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28.10.2004

( Trahison Et Emerveille )

Ronge ton coeur au creux de mon oreille
Jolies choses du chaud de ta bouche
lancées au loin
attrape, bon chien,
en pleine face des souvenirs

Détricote tes longs doigts diaphanes et impies à la lumière des bougies,
ce soir c'est l'Idéal en robe de chambre
qui va exécuter sans pâlir
sa raison de vivre
et rendre sa voix
à la victime d'à côté

Apporte-moi un peu de rose déshydratée
de pieds et poings liés
c'est pour le cynisme et l'ambiance
unique
qu'il crée

Trahison et émerveille

Deux menottes
séparées par une longue chaîne amnésique
Des mots
pas seulement des mots
Des images futiles, d'or et navrantes
de routine soudaine
et de maladresse.

27.10.2004

( Nos Heures Fantômes )

Elles descendent du bus à recule-poil. A chaque pas, elles observent les rumeurs rampantes sur le sol, dessinant d'étranges lettres trop familières. C'est la fin de minuit. Après le douzième cou, un treizième tombe à son tour, rebondissant platement à côté de sa tête, sur les gravillons humides. Inrebroussables, ils continuent leurs pas de trois vers la porte ouverte du phare. Un vieil air traîne entre leurs jambes, regarde et interroge silencieusement, puis repart vers la maison à la fenêtre ouverte. Les chauve-souris jouent au criquet, les criquet insomniaques et paniqués s'envolent dans le noir à la poursuite des poissons des sables. Les heures rentrent alors, une à une, par pas de trois, par la porte du phare, s'installent, maintiennent la lampe éteinte. Une heure sonne.

13:35 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (1)

( Poison #3 )

Poison, ô doux poison, comme tu me plaîs!

08:50 Publié dans Poisons | Lien permanent | Commentaires (2)

26.10.2004

( Poison #2 )

Des semblants de sourires dans les serrures des immeubles abandonnés, des envies de salir les volontaires acharnés en lutte contre l'aurore et le crépuscule, et la rage toujours au fond me tenaille, crispe ses serres d'acier sur mes tempes moites pour me faire abandonner. Jamais je ne plierai. Jamais. J'ai d'autres vies à vivre. D'autres regards à croiser. D'autres mains à frôler. Et des envies qui me rongent de l'extérieur. Il y a d'autres partitions sur lesquelles pleurer. Et changer d'ailes.

17:00 Publié dans Poisons | Lien permanent | Commentaires (6)

( Premier Poison )

De retour entre tes mains,
Je reprendrai soif.

16:00 Publié dans Poisons | Lien permanent | Commentaires (2)

( Les Chansons Mortes )

Un mot après l'autre
ainsi s'enchaînaient
les Chansons Mortes
leurs reflets de laiton
brillaient dans le brouillard
à la fin de l'après-midi
on les entendait
portées par la marée
à bout de vague
à bout de souffle
en passant par le phare
jusqu'aux premières maisons
jusqu'à ma fenêtre ouverte
elles restaient comme ça
seules ou en petits groupes
à glisser entre les bougeoirs éteints
les vêtements sur le sol et le lit
à faire trembler les piles de disques
et de cassettes en passant à côté
l'air de rien

Un mot après l'autre
ainsi se chantaient
les Chansons Mortes
des soupirs profonds
retentissant de longues minutes
en vagues tremblements de gorge
et des choeurs angéliques
à la mélancolie intense
et aux regrets assassins
qui font tomber en labeaux vengeurs
lois, cultes, toute entrave
pour rapprocher les amants, les rêveurs
avec force ou en murmures
la solitude se faisait alors mourante
les séparations s'effaçaient doucement
et des mains se joignaient
comme autant de ponts jetés
sur les gouffrees du passé
du présent et du futur
l'air de rien

Nos instants précieux
restent pour toujours inscrits
dans les immenses recueils
des Chansons Mortes
elles sont nous
au-delà de l'Oubli.

Ecrit en écoutant Portishead - To Kill A Dead Man

22.10.2004

( Nicolas Winding Refn - Inside Job VOST )

Vous avez peut-être vu la bande-annonce de ce film, comme toujours elle a dû être emphatique, le héros (de l'histoire, n'est pas Achille qui veut) résout l'affaire en 350 miles (burn the road, béibé), 2 milliards de neurones brûlés (I love the smell of death in the rising sun) et le front ostensiblement ridulé d'interrogations et d'effarement. En tout cas, moi, quand je m'effare, je ridule.
Bref, je ne m'en souviens pas, donc vous résumerez mieux que moi cette B-A, ou plutôt Mauvaise Action
pour certains cinéphiles comme moi, prompt à la dithyrambe hormonale et à la napalmisation de tout avis diamétralement opposé. Bref, les B-A me piquent les yeux comme l'acide formique sous une peau d'ongle fraîchement rongée.

"John Turturro IS" Harry caine, un agent de sécurité fatigué dont la femme assassinée hante ses rêves éveillés. Le meurtrier cours toujours, le mobile est introuvable, et l'enquête n'est pas close, surtout pas pour lui. Jusqu'au jour où il apprend qu'il y a du nouveau.
Il n'y a pas d'action dans Inside Job, pas de poursuite, pas d'informateur mystérieux ni
de cendrier débordé. Harry Caine est un type normal, un type bien, même. Mais sa fixation est si grande, à la mesure de son amour pour sa chère Trépassée, que sa soif de Justice le conduira bien plus loin qu'il n'avait prévu. Et il vous emmènera avec lui. Plans sobrement construits, absorbants et hypnothiques, musique dans la lignée de La Vie Nouvelle, acteurs connus des habitués des films indés US, feu Hubert Selby Jr. au scénar, une photo suave et empoisonnée qui m'a fait penser à Twin Peaks (scènes des chambres en pleine nuit).. Ce film à l'ambiance parfois lynchienne écarquille les sens plus d'une fois. Je reviendrai plus tard sur les détails.

Si on vous offre une place pour Gang De Requins, offrez-vous celle pour celui-ci. C'est un ordre fortement conseillé.

[fiche complète & interviews]

21.10.2004

( A Un Pas Près )

Il me reste quelques soupirs qui coulent dès que j'ouvre la porte.
Mon pas en arrière en avant, allez!
Avance!!
Poignée crispée, je claque la porte.
Soupir.
Rester là.
Observer la ville du haut de mon phare éteint.
Allumer une clope et fumer pour que rougeoie la pièce.
Je crée des réponses pour questions irréalistes, me lance dans une exploration du futur avec les sempiternels "Et si..?", creuse les esprits des faux présents, inventorie leurs réactions et prévois ainsi comment les aborder pour obtenir un certain comportement d'eux.
Clope à moitié en fumée, je sens la cendre, je ne sens qu'elle, d'ailleurs.
Mon rythme cardiaque s'est un peu emballé, mes doigts se sont un peu crispés, il reste un peu de papier blanchi sans chlore et de tabac enrichi à fumer.
Il fait nuit.
Je croise les hémisphères et replonge.

( Assez )

Je sais pas vous, mais moi j'ai chaud. Genre superchaud dehors sous la pluie, à sept heures du mat', en t-shirt "On va fluncher" - c'est pour illustrer, hein, ne vous imaginez pas que je suis assez septième degré pour en porter (même si ça m'arrive certains jours bissextiles) -, ce qui encourage les cultures de germes en aérobie-anaérobie du côté des aisselles. D'ailleurs je tiens là un excellent chapitre pour ma future autobiographie, dans le prochain billet je parlerai de mes talons.(ceux de mes pieds, comme aurait pu le faire remarquer dans son style inimitable J-M Bigard).

Bon. Le premier Shivaree est sympa, mais je pense que je vais voter pour Haunted Dancehall, de Sabres Of Paradise. Trip-hop assaisonnée au poison, sombre, envoutante aux échos métalliques de 1994, je vous conseille les superbes Planet D et Return To Planet D.

Ouaip, effectivement, ça l'effectue plutôt pas mal.

Avant de me jeter comme un fou, comme un soldat, comme une star de cinéma (sic) sur mon Manania et mon Mutella, quelques mots.

°

Assez
assez
détache tes phalanges de mes doigts
les bras m'en retombent de tes assauts incessants
détache tes phalanges
détache
détache
des trébûchements le long des chemins en rut
au détour des croisements complexés,
de nos attitudes nerveuses et de nos sourires tristes,
nous n'avons plus l'envie
nous perdons le besoin
ignorants ignorés encavés erreur après erreur
toujours plus loin sous la terre
toujours plus loin
à mille tirs de tout coeur possédé

assez

quand tu partiras entre loups et chiens,
ta pellicule de vêtement sur le reste de ton dos,
le désert pour seul oasis,
ne t'évanouis pas comme ça
comme à ton habitude
abondonne ton visage
sors de ta mue
creuse un peu le mur au-dessus de toi
et pars en un éclair discret,
déjà effacé,
vers d'autres villes, d'autres prairies fauchées,
où tes soeurs t'attendent, les mains tremblantes.

20.10.2004

( Le Vent Se Lève )

Du bruit dans les frênes
des évidences dans tous les sens
et la cataracte qui aveugle les mains.

Décidément
j'ai la machine à décrire facile
ce soir
ça craint dans les campagnes
je dois changer d'outil
si
et reprendre la moisson sauvage
des premiers jours d'automne

Je suis presque là.

14.10.2004

( Des Clous )

avec une poignée de clous
elle a replanté des choux
solidement
arrimés maintenant qu'ils sont
aux pieds du calvaire St Anselme

elle s'est mis en tête de liste
des gens qu'elle voulait écouter,
la petite voix en second et dernier,
et c'est comme ça qu'elle a vu
qu'il y avait des tas et des tas de choses,
des tas et des tas de gens
à réparer
et à remettre sur pied

alors elle a écrit une liste de tête
des gens qu'elle devait écarter,
la petite voix toujours elle demandait:
"c'est comme ça tu es sûre?"
qu'éliminer des tas et des tas de gens,
des tas et des tas de choses
il faut oser
alors elle a osé

le calvaire aux choux aux pieds,
dans le champ de chardons,
à l'abri des farandoles
pour faire peur aux oies sauvages

le petit vieux enceint d'un autre dos,
à l'intérieur du simple vitrage à doubler,
attentif aux monologues
pour arrêter les silences du dehors

les caresses sur les cloches endormies,
dans les cuves où le vin macère,
les jambes en bandoulière
pour faire monter la sève

les verbes turgescents des apprentis tapissiers,
sous les jupes déguenillées de Melle Térébenthine,
en partance pour l'en-deçà
pour distraire la génisse blasée

tout ça avec des clous
et la présence d'une voix en elle,
une poignée de clous
contre des particules alimentaires.

09:50 Publié dans Soudain | Lien permanent | Commentaires (6)