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29.11.2004

( Next Message )

- note à l'intention de lutilisatrice -

next_message.jpgJ'ai mis de côté tes affaires
elles sont dans l'escalier
dans ce coin sombre
où l'on entendait les tourterelles
par la bouche d'aération

je suis là vers 19 heures
à bientôt.

..new delhi fm - all these people are just pictures on the wall

28.11.2004

( Janvier 1976 )

- il dit qu'il est une légende -

janvier_1976.jpgDes espers
en lutte contre l'infâmie
des espers
fatigués d'avoir tout compris

partout
à des mondes à la ronde
pas un ne bronche
chacun sa gueule
aucune issue les jours de rage
quand ils arrivent tout autour
et criblent nos murs
de pierres, de poignées de cailloux
de barres de métal, de vieux cadavres

la nuit durant.

..pole - strand

27.11.2004

( C'est Mourir Un Peu )

- fermer les volets -

c_est_mourir_un_peu.jpgSans arrêt
tu as recommencé les mouvements
tu devais les connaître par coeur
tu n'avais aucune chance
de te tromper
aucune
c'était couru d'avance
aucune alternative
les lions étaient lynchés
sous les portiques des écoles
c'était pourtant d'une simple extrêmité
sept points à suivre
un jeu de piste comme avant
tu te souviens
je le vois

malgré nous
les lions sont restés accrochés
la langue autour du cou
les blancs rouges
les rouges bleuies
de la vapeur qui remonte vers le vent
au-dessus du brouillard
que faisais-tu à les regarder?
qu'y voyais-tu?
que voyais-tu en eux?
l'aube a changé de ton avec nous
maintenant c'est différent
nos ombres sont sur le point de nous fuir
la lumière ne nous éclaire plus indifféremment
et la poussière en seconde peau
me fait oublier l'air que je respire
où la chaleur des pendus
se mêle aux crachats des bus
aux vomissures des usines
aux soupirs des troglodytes emprisonnés
tout est différent

et pourtant rien ne semble avoir bougé
nous rentrons chez nous
mais ce n'est pas chez nous
il y a un effroi familier
qui caresse chaque objet de la pièce
où nous avons toujours vécu
comme ces attaché par le cou
aux fenêtres des voisins
et eux en-dessous qui nous sourient
nous lance un bonjour matinal poli
au début et à la fin
nous devons partir ou fondre
tu sais
il ne nous reste pas d'autre choix
l'ici et maintenant est figé
en un tombeau embroussaillé de rats
de ronces et de mûres
j'aime caresser les ronces entres les épines
mais ce lieu ne nous veut plus
partons
je t'en prie
partons
je ne te demande plus ce qui s'est passé
on oublie
il nous reste nos existences
ce que l'on en fera
si on décide de rester sous notre première peau
viens, donne-moi la main
partons
le monde se termine ici.

..death in vegas - dirge (live

( A Bout De Nerfs )

- votre massage s'autodétruira après la pipe sonore -

a_bout_de_nerfs.jpg"Je n'ai toujours pas éteint la lampe du grenier. Non, je ne leferai pas, laisse tomber. Pas envie de passer la main par la porte, tâtonner dans le coin et me retrouver avec ces bestioles, non merci! Hors de question que tu m'obliges à faire ça. Je préfèrerais que tu crèves. Bien sûr, je dis ça comme ça, t'enflammes pas la jugulaire pour rien.. De toute façon, on n'a qu'à poser une lanterne ici et aller couper le compteur, c'est aussi simple, non? Rhâââ mais pourquoi tu fais encore la gueule, QU'EST-CE QUE J'AI DIT, ENCORE?!"

Il sortit en claquant l'autre porte. Elle pleura seule devant l'entrebaillement.

..gomez - we haven't turned around (x-ray

26.11.2004

( Petite Rafale Par-dessus La Jante )

- poooonnnn -

petite_rafale_par-dessus_la_jante.jpgAprès le passage du mini-bus, suicide massif de feuilles jaunes dans l'Escaut.

..kid loco - three feet high reefer

25.11.2004

( Contraste )

- modèle ondulatoire de la lumière -

contraste.jpgContrairement aux humains, les choses deviennent étonnantes, dans la tête d'un observateur en manque de sommeil.

..amon tobin - cosmo retro intro outro

13:45 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (4)

( Ca Sent La Certitude )

- négatif -

ca_sent_la_certitude.jpgToujours pas. Non. Je ne sais plus pourquoi je tiens comme ça, après tant d'années. Je crois que ce n'est plus la peine d'étndre une dernière fois le drap du pique-nique, de courir après les papillons cendrés, d'inventer un trou béant à la place dès que je passe le bout de mon orteil dehors. Mourrez, tous, vous restez d'un lassant..

..boards of canada - magic window

( Nos Heures Passent )

- une grange dépasse ! -

nos_heures_passent.jpgPas besoin d'avoir une nuit tombée à la renverse pour que les heures paraîssent tardives, épuisées d'être elles-mêmes, rien que des chiffres et des nombres à la queue indienne, les cernes au cirage et la bite en sourdine.
Enfouies sous leur propre silence, les heures auschwitzées espèrent en de meilleurs lendemains, en de meilleurs espérances, espérant reconnaître un jour l'espoir et murmurer, déséchées: "Ah c'est ça..", sans avoir plus de force qu'un chhiot cholérique en bout de laisse.

Les heures se suivent.. Nos heures s'égrènent par brindilles, le Horla garde un oeil attentif et invisible sur leur régularité tremblante, et je continue à décompter mes battements de coeur. La nuit même semble crevée de passer et repasser sans arrêt, et de l'Est à l'Ouest, un peu plus à l'Ouest, complètement, jusqu'au bout où le ruban de Möbius renvoie la purée dans le même anti-sens et la même non-direction. Toujours et inlassablement la même vidéo de 24 heures en boucle devant les glazes écarquillés comme l'autre drougui beethoveiné, et les mêmes points de suspension dans l'âme qui grossissent, grossissent à en emplir le rassoudok jusqu'à en fuir par tous les ports du monde connu.

Je sue les heures de mon ennui, je suppure les secondes de mes rêveries aussi vite qu'un claquement de cil, sans qu'aucune autre sorte d'aube n'arrive. Ni prés, ni colchiques, nous devrions peut-être nous sauver de nous-mêmes, remonter vers le cercle polaire narcotique et attendre la levée de l'Aube, la retombée des poussières et la fin du bourdonnement dans nos oreilles.. Peut-être. Rien n'est moins sûr.

Mais rien n'est plus pur.

..boards of canada - dawn chorus

24.11.2004

( Enfer Et Scandinavie !! )

enfer_et_scandinavie_.jpgJ'aime bien avoir ça dans entre les oreilles. Si-si!

12:15 Publié dans Damned ! | Lien permanent | Commentaires (2)

( You've Just Been Mulped )

- warning! mulping ahead -

you_ve_just_been_mulped.jpgEt dans les ténèbres de l'oubli de ce long paragraphe à peine défoetusé que déjà jeté hors de la mémoire temporaire, il se trouva que ma mulpe ne se trouvait plus. Une session cache-cache, peut-être? Elle pouvait se la permettre, sa cartouche à peine pleine au deux tiers ne l'empêchait pas de se planquer sous un endroit sombre, poussiéreux, de préférence peu accessible à ma main bioniquée. La laine. Il y eut bien un feutron, là, toujours si curieusement visible, toujours à se la montrer, le pervers, mais trop perçant pour les feuilles de soie.

Tant pis pour toi gamin.

Non, pas tant pis. Elle n'est pas loin. Jamais loin. Elle attend juste que je sois à point.

..pas henry mancini - lujon

00:55 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

23.11.2004

( RadiolendelL 02 )

- brand new new retro -

radiolendell_02.jpgRadiolendelL passe à quelquechose de plus consistant La soupe passe un peu mieux, avec de vrais morceaux de topinambours et de museaux de hérissons, une pointe d'ail et un lit de romarin.

Liste des invités:

01. Aphex Twin - Nannou
02. Mum - Green Grass of Tunnel
03. Plaid feat. Björk - Lilith
04. Tricky - For Real
05. Lemongrass - Desert Sand
06. Archive - Again (album version
07. Unkle - Rabbit In Your Headlights
08. Portishead - Roads
09. Nina Simone - House of the rising sun
10. Portishead - To Kill a Dead Man
11. Tricky - Hell Is Round The Corner
12. Aphex Twin - Nanou 2
13. Vincent Gallo - Yes I'm Lonely
14. Deftones - Change (in the house of flies
15. Sunna - Grape (rough mx
16. Everlast - Black Jesus
17. Sparklehorse feat. PJ Harvey - Piano Fire
18. Nine Inch Nails - March Of The Pigs

..cake - wheels

( Mh ? )

- Heuin? -

mh.jpgJe ferme les yeux et me réveille.

..burt bacharach - casino royale

22.11.2004

( Poison #4 )

- et un ongle poinçonné, un -

poison_4.jpgJ'ai la canine hystérique, moi, avec ce texte perdu à jamais.





..clint mansell+ the kronos quartet - requiem for a dream - winter overture

20:25 Publié dans Poisons | Lien permanent | Commentaires (0)

21.11.2004

( Sirop )

- vous l'auriez en pourpre? -

Dévêtus de nos habits ensanglantés
traversant l'appartement
dans la pénombre éblouie par le sodium,
les reflets de l'averse
et l'ampoule faiblarde de l'entrée,
nous sommes restés immobiles
face à face, têtes baissées
respirations de spasmophiles, vagues de pluie
à l'abri

puis nous avons bougé

nous nous sommes glissés dans le bain
avec douche brûlante merci
puis il est devenu grenadine
lui aussi
glissant de nos peaux
au drap de satin médusé
en corolles étirées vers le bas
en silence
en face à
doigts crispés en un faible effort
celui d'un continent tempé de lave
compter sans compter
les gouttes à goutter du nez,
les allers et retour
de la chair de poule
à vif derrière nos paupières mal baissées,
l'iris apprenti fuyard
mais aux prises de chaînes plus lourdes que l'esprit

c'..

l'eau semble plus tiède
au fur et à mesure de l'effacement du temps
de l'assèchement des vitres
et de nos regards enfermés
dans la grenadine
elle se retrouve entre elle
lit nébuleux allongé sur lui-même
en train de chercher un moyen de sortir
d'onduler hors de ce bac
rempli de gens immobiles et d'eau

l'eau est glacée comme tes yeux
comme si tu pouvais m'en vouloir,
car il faut bien un responsable,
alors pourquoi pas un aute que soi?
c'est tellement plus facile
ça coule de sauce
ça crève les yeux, oui
un millilitre de solution de facilité
éclair de génie
et les bras m'en tombent

la grenadine retrouve une nouvelle jeunesse
regarde, elle reprend des couleurs
tu as perdu ton sourire
avec tes larmes sous la pluie
et les voilà qui regagnent tes yeux
welcome back home
je retourne vers le Soleil
flottants dans les coquelicots fânés.

..massive attack - karmacoma ep

( La Maison Vide )

- kévin baisse la radio !! -

Aujourd'hui
j'ai oublié ton dernier bonjour
le murmure
à travers le plafond
avant que les oiseaux s'éveillent
ton dernier éclat de vie dans la voix.
J'avais oublié
et déjà tu disparaissais des autres souvenirs
la maison redevenait telle qu'en elle-même
des murs des cloisons
des fondations ds fenêtres
et tout le reste
ta présence ne s'est pas faite remarquer
tu étais très discrète quand tu le voulais
et cette porte qui ne fermait pas
et qui maintenant ne veut plus s'ouvrir
pas plus que les fenêtres
la porte du grenier est entrebaillée
celle de la cave est toujours glacée
la porte d'entrée joue aux apprentis courants d'air
pour perfectionner son sifflement
et vers quatre heures du matin
j'entends des toussottements.

..solid steel presents amon tobin - recorded live

20.11.2004

( Dépoisonné )

Quand Trip sort de la salle de maths après sa seconde entrevue avec le père, il a presque la même tête que Jamie Lee Curtis.. Marrant.

..archive - junkie shuffle

14:00 Publié dans Damned ! | Lien permanent | Commentaires (0)

( Can't Breathe )

Des fois ça part comme un soupir avorté, un frisson de ceux qui prennent quand, sous la douche, l'eau trop chaude endort les nerfs et la vigilance.
Puis les paupières se ferment au deux tiers, l'eau ruisselant dans les yeux, le long des cheveux qui pendent en fond sonore.
Et le soupir qui finalement revit une dernière première seconde pour avorter encore.

Noyé de chaleur
à l'envie à tous les pleurs
les yeux coulants
sans cesse en fuite
en-dessous de la limite
trop en-dessous pour passer aperçu
les cheveux collés
aux feuilles mortes de l'année d'avant
mais d'avant quoi?
Qu'est-ce qu'il s'est passé avant?
Coment pourrion savoir
le passé est non avenue
plus de témoins, plus d'assassins
moins d'effroi nous satisferont
dans nos rondes sans plis
sans cuissages extrême ni persasion amicale..
Nous ne pourrions jamais savoir
voyons
quelle belle idée
jeune utopiste
combien d'idées de fous pour de décisions,
certes rapides
mais ô combien efficaces et jouissives?
hein
toi
petit être insignifiant
et sans moyen
qu'est-ce que tu me hurles
du fond de la nef en otage, hein?
qu'est-ce que tu veux nous dire?!

que dalle, oui.
Ici
il n'y a ni espérance
ni évidence
pour ton maigre C.V
pour ta maigre famille
alors laisse tomber
laisse un peu bosser ceux qui le méritent
nos grands héros de l'Industria moderne
laisse tomber tes espoirs
on te conchilie suffisamment dessus
pour t'ouvrir les yeux avant ton arrivée
car dans ce pays
que ce soit
toi ou moi
ou on en tue
ou on en survit
tu n'as que le "débarras du choix"

Prepare to die
Don't you expect to know why
the soil howls at you
you
and your little.

19.11.2004

( Oh My Damned.. )

Quelqu'un vient de fredonner la chanson-générique de la sérial-brain-killah Sept à la Maison.

14:34 Publié dans Damned ! | Lien permanent | Commentaires (2)

( Effrite )

- sous le sourire, la fin -

Aujourd'hui, tu n'as plus voulu que je prononce ton prénom
Même devant nos amis.
Tu as voulu que je ne t'appelle plus.
Et tu restes là à sourire comme au premier jour.

( Empapillouté )

- corne de bachizoubouk -

J'ai les papilles qui tremblotent.
On n'a pas idée d'avoir des papilles comme ça, surtout par ce temps!
Non, c'est honnêtement invivable.

00:39 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (7)

17.11.2004

( Les Invisibles Horizons )

- liesse en ciel est un missile pour les cieux -

Je la laisserai partir
comme elle le voudra
la main tendue et tremblante
des branches dans les cheveux
ou un sourire fatigué aux lèvres.

Je la laisserai partir
elle enfilera son vieux et long manteau
fermera les portes derrière elle
le long du long couloir
sans fenêtre ni tambour
et encore moins de trompette
saperlipopette

Elle n'en voudra plus des comme ça
trop de regards blancs
les cernes au bord des yeux en bord de mer
trop de tempêtes en bocal
sous l'effarante pluie de certitudes

Elle se penchera à nouveau
sur le cas du petit pois sauteur
au rayon Démangeaisons
sous quatre cents tonnes de prairie plastifiée
invendue sous vide avec sa recharge
elle se penchera
et verra bien
il faudra bien qu'elle le voie
comme comme un i sous un pont
elle verra bien
que c'est pas comme ça
qu'on marche ou qu'on crêve
on fonctionne pas pareil
pas de bouton marche/arrêt
pas de prise éclectique
pas de sang sous les ongles rongés
pas d'eau filant entre nos doigts joints
mais de l'abandon

oui
l'abandon total et sans condition
la récidive y est bannie
la rémission, elle, impensable
et pourtant
ces autres personnes que j'oublie
je m'y étais abandonné
accords perdus dans une foire à l'endive
pas plan B
no emergency excitement
une focalisation une seule
sordide coopération
à défaut de mieux

tiens
justement
il y a mieux aujourd'hui
un obscur objet de toutes les attentions
une vision salutaire
de la fin d'une ère
entre la mort et la naissance
jaillit une nouvelle confiance
un pacte secret pour des jours meilleurs
pour de sweet hereafter
pour un voyage sans destination
le billet inscrit sur une serviette en papier
et délavé par l'averse et les néons
un doux pas de côté
vers l'extérieur
se regarder avec certitude
et un rire dans l'oreille
qui chante les invisibles horizons.

..alpha - the impossible thrill

( Commissure )

- y a pas de Maigret ici, dégagez s'il vous plaît -



J'évite les sentiers sombres où la trouille du noir et la vision qui s'invente des choses hostiles s'emballent. Je les sens de loin. Comme s'ils étaient tout près. "Les Monstres", disais-je, enfant et adolescent, à ma mère, "J'ai peur des Monstres". Mais comment le lui dire, quand elle me demandait de quoi ils avaient l'air? Dans la panique en érection, leur formes et leur visage changeaient plusieurs fois par seconde. C'était leur job, de faire peur, leur raison d'être. D'ailleurs ils n'existaient, j'en suis sûr, que dans certaines portions de la réalité (remember les Quarks), et ne se laissaient voir que de moi. Les ordures. Ces horreurs gerbantes qui avançaient lentement, serrées les unes contre les autres, en cercle, agitant tout ce qu'elles pouvaient pour s'accomplir.

Sur la demande de ma mère, je tentai de les dessiner, mais en vain. Trop complexes, trop de détails. Mais grâce à cela leur manège perdit un peu de leur rayonnement mythique. J'avais toujours aussi peur, mais je serrais les dents et sentais une sourde rage naître en moi, un tonnerre silencieux qui une nuit les ébranlerait pour toujours. Pour m'en débarrasser, je fis regrouper ces présences en une seule, gigantesque de taille et de puissance, dont la simple et abominable vue, dans une terreur sans nom, détacherait ma conscience de ce monde, et dont le plus infime des frôlements me tuerait sûrement. Alors, pour vivre plus confortablement avec cette idée atroce, je la fis exister sous terre aux antipodes, présence au-delà de la matière et de l'énergie, qui traverserait n'importe quel océan de lave ou n'importe quelle plaque tectonique pour me retrouver où que je sois. Je lui infligeai aussi une vitesse extrêmement lente qui m'aurait laissé tranquille pendant une poignée d'années.

Mais le temps passe et la distance s'amenuise, alors j'inventai une nouvelle loi: à chaque fois que je pensais à lui, ce Golem des Douleurs (tiens, il a un nom, maintenant) était repoussé à des centaines de kilomètres en arrière. Plus tard, pour compenser cette quasi toute-puissance sur une menace inéluctable et mortelle, je lui donnai la capacité d'avancer très rapidement, mais au fur et à mesure qu'il se rapprochait, sa vitesse décroissait exponentiellement pour devenir presque nulle. Ce qui reculait encore plus loin le moment de la rencontre, étant convaincu qu'elle serait plus terrible qu'auparavant.

15.11.2004

( Joyeux Jour d'Eclate )

Une tour immense de plexiglass dont la flèche se perd dans la nuit naissante. Ne te réveille pas. Ouvre les yeux. Ne te réveille pas et sors de ce mur. Reviens nous parler et t'étendre avec nous dans l'herbe noire. Des différences de voix, il y en a, mais elles résonnent avec la même harmonie sur nos peaux. Nous ne nous assourdissons pas les uns les autres quand nous parlons en même temps. Tout ce qu'il faut savoir, c'est qu'on est là, chacun avec notre joyeux lance-flammes pour toi. Fait jaillir l'étincelle pour mieux l'éteindre et abandonner les longs mois d'isolement des gargouilles fièrement fatiguées de buller doucement sous la pluie qui monte du sol, sans arrêt pipou à la prochaine fois autoroutière translapine. Dis toi qu'on se la bise déjà, depuis quelques tempes, alors que ton éclosion vacillante promettait les plus merveilleuses escalopes de ce côté-ci de la poêle, à la mi-juin., avant café et cigarettes. Pour l'occasion, j'ai sorti un petit Gerberac broyé de rosée et deux verres en mollet taillés pour nous faire une belle jambe, devant des aléatoires mondains des deux-trois rives de ce côté-ci de l'Heure Monde. Tu sais, ils nous regardent de leur vide borgne et loucheux - pouah tu parles, ils peuvent toujours espérer. Ce petit Gerbos est pour toi et moi. Lichette aimeras, cruchette boiras! On aura les cartes des dédales dans le brouillard avec ces pichenettes; avec un cierge pas si con qu'il en a l'air, les fumigènes partiront comme des vapeurs d'os un soir de crème à fion chez Little Lord Faulteroy. On aura les cartes, alors que rien n'ira plus. Il n'y a que ça qui compte. Ne te réveille pas, mais ouvre les yeux, gueule cassée. T'as besoin d'aller aussi près. Ne te réveille pas, ouvre les yeux, mais sors de ce mur.

08:55 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

12.11.2004

( Autre )

Dans le coin
il n'y a que des trous dans les murs
à la symétrie au goût framboise
introspective ou diminutive
il n'y a pas la place pour ces choses-là

Un vieux fatiguant a retiré son bonnet
rouge et tout mité qu'il était
pour le ranger dans une autre boite
où chaussures il y eut, où souvenirs resteront

Dès demain je cours lui dire tout
tout ce que j'ai là, à l'intérieur
il est des paroles qu'on ne peut écrire
par temps couvert c'est encore plus vrai

Mais nous sommes 'autre'
pas d'échelle-étalon
encore moins d'exemple objectif
tout ça c'est dans nos moëlles de pépinières
qui grignotent les printemps
à reculons tournicoton
et des piquets de tempes dans la steppe
ennetières-en-weppes

Dissoudre les planètes
non
nous sommes de modestes bâtisseurs d'immonde
d'hétérogénéité
de mélange des rangements
et avaleurs d'oulipeurs
même pas peur.

Non
même plus peur.

( Sous Les Remparts )

Aux oubliettes les invendus
au rabais et plus vite que ça!
Des jours pour débarasser
et c'est pas encore le dernier

La liste est longue
trop longue
elle viendra à bout de nous tous
même à quatorze yeux
c'est encore trop long

Pas le temps de bavasser
des amours au large et de travers
sur leurs bras des cuisses chaudes
à consommer sans place
et avec l'attente romantique

Quelques amours sans passage
me réveillent tout le jour
mes mains pour toujours endormies
sur leurs épaules évanouies
et sur ma nuit le soir qui tombe

Un regard de coin
avant le premier appel électrique
de ces soubressauts intimes
à l'hystérie partagée
cela viendra en tant qu'heurt
dans nos histoires
jamais n'échouera
dans nos mouchoirs

Bavardons un peu
je ne suis pas qu'un mur qui te parle
les murs ont des oreilles comme on dit
quelques rares portes en portent
mais elles se fatiguent et soupirent aux soupirs
mille fois empruntés
quand
montés sur des atours euphorisants
ils obligent et infligent
à tours de manège
et à coups de pompons

Ta blessure
quelle est-elle?
N'occupe-t-elle pas la place
de l'échafaud rangé trop vite?
A-t-elle suffisamment cautérisé
pour s'attarder sur la prochaine majuscule?

Saute à pieds joints dans l'oubli
dans les profondeurs exotiques
d'un Soleil de minuit,
où les petites ailes terminent
leur dernière répétition
avant le grand soir

Dans une goutte d'eau en chute libre
j'étais enfermé et criais
sans doute le vertige
ou un mauvais confort
je n'ai pas oublié nos étoiles
notre fin de nuit claire
il y en aura d'autres
sans nous
moins uniques que les nôtres
car nous ne serons pas là
entre deux et deux font quatre

Il n'y aura jamais assez de mots.

10.11.2004

( A l'Aube )

Déjà le matin
il est venu si vite
pas eu le temps de dire "tu"
à peine celui de te regarder
tu dors superbement
tu sais
à la manière d'un humain pliable
et je n'ai jamais autant aimé d'orteils
que les tiens
mon amour
aux petits pieds.

12:45 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

( Onze Hivers )

Onze hivers
et trois heures d'air encore
trois heures
mais
qu'est-ce que je vais faire
pendant trois heures?
attendre?
comme ça, simplement attendre?
entamer la conversation,
inviter deux-trois personnalités,
faire monter le niveau
quand d'autres réhaussent la sauce?
et après se retrouver
seul à hurler contre dix soi-mêmes
sans une seule idée pour les calmer?!

je veux pas devenir fou
je le suis déjà
j'en ai plein les mains
de ma névrose schizoïde
de mes simulations de conversations
de rentrer dans l'esprit de gens
qui n'existent même pas
alors
une fois me suffit
merci
c'est gentil
merci.

09.11.2004

( Enchaînement Soudain Sur Piano )

Elle l'attira à l'intérieur. C'était un couloir frais et sale comme La Mort. Lui, les oreilles dans ses poches, faisait semblant de grelotter; elle, des gants autour de ses mains, l'ignorer faussement et chercher quelquechose à chercher.

Pas les yeux
pas les yeux
non pas encore
ça sera foutu
pas maintenant
j'ai même pas encore
enfermé la porte
la main sur la poignée
oui pendant quelques heures encore
non c'est trop court

Elle entendit une oreille se faire lacher et lui lui dire:

"Alors?
- Alors quoi?
- Bah pourquoi tu fais ça?"

Elle ferma ses deux paupières, rapidement et plusieurs fois à la suite. La lampe de chevet en elle venait de trembler.

"Pourquoi tu veux que je me mette à parler, comme ça, comme si c'était aussi facile que de torturer un
bourreau? Je vois pas pourquoi je me mettrais à parler, à sortir des phrases banales sur l'incompréhension de l'autre, sur le désir de voir une nuit s'effacer un mystère de plus, au chaud dans ta bouche, alors que moi je me les pèle comme en 39-18, non mais sans blague, c'est-y pas permis d'offusquer le silence en en faisant moins que lui, parce que c'est déjà bien balèse Blaise, alors pourquoi me faire collectionner les "alors" et en voulant me faire concourir pour la Today's Longest Phrase à l'aise Thérèse, genre "même l'ex-dragon, le Stoker et l'hymne aux bateaux réunis ils me batteront pas à cette espèce d'essai logophagique rétroplastifié trouvé dans un bouquin sur le reverse engineering appliqué à la tourte vosgienne au ragondin névrotique et au sel non raffiné et déicide, amoureusement mitonnée par Framboisier des Musclés sur Un Nerf d'Accord d'Oignons en rang d'oignons, hein, c'est pour ça que tu vazéviens entre demain et après-demain, sans jamais me dire quoi?
- ..Quoi??"

Il laissa tomber lourdement, et le poids des mots sombra dans l'Oubli.

" Ecoute, je me suis planté d'entrée. C'est pas celle-là, c'est celle d'après. Et arrêtes ton numéro de
fomnambule surréaliste, j'aime bien. Et le réveil risque d'être très douloureux.
- Trente-et-un mots, pas mal. *CLAP CLAP CLAP*
- Prends ton manteau on s'en va."

Ce qu'il fit, ce qu'ils firent.

10:35 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (0)

( Narcissismes, Morts Têtus Et Envies )

La jeune baluchon, sans doute perdue au hasard d'un Nouvel Obs esseulé, me signale dans un commentaire sur ( Le Mode d'Emploi Du Mode d'Emploi ) que mon blog y est cité. Rien de bien téméraire: seuls le nom et le titre y sont indiqués, dans une énumération de quelques blogs personnels (et représentatifs?).

Dans le Mad (Movies) d'octobre, une mise en lumière des vingt films d'horreur "les plus": flippants, gothiques, gore, marrants. Comme d'hab dans ce mag, de la découverte "en voilà en veux-tu oh bah oui alors" qui me laissa imaginer une fois de plus, combien de chefs-d'oeuvre restent encore à voir, inconnus du grand public. Parce qu'il n'y a pas qu'Evil Dead, Braindead, Cannibal Holocaust et La Nuit des Morts Vivants dans la vie. D'ailleurs, pour rester dans les entrailles du sujet, n'oubliez pas votre Home Video qui sent le moisi et sa porte qui ferme mal (ou qui s'ouvre en faisant se retourner tous les clients, même ceux derrière le petit rideau forestièrement bulcoolique), il y a souvent plus de choix que chez Vacio Y Alto Pasado.

Le dernier cinéma de quartier de ma ville fermera définitivement ses portes avant la fin du mois. J'aime ses fauteuils à la texture d'un autre âge et la géométrie parfois Lovecraftienne de ses salles, le sourire de la dame à la caisse quand j'arrive à 21h05 avec mes 5 euros tout prêt, les couloirs étroits et sinueux qui m'emportent "quelque part, mais plus ici", l'arrivée devant la double double-porte de la salle, d'où l'on entend le son touffé des premières bandes-annonces et les hauts murmures de la poignée de spectateurs, revenir lentement à la vie après une heure quarante d'abandon et savourer chaque photon du générique de fin, mater les toiles des cinq salles sur des moniteurs monochromes perchés à 2m50, le "au revoir, merci" adressé une seconde et demie avant de pousser la dernière porte entre la salle obscure et l'obscurité salle.. A la fin du mois..

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Nos envies sont loin mmaintenant.
Nos cachotteries, nos égoïstes furies
et nos pas de côté au regard en biais
sont partis avec.
Plus besoin de faire semblant.
Plus besoin de faire avec.
Je suis un autre moi.
Nos répliques assassines
restent lettres mortes
envolées sous le blizzard
à la recherche d'autres esclaves
et d'autres trous où se planquer.
Nos langues resteront gelées,
nos doigts crisseront sous la poudreuse.
Onze hivers mourront
lorsque je renaîtrai
lorsque
l'oxygène sera recréé
et qu'il ne faudra plus faire silence
pour se faire entendre.

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05.11.2004

( Mode d'Emploi Du Mode d'Emploi )

De la compréhension des rapports humains, du modèle, du mode d'emploi. Avoir besoin de cela. Connaître les moeurs inter-humaines, les us et coutumes de sociabilisation des français. Mettre le doigt sur l'un des problèmes: se sentir comme un étranger dans son propre pays, en plus d'être déjà un original cinégénique (bien se voir comme personnage de film, faire l'acteur c'est autre chose). Parler très correctement cette langue, le français, mal sortir les phrases à la manière d'une traduction du langage maternel, langage entremêlant images fixes et en mouvement, sensations et gestes, émotions et sentiments, enrichi avec sons, réflexions et monologues. Considérer cela comme un film expérimental vécu de l'intérieur avec, pour communiquer, la nécessité d'utiliser un langage et des outils difficiles à manier. Inverser le naturel. Réfléchir beaucoup en laissant passer la torture de son omniprésence. Vivre de façon électrique. Posséder un univers électrique, tout comme les rêves et les cauchemars. Etre électrique.

09:30 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (2)