'est-ce que je vais faire
pendant trois heures?
attendre?
comme ça, simplement attendre?
entamer la conversation,
inviter deux-trois personnalités,
faire monter le niveau
quand d'autres réhaussent la sauce?
et après se retrouver
seul à hurler contre dix soi-mêmes
sans une seule idée pour les calmer?!
je veux pas devenir fou
je le suis déjà
j'en ai plein les mains
de ma névrose schizoïde
de mes simulations de conversations
de rentrer dans l'esprit de gens
qui n'existent même pas
alors
une fois me suffit
merci
c'est gentil
merci.
08:35 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
04.11.2004
( Milliers d'Années-Lumière )
A des milliers d'années-lumière
il y a encore des sursauts
d'enfance
d'inertie contaminée
et d'envies irréalisables
nous sommes là pour vous permettre
d'en jouir autant qu'il soit possible
vous extirper de la fange habituelle
des millions de demi-promesses
et des cars de vérités
à la "gobe, gobe encore"
petit tas de chair
tremblante et sans nom
nous sommes là
pour te fissurer le squelette
de l'intérieur
un peu de calme
voyons
c'est pour te soigner
tu sais
de ce que tu as
tu as oublié?
Mais tes respirations
tes mouvements
en long en large en travers
en sinusoïdale
sur la porte de ta chambre
les as-tu oubliés?
sais-tu encore ce que tu es?
Il est temps que les emballages vitaux
de notre monde mort
détruisent les chaînes
pour que tout le monde
puise la vérité
au milieu de cette forêt.
08:55 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
28.10.2004
( Trahison Et Emerveille )
Ronge ton coeur au creux de mon oreille
Jolies choses du chaud de ta bouche
lancées au loin
attrape, bon chien,
en pleine face des souvenirs
Détricote tes longs doigts diaphanes et impies à la lumière des bougies,
ce soir c'est l'Idéal en robe de chambre
qui va exécuter sans pâlir
sa raison de vivre
et rendre sa voix
à la victime d'à côté
Apporte-moi un peu de rose déshydratée
de pieds et poings liés
c'est pour le cynisme et l'ambiance
unique
qu'il crée
Trahison et émerveille
Deux menottes
séparées par une longue chaîne amnésique
Des mots
pas seulement des mots
Des images futiles, d'or et navrantes
de routine soudaine
et de maladresse.
08:50 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
26.10.2004
( Les Chansons Mortes )
Un mot après l'autre
ainsi s'enchaînaient
les Chansons Mortes
leurs reflets de laiton
brillaient dans le brouillard
à la fin de l'après-midi
on les entendait
portées par la marée
à bout de vague
à bout de souffle
en passant par le phare
jusqu'aux premières maisons
jusqu'à ma fenêtre ouverte
elles restaient comme ça
seules ou en petits groupes
à glisser entre les bougeoirs éteints
les vêtements sur le sol et le lit
à faire trembler les piles de disques
et de cassettes en passant à côté
l'air de rien
Un mot après l'autre
ainsi se chantaient
les Chansons Mortes
des soupirs profonds
retentissant de longues minutes
en vagues tremblements de gorge
et des choeurs angéliques
à la mélancolie intense
et aux regrets assassins
qui font tomber en labeaux vengeurs
lois, cultes, toute entrave
pour rapprocher les amants, les rêveurs
avec force ou en murmures
la solitude se faisait alors mourante
les séparations s'effaçaient doucement
et des mains se joignaient
comme autant de ponts jetés
sur les gouffrees du passé
du présent et du futur
l'air de rien
Nos instants précieux
restent pour toujours inscrits
dans les immenses recueils
des Chansons Mortes
elles sont nous
au-delà de l'Oubli.
Ecrit en écoutant Portishead - To Kill A Dead Man
09:05 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (4)
21.10.2004
( A Un Pas Près )
Il me reste quelques soupirs qui coulent dès que j'ouvre la porte.
Mon pas en arrière en avant, allez!
Avance!!
Poignée crispée, je claque la porte.
Soupir.
Rester là.
Observer la ville du haut de mon phare éteint.
Allumer une clope et fumer pour que rougeoie la pièce.
Je crée des réponses pour questions irréalistes, me lance dans une exploration du futur avec les sempiternels "Et si..?", creuse les esprits des faux présents, inventorie leurs réactions et prévois ainsi comment les aborder pour obtenir un certain comportement d'eux.
Clope à moitié en fumée, je sens la cendre, je ne sens qu'elle, d'ailleurs.
Mon rythme cardiaque s'est un peu emballé, mes doigts se sont un peu crispés, il reste un peu de papier blanchi sans chlore et de tabac enrichi à fumer.
Il fait nuit.
Je croise les hémisphères et replonge.
13:40 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (1)
( Assez )
Je sais pas vous, mais moi j'ai chaud. Genre superchaud dehors sous la pluie, à sept heures du mat', en t-shirt "On va fluncher" - c'est pour illustrer, hein, ne vous imaginez pas que je suis assez septième degré pour en porter (même si ça m'arrive certains jours bissextiles) -, ce qui encourage les cultures de germes en aérobie-anaérobie du côté des aisselles. D'ailleurs je tiens là un excellent chapitre pour ma future autobiographie, dans le prochain billet je parlerai de mes talons.(ceux de mes pieds, comme aurait pu le faire remarquer dans son style inimitable J-M Bigard).
Bon. Le premier Shivaree est sympa, mais je pense que je vais voter pour Haunted Dancehall, de Sabres Of Paradise. Trip-hop assaisonnée au poison, sombre, envoutante aux échos métalliques de 1994, je vous conseille les superbes Planet D et Return To Planet D.
Ouaip, effectivement, ça l'effectue plutôt pas mal.
Avant de me jeter comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma (sic) sur mon Manania et mon Mutella, quelques mots.
°
Assez
assez
détache tes phalanges de mes doigts
les bras m'en retombent de tes assauts incessants
détache tes phalanges
détache
détache
des trébûchements le long des chemins en rut
au détour des croisements complexés,
de nos attitudes nerveuses et de nos sourires tristes,
nous n'avons plus l'envie
nous perdons le besoin
ignorants ignorés encavés erreur après erreur
toujours plus loin sous la terre
toujours plus loin
à mille tirs de tout coeur possédé
assez
quand tu partiras entre loups et chiens,
ta pellicule de vêtement sur le reste de ton dos,
le désert pour seul oasis,
ne t'évanouis pas comme ça
comme à ton habitude
abondonne ton visage
sors de ta mue
creuse un peu le mur au-dessus de toi
et pars en un éclair discret,
déjà effacé,
vers d'autres villes, d'autres prairies fauchées,
où tes soeurs t'attendent, les mains tremblantes.
09:25 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
20.10.2004
( Le Vent Se Lève )
Du bruit dans les frênes
des évidences dans tous les sens
et la cataracte qui aveugle les mains.
Décidément
j'ai la machine à décrire facile
ce soir
ça craint dans les campagnes
je dois changer d'outil
si
et reprendre la moisson sauvage
des premiers jours d'automne
Je suis presque là.
13:40 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
28.09.2004
( Want Some )
Je veux
d'autres ciels
un autre air
des gouttes d'eau encore plus fine
pour toucher les murs bétonnés
au plus profond de leurs viscères
leur titiller l'armature
et rincer les fenêtres
13:30 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
24.09.2004
( Et Une Pincée De Misanthropie )
Je ne revendique rien.
Je ne désire rien que je ne rêve.
Tout est ici.
A l'intérieur.
Dans mon crâne.
Derrière mes yeux.
Et dans mes poings serrés
dans mes manches trop longues.
Dedans.
Tout est dedans.
On n'a plus qu'à fermer la porte et partir.
Je ne réfléchis pas.
Je marche au ressenti immédiat.
A l'instinct.
A l'émotion.
Je suis émotionnellement divergent.
Je suis le système nerveux de Jack.
Rien ne m'évade plus que la solitude.
Tout est soudainement si bon en présence d'un ami.
Mes os poussent vers l'intérieur en ramifications entremêlées.
Des passées et des futurs possibles peuplent mes rêves.
Je voudrais me réveiller de cette réalité.
Le ciel bleuest une création humaine.
La Lune est déjà un produit marketing.
Tau Ceti ne nous observe plus.
L'Univers nous a laissé tomber.
Nous nous sommes laissés tomber.
Nous ne valons pas mieux que nous-mêmes.
Pas d'avenir pour les rêveurs.
Pas de salut pour les idéalistes.
A la télé, je regarde quelqu'un se couper les veines, et ce quelqu'un c'est moi.
Nous faisons fondre l'iceberg sur lequel nous nous sommes réfugiés parce qu'il nous donne froid aux fesses.
Je t'aime, mon Amour, tant que tu satisfais tous mes besoins et désirs.
Tu m'aimes parce qu'avec moi c'est vraiment trop bon de baiser.
Ta main autour de mon coeur est glacée.
Ton coeur dans ma main est si chaud.
Tout n'est que coquilles et demi-mensonges.
Si le silence est pire que la mort, alors l'humain est pire que le silence.
16:35 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (3)
( Ce Matin )
je me suis levé ce matin
et dans ma salle de bains
il y avait un grand trou dans un des murs
très rond et très sombre
un vent froid s'engouffrait à l'intérieur
du genre à donner la chair de poule
sifflant comme au travers d'un grillage
je me suis approché
lentement
les mains parallèles au sol
me demandez pas pourquoi
je sais pas
c'es idiot oui mais voilà
c'est comme ça
je me suis approché donc
à pas de mouton-garou
et j'ai entendu les voix
les voix du trou dans le mur
certaines criaient
d'autres murmuraient
et d'autres encore parlaient
en ar-ti-cu-lant un-peu-trop les-mots
d'une voix monocorde
hypermodulée
ou bien tout bas
alors je me suis assis
et je les ai ben entendues
puis écoutées
pendant longtemps
la matinée a filé vite fait
poursuivie par l'heure du repas
et par l'après-midi qui en avait après elle
ensuite le début de la soirée
a pointé le bout de son nez
et le début de la nuit
lui
en tirait une du genre pas possible
du coup il est parti se coucher
se coucher tout le temps à ps d'heure
c'est une horreur pour une tranche horaire
pour finir
l'heure du crime est passée en rasant les murs
avec sa tête d'enterrement
un tocsin à la main
et un poignard de sacrifice inca entre les dents
la nuit a ramené sa fraise
et dégainé sa loupiote
s'est installée à deux pas
le Soir sur les genoux
histoire d'avoir des nouvelles
"Comment tu vas, vieux?"
qu'elle lui lance, blasée
"Bwof, je manque de couchers de Soleil"
qu'il répond, blasant
"Sûr! Estime-toi heureux, moi j'suis abonné aux coups de Lune"
mais à partir de là j'ai décroché
les voix étaient devenues très fortes
mais d'un coup le silence est devenu total
irréel
moi devant un énorme trou dans un mur
la nuit discutant avec le soir
le soir regardant dans le blanc des yeux de la nuit
ça aurait plu à Nietzsche
-non, aucun lien -
bref, finalement
on a écouté le silence
et joué aux Sept Familles
jusqu'au réveil.
08:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)
20.09.2004
( De l'Air )
J'ai un Exxon Valdez pulmonaire depuis trois jours, condition physique propice au calme, à l'écoute des népalais Sur Sudha, au visionnage des Fraises Sauvages et à la lecture d'un essai de Candice Isola,consacré à la création au sein du groupe Noir Désir. What a sexy sunday!!
"And now for something completely different!"
Ne pas reculer
encaisser l'invasion
refouler le débordement
décrisper les nœuds
ouvrir les yeux
refuser l'évidence
pourquoi pars-tu?
tu nous avais laissé une chance
une seule, d'accord
mais nous pouvions fortifier
grandir pour prospérer
et voilà que ta place n'est plus ici
que cette chose a sa fin
tu sais que je t'aime, pourtant
tu sais que tu ne l'acceptes pas
et tu ploies malgré tout
tu insistes et déranges quelques plumes
dans ton dernier au revoir
range tes grands mots de dernier recours
inutiles et faciles en toute occasion
quelques réponses gardées secrètes
dès les premiers problèmes apparus
auxun silence ne rattrapera nos erreurs
aucuun délice n'épargnera nos souvenirs
seul ton dernier regard baissé
seul celui-là changera tout le reste
adieu.
13:10 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
15.09.2004
( Multiples )
Ou sont tes alliés?
Où sont ces restpirations fières et bruyantes
au milieu du brouillard?
Qu'as-tu fait de tes innombrables amis
au coeur si pur et débordant de
sympathie?
Qui les a attirés là-bas?
Qui est le traître invisible
aux paupières de pierre
et aux doigts de verre?
Qui est celui qui a causé toute cette détresse?
Qui est maintenant enfermé dans sa folie aux multiples réalités?
08:45 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
08.09.2004
( Sommeil )
J'espère un jour prochain
t'apercevoir en train de sourire
et de me tendre la main.
Tes idéaux me ressemblent,
mes rêves ont ton apparence,
nous partageons nos silences
comme on partage un souvenir pour toujours vivant
et nous savoureront longuement les incursions
dans l'Univers de l'autre.
Je serai ta main, tu seras ma voix,
sans relâche à réinventer notre monde,
beaucoup plus vaste que tous ceux inventés jusqu'alors.
Mes doigts kidnappés par une étrange tribu peuplant tes cheveux
joueront à saute-mouton dans tes boucles farfelues,
et un mot de toi fera tomber la nuit
de milliards d'étoiles éclairée.
Viens avec moi en haut de ce cèdre au tronc plus large qu'un pays,
et regardons la réalité expirer entre nos ailes noires.
Au bout de cette nuit, plus longue qu'aucune autre,
nos corps s'endormiront sur une aube éternelle
et les soupirs de la chouette esseulée.
Et le souvenir du parfum de ton courestera à jamais
la compagne et la sentinelle de mon sommeil.
12:10 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (2)
07.09.2004
( Des Jours )
Rhââââ, ce ptit traîteur chinois à deux minutes de chez moi, j'adore.. 7.77 euros, et c'est jouissance du bout des baguettes jusqu'à l'assimilation des dernières graisses. Nouilles aux légumes, riz cantonais, poulet au caramel et boeuf aux champignons, un petit demi-litre d'eau par-dessus, et c'est Brest-Plage. Le pied pointure 47. Et Agrippine qui se prend pour une médium au moment de terminer les derniers grains de riz, c'est pas très bien la vie parfois?
Il ne manquait plus que l'Etoile du Berger pour vêtir le crépuscule d'une aura empreinte de fantastique.
Un texte écrit il y a peu..
des jours que je suis assis sur cette pierre
des jours
sans personne à qui parler
à qui sourire.
des jours à attendre qu'elle revienne
parce qu'elle m'a dit que ça lui prendrait pas beaucoup de temps
juste deux ou trois heures
le temps de chercher ses affaires
et de régler quelques trucs
je sais pas trop
je sais pas ce que c'est
hein
mais ça devrait pas lui prendre autant de temps
c'est qu'il faut la journée
bon la soif ça va
y a un robinet
donc ça va
mais c'est que j'ai faim
moi
à attendre
attendre c'est pas vraiment le pied
on fait rien alors qu'on pourrait faire des tas de trucs
utiles ou marrants
je sais pas
des trucs, quoi
et j'ai mal
ma tête me fait mal
c'est enflé et quand j'appuie ça coule
et ça fait encore plus mal
alors maintenant je touche plus
si c'est pour que ça pique encore plus non merci
je me suis fait mal tout seul
oui en fait elle allait le lancer
et puis je sais pas elle a mal visé
et il est resté planté là
dans mon front
le couteau
elle a dit qu'elle revenait
alors je l'attend
vous savez elle est jolie
pas super jolie mais comme ça vous voyez
trop jolie après elle s'en irait avec un autre
et moi ça me suffit
je cherche pas l'inaccessible et frissonante beauté
qui plus est éphémère
elle a un coeur de platine et des rêves de titane
ses yeux verts et le son de sa voix font s'évaporer les murs de l'appartement
et son charme tient plus d'une hypnose nonchalante que d'un véritable émoi physique
bref
je l'aime
on s'aime
elle ferait tout pour moi
comme je ferais tout pour elle
d'ailleurs
regardez c'est elle sur la photo
attention c'est la seule que j'ai
elle est jolie hein
vous voyez
pas trop jolie mais quand même
mais elle me manque
elle est partie depuis si longtemps
vous avez l'heure
ah merci
oui ça fait longtemps donc
et ça fait mal
ça pique et ça gratte
bon ça fait peut-être pas des jours
mais quand même
ça devient long
enfin
je m'occupe
je regarde le paysage
c'est un champ d'avoine je crois
je sais plus
on dirait des herbes à graine
comme celles qu'on prenait pour jouer à "Poule ou Coq"
héhé ouai c'est amusant hein
ouai
ah c'est peut-être
c'est elle?
vous la voyez?
ah non c'est pas elle
bon j'espère qu'il lui est rien arrivé
enfin je croise les doigts
oh et le Soleil
dites vous avez l'heure?
08:40 Publié dans Missives Du Kontrebas | Lien permanent | Commentaires (0)


